‹ La boxe française, historique et biographiqueChapitre 49 sur 233 · FRANÇAISE, BELGE, ANGLAISE ET AMERICAINE · texte numérisé non relu

FRANÇAISE, BELGE, ANGLAISE ET AMERICAINE

Porté à tous les maîtres et amateurs Par M. Jean-Louis Petit, professeur de l’armée belge.

Par ce défi, M. Petit prouvera la supériorité de sa méthode qu’il démontrera après l’assaut, à tous les maîtres et amateurs de boxe et de chausson.

Une médaille grand module, ainsi qu’un objet d’art d’une grande valeur, seront remis au vainqueur de M. Petit.

Une commission prise parmi les maîtres et amateurs présents jugera les différends' et remettra au vainqueur les récompenses.

Les inscriptions sont reçues chez M. Raynal., passage des Panoramas, Galeries Montmartre, à la salle d’escrime.

Prix des places : Galerie 5 fr. Parterre 3 fr.

Cie d'affichage, 8, rue Pageviu. Paris. Imprimerie Poujin A. 13, Quai Voltaire.

Il avait procédé avec un tel aplomb, qu’il en avait en quelque sorte imposé aux professeurs de Paris, mais à tel point que ceuxci, auxquels il avait dit, que, dans un assaut en vingt points avec

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Charlemont, celui-ci n’avait pu toucher que deux fois, qu'aucun d’eux n’était inscrit d’avance pour répondre au défi.

Ce fut Charles Ducros,qui, séance tenante, sentant tout le ridicule de cette abstention, se fit inscrire pour la boxe anglaise et battit Petit à plates coutures, premier résultat.

Emile Rive s’était fait inscrire pour la boxe française, lui qui d’habitude avait tant d’entrain en tirant, qu’il en était rageur, paraissait redouter son adversaire. Petit représentait du reste assez bien : lm72 environ, solidement charpenté, ne manquant pas de force musculaire ni d’aplomb. Enfin, Emile Rive-attaque et réussit une magnifique 18e au creux de l’estomac; encouragé par ce premier succès, il tire si bien que son adversaire ne peut rien faire et se fait battre complètement, 2e résultat.

Chauderlot fît un assaut de boxe française et Raynal un assaut de boxe anglaise avec le prévôt de Petit ; ce dernier, qui se nommait Lhoest, fut battu, mais il le fut moins que son professeur, il s’était mieux tenu.

Voici le compte-rendu du journal La Liberté , du mardi 18 novembre 1873.

« Une séance de boxe internationale a eu lieu hier dimanche, dans la journée, au casino Cadet. Dans cette exhibition de l’art de la Self-défense , comme disent les Anglais, la France l’a emporté sur la Belgique. C’est ainsi que dans la première partie M. Raynal, un français, a vaincu M. Lhoest, professeur belge, de même M. Ducros, un français encore, a tombé M. Petit, autre belge. — 2e partie, boxe française et chausson : Emile Rive, élève de Vigneron, contre Petit déjà nommé, Petit n’a pas de chance : battu encore !... Lhoest contre Chauderlot, enfin, c’est ce dernier, grand et beau gaillard, qui a obtenu les honneurs de la journée. »

A la suite d’une erreur de noms, qui s’était glissée dans le compte-rendu ci-dessus, M. Emile Rive adressa la rectification qui suit.

La Liberté, mercredi 19 novembre 1873.

Nous recevons avec cette devise : « Je suis Français, mon pays avant tout, « la lettre suivante que nous reproduisons volontiers.

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« Paris,, 17 novembre 4873.

« Monsieur le rédacteur,

« Voulez-vous être assez bon pour rectifier une petite erreur « qui s’est glissée dans le compte-rendu de la séance de boxe in- « ternationale qui a eu lieu hier dimanche au casino Cadet? « M. Dennery n’a pas assisté à cette séance, et j’ai eu, moi, Emile « Rive, l’honneur d’être le champion de la France contre M. Petit,

« champion belge. Je suis en effet élève de M. Vigneron, qui n’a « jamais été battu à l’étranger.

« Si vous voulez, Monsieur le Rédacteur, faire droit à ma de- « mande, vous obligerez infiniment votre serviteur.

« Emile Rive,

« 6, boulevard de Strasbourg, maison Génot. »

A la suite de ses brillants succès, J. -L. Petit reçut de Charlemont un défi dans lequel celui-ci témoignait le désir de le voir en face et savoir combien il pourrait le toucher de fois en vingt points. L’assaut organisé à cet effet par Charlemont eut lieu au casino des Galeries Saint-Hubert, le vendredi 3 avril 1874.

Le journal la Chronique de Bruxelles , du 2 avril 1874, annonçait l’assaut en ces termes :

« Une grande séance de boxe française et de lutte romaine aura lieu demain vendredi au casino des Galeries Saint-Hubert.

« Entre une conférence sur l’art de la boxe, par M. Charlemont, « 1er champion et professeur à Bruxelles, » et une grande lutte à main plate, M. Chauderlot, « 1er boxeur de Paris », engagera une conversation vive et animée avec M. Charlemont déjà nommé.

« Amateurs de boxe, mettez vos gants et prrrrenez vos billets !»

L’attrait de la rencontre .avait attiré une foule de spectateurs ; la salle était bondée. Inutile de dire que Petit ne vint pas ; il se contenta d’adresser à Charlemont, par exploit d’huissier, une mise en demeure (coût 9 fr. 85) d’avoir à faire disparaître son nom des affiches qui portaient en gros caractères : Défi de boxe française adressé à M. Petit, de Liège, par M. Charlemont, 1er champion et professeur à Bruxelles, sous prétexte que ce dernier voulait s’en

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servir pour faire une recette et aussi dans le but de le déconsidérer. Charlemont se garda bien de toucher à ses affiches, considérant que placer le nom de ce monsieur à côté du sien, ne pouvait que l’honorer.

Puis Petit adressa à un ami une lettre que celui-ci lut dans la salle, pendant l’assaut ; elle reçut l’accueil qu’elle méritait, la réprobation générale.

L’assaut était composé d’un grand concours : escrime, boxe française, canne. Pour l’escrime, deux prix : une magnifique paire d'épées Louis XV ; une belle paire de fleurets. — Canne, 2 prix : une paire de cannes, une canne. — Boxe française : une magnifique médaille d’or, une médaille d’argent.

Conférence sur la boxe française par M. Charlemont, suivie de la démonstration pratique de cette théorie par son fils âgé de 11 ans. L’art de la boxe française, assaut entre MM. Charlemont et Chauderlot, les deux tireurs favoris du public parisien.

Les Bruxellois virent pour la première fois un splendide assaut de boxe française. Puis une grande lutte à l'instar des Grecs et des Romains, par Charlemont fils et un jeune élève de son âge. Cette lutte fut une surprise fort agréable, très savante. Cette première grande séance apporta à Charlemont quelques notables élèves : MM. Arthur Ranc, actuellement sénateur, Gaston Bérardi, directeur du journal Y Indépendance belge et son ami le baron Fernand de Marescot, tous trois français. L’horizon commençait à s'éclaircir.

Souvenirs. — A propos des débuts de Charlemont à la kermesse de Bruxelles.

Nous avons dit précédemment que M. Ranc prenait des leçons chez Charlemont, comme il allait lire les journaux au café du Grand Hôtel; Charlemont lq rencontrait de temps en temps et lui tenait compagnie quelques instants. On parlait généralement d’exercices physiques. Il est de notoriété publique que M. Ranc est un grand amateur et une fine lame à l’épée, mais il est surtout d'une grande compétence en matière d’exercices de défense, et la boxe comme la canne n’ont pas de secrets pour lui.

Un jour au café, Charlemont venait de quitter M. Ranc ; un

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monsieur s’approchant de ce dernier l’interpelle ainsi : — « Comment, Monsieur Ranc, vous parlez à Charlemont?.. . — Eh oui! et pourquoi pas?. . — Vous ne le connaissez donc pas? — Si, très bien !. . — Ah! et vous le fréquentez tout de même?... — Expliquez-vous!... — Mais vous ne savez donc pas qu’il a travaillé dans une baraque, à la kermessedeBruxelles ? — Jele sais ! — ,Eh bien, mais !... — Mais c’est pour cela même que je le tiens en estime, vous auriez peut-être mieux aimé qu'il carottât quarante sous à ses camarades, ou bien autre chose, hein ? c’est ce qui l’honore à mes yeux. » Le Monsieur se le tint pour dit et n’y revint plus.

Liège, 2 juin 1874.

« Escrime et boxe . — On annonce que le jeudi 4 juin, à 7 h. 1/2, il sera donné, à la salle de la Renaissance, au passage Lemonnier, une séance très intéressante pour les amateurs d’escrime, de boxe et de lutte. Dans le programme de cette séance qui vient de paraître, nous remarquons les noms de maîtres célèbres : M. Charlemont, professeur à Bruxelles, pour la boxe, et M. Chauderlot, professeur à Paris, pour l’escrime. 11 y aura également une grande lutte à l’instar des Grecs et des Romains, qui se recommande spécialement à l’attention des amateurs.

«Les professeurs, maîtres et amateurs, quidésirent prendre part à cette séance, sont priés de se faire inscrire par lettre chez M. Charlemont, rue de LUnion, Saint-Josse-ten-Noode, Bruxelles, jusqu’au mercredi 3 au soir. »

Charlemont ne perdait pas de temps et voulait battre le fer pendant qu’il était chaud. Le jeudi 4 juin 1874, il alla chercher L. Petit jusque dans son repaire, c’est-à-dire à Liège, en donnant un grand assaut dans cette ville, passage Lemonnier, salle de la Renaissance. Tous les professeurs et amateurs étaient invités. Deux médailles sont offertes par Charlemont pour la boxe et une offerte par Chauderlot pour l’escrime. Les boxeurs de l’Avenir : Assaut de boxe française entre M. Charlemont fils et M. Van- Moll, tous deux âgés de 11 ans.

Grande lutte par les deux mêmes.

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Charlemont et Chauderlot, en tirant ensemble, firent voir aux Liégeois ce qu’était un assaut de boxe française.

Le lundi 22 juin 1874, théâtre de Bériot, à Louvain, encore un assaut donné par Charlemont. Assaut composé d’épée, de sabre, de canne, de boxe française et anglaise, de lutte et de gymnastique. Charlemont fils accompagne toujours son père. Plusieurs bons élèves prennent part à presque tous les assauts. De temps en temps Charlemont lire l’épée.

Casino des galeries Saint-Hubert. Dimanche 4 octobre 1874, à 2 heures. Grand assaut donné par Charlemont. Assaut de boxe française entre MM. Charlemont et Joseph Lhoest, professeur à Liège, ancien prévôt de M. Petit. Assaut d’escrime entre MM. Charlemont et Desmoulin, 1er maître au 2e régiment de lanciers, à Louvain. Assautdeboxe française, de lutte et degymnastique, par MM. Charlemont fils et Van-Moll, âgés de 12 ans.

, Charlemont maintient toujours son défi du 3 avril 1874, et offre une médaille d’or à son vainqueur.

Dans le but de donner un aperçu de l’enseignement de la boxe française, toutes les personnes qui prendront des places réservées ou des premières recevront un cachet valable pour une leçon donnée par le professeur Charlemont.

« La séance d’escrime, de boxe française, de lutte et de gymnastique, donnée hier par le professeur Charlemont au casino des Galeries, a eu beaucoup de succès. M. Charlemont est un excellent professeur, très adroit, très souple, et qui nous a paru de première force dans tous les exercices. Plusieurs professeurs de Bruxelles et de Liège, et quelques amateurs ont donné à cette séance un grand intérêt.

« Deux jeunes gens, deux enfants plutôt, ont lutté et boxé aux applaudissements du public.

« Ces concours de force et d’adresse devraient être moins rares enBelgique, afin de stimuler surtout les écoliers ; iln’ya pas de

jeux plus utiles et plus agréables ; ils sont les plus sûrs moyens

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de devenir beau et fort, ils sont les meilleurs soutiens de la santé. »

La Chronique, lundi 5 octobre 1874.

Guide du Sport, 9 octobre 1874.

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