‹ La boxe française, historique et biographiqueChapitre 50 sur 233 · UN ASSAUT AUX GALERIES SAINT-HUBERT · texte numérisé non relu

UN ASSAUT AUX GALERIES SAINT-HUBERT

«Il a fallu que les giboulées d’automne, un peu précoces cette année, vinssent nous rappeler qu’il était autre chose au monde que les bains de nos plages, les promenades dans nos bois et les galops du turf.

(( Dimanche dernier, par une de ces pluies épaisses et perpendiculaires, qui fo’nt songer aux hallebardes, la foule envahissait ce vaste parapluie de la capitale, que l’on nomme les galeries Saint- Hubert, et bon nombre de promeneurs entraient au Casino.

« Depuis tantôt trois mois que nous n’avions vu les flamberges au vent, il nous en tardait un peu, et ce devait être l’avis de beaucoup, car la salle fut vite pleine.

« L’assaut était offert par M. Charlemont, dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs. 11 a bien commencé la saison.

« Les passes ont été très brillantes; le sabre surtout a été manié de main de maître par un sous-officier de la garnison.

« L’épée a laissé un peu à désirer; M. Charlemont n’avait pas d’adversaires sérieux. Nous avons, toutefois, remarqué un tout jeune homme de Gand qui, lorsqu’il aura un ou deux ans de plus, sera un champion hors ligne.

« Le grand succès a été l’assaut de boxe française, entre MM. Charlemont et Lhoest, professeur à Liège.

« Nous l’avons dit précédemment, mais nous le répétons, il est impossible d’être plus fort, plus agile et plus gracieux que Charlemont.

« Son adversaire, bâti pourtant en hercule, et très habile du' reste, n’a pu que simuler sa défense.

« C’était vraiment un spectacle singulier, que cet homme aux membres délicats, qui se jouait de son partenaire doué d’épaules et de bras à faire envie à Porthos lui-même.

LA BOXE FRANÇAISE

« Aussi, à la fin de la séance, avons-nous vu deux de nos gentlemen, dont nous avons esquissé le portrait dans les salles d’armes, venir parler à Charlemont dans le tuyau de l’oreille.

« Gageons que voilà de futurs boxeurs. Bravo, Messieurs !

a La séance s’est terminée par un assaut de lutte romaine et de boxe française, entre le fils de Charlemont et un de ses camarades : deux gamins de dix ans environ. Ils ontaussi soulevé des haltères comme je tiens ma plume.

« Aux gens étiolés et paresseux qui disent, ou font semblant de croire que les exercices du corps sont inutiles, je conseille d’aller un jour ennuyer ces deux moutards... ils recevront une bonne leçon !

« Et seront convaincus...

« Fernand Delisle. »

, Franc-Tireur , 25 octobre 1874.

« La séance d’escrime et de gymnastique, donnée le 4 octobre dernier par le professeur Charlemont, a réussi au-dessus de toute attente. De mémoire d’homme, on ne se souvenait avoir vu autant de monde dans la salle du casino Saint-Hubert.

« Les assauts, composés d’épée, de sabre, de canne, de boxe française et anglaise, de lutte et de gymnastique, ont été tous des plus intéressants, aussi les applaudissements et les bravos n’ont pas fait défaut.

« Il serait à désirer que les détracteurs des exercices corporels eussent l’occasion d’assister à quelques représentations dans le genre de celle que nous avons eu la bonne fortune de pouvoir admirer. Nous sommes bien convaincus que leurs préjugés absurdes ne résisteraient pas à pareille épreuve et que d’antagonistes ils deviendraient partisans exaltés des exercices corporels.

« Il nous reste à payer à M. Charlemont le tribut d'éloges qui lui revient pour la bonne organisation de la fête, ainsi que pour les résultats vraiment surprenants obtenus par ses élèves.

Dimanche 25 octobre 1874, à 2 heures, salle de la Concorde, à Bruxelles, grand assaut donné par la Société la Vitale (société d’escrime), sous la direction de son professeur, M. J. -B. Merck.

LA BOXE FRANÇAISE

Gharlemont y prend part. M. Louis Bardoux, ex-prévôt de l’excellent maître Rouleau, du 8ierégiment de ligne, y prend part également. Gharlemont fils pleure ! Sa maman va le gronder en rentrant, parce que, pendant que son père tire, le parapluie neuf, acheté le matin chez Peyrable, rue du Ghemin-de-Fer, a changé de propriétaire ; son père le console et va en racheter un tout pareil en lui recommandant de n’en rien dire à sa mère, recommandation d’ailleurs inutile.

Guide du Sport, 11 décembre 1874.

(( P. S. On nous promet un brillant assaut pour le dimanche 20 courant, à 2 heures, au casino des galeries Saint-Hubert.

« Il est organisé par M. Charlemont, le professeur dont nous avons parlé quelquefois.

« L’épée, le sabre, la canne, la boxe française et anglaise auront leurs champions, et, d’après nos renseignements, chacune de ces spécialités sera bien représentée : MM. Fontaine, professeur au gymnase normal d’Anvers ; Marneffe, 1er maître au 7e régiment de ligne; Mertens, 1er maître au régiment des grenadiers; Delalou, du régiment des carabiniers, etc., etc.

«Du reste, M. Gharlemont nousa habitués à le féliciter. Espérons qu’il en sera encore de même. « F. D. »

Galeries Saint-Hubert, dimanche 20 décembre 1874, 2 heures. Grand assaut donné par Gharlemont. Un grand nombre de maîtres de l’armée et d’amateurs civils y prennent part. Charlemont fait un assaut d’escrime avec Louis Bardoux et un assaut de boxe française avec un maître de l’arrfiée, ancien professeur à Lille. Charlemont tils fait la répétition de la théorie de la canne et développe 150 coups de canne en 50 secondes, et fait ensuite un assaut de boxe française avec le jeune Van-Moll. Ils terminent tous deux par des exercices gymnastiques. Il y eut un brillant concours d’escrime.

Guide du Sport, 25 décembre 1874.

Page 1