LA FÊTE INTIME DE LA SOCIÉTÉ LIBRE DE GYMNASTIQUE
« Lundi 21 décembre, à 8 heures du soir, nous avons assisté à une brillante fête, qui prouve quel développement ont pris chez nous les exercices du corps.
« C’est en l’honneur de M. Gustave Hoogen, membre fondateur et administrateur de la société, que la soirée était offerte.
« Après un discours chaleureux, ses camarades lui ont remis en souvenirune magnifique couronne de chêne et un surtout de table en argent.
« Puis les exercices ont commencé.
<.( Nous, qui avons bien souvent assisté aux fêtes incomparables de ce genre, que la Suisse peut seule donner, nous dirons néanmoins que celle de lundi nous a rappelé la vigueur, l’agilité et la franche gaieté des Helvétiens.
« Nous avons remarqué des mouvements d’ensemble qui font honneur aux élèves et aux professeurs MM. Werheugen et Charlemont.
LA BOXE FRANÇAISE
« La soirée s’est terminée par la course serpentante, à laquelle tous les sociétaires ont pris part.
« Rien de plus gracieux et de plus original que cette fantaisie, qui a été couverte d’applaudissements par les nombreux invités.
« Nos félicitations sincères, Messieurs les gymnasiarques. Avec des hommes comme vous, la patrie ne périra pas.
« Fernand Delisle. »
Ville d'Anvers.
Dimanche 31 janvier 1875, à 2 heures de relevée, au local du Gymnase normal, avenue des Arts, 132, grand concours d’armes, donné par M. Fontaine, professeur à la Société d’armes et de gymnastique de MM. les officiers de la garde civique de cette ville, etc., etc.
Le programme conjprend : la pointe, contre-pointe, sabre, boxe française et anglaise, la canne royale, la lutte et l’escrime à la baïonnette. Concours de boxe française entre le 1er champion de France et celui du pays. M. Gharlemont remporte le 1er prix, une médaille et un brevet, contre M. Dekeersgieter, 1er maître au 4e régiment de lanciers à Tournay.
Vie Sportive, 14 février 1875.
« Le Concours d'armes d'Anvers. — Sous ce titre un de nos sympathiques confrères de Belgique, le Guide du Sport, rend compte d’un brillant assaut, organisé par M. Fontaine, professeur d’armes et de gymnastique d’Anvers, qui prouve une fois de plus ce que nous disions dans un de nos précédents numéros, que l’escrime et ses corollaires habituels, la contre-pointe et la boxe française, font chaque jour des progrès plus marqués dans le pays hospitalier où fleurit la Brabançonne.
« La Société de gymnastique d’Anvers possède un très beau local, vaste, aéré, bien aménagé.
«Tout autour de la plus vaste salle brillent, en lettres magistrales, les pensées de divers philosophes sur les exercices du corps, pensées qui peuvent toutes se résumer par la plus connue : Mens sana in corpore sano.
« L’assemblée était assez nombreuse et surtout bien composée : plusieurs dames, de nombreux officiers et même un colonel.
LA BOXE FRANÇAISE
cc Nous le citons exprès, car nous aimons voir les chefs donner l’exemple de l’intérêt que des militaires doivent prendre à cesspectacles, plus utiles que...
« En face de l’arène, sur un écrin de velours noir, s’étalaient les médailles, récompenses des futurs vainqueurs, et qui semblaient encourager par leur éclat les combattants à bien faire.
« On a beau dire, l'homme aime les hochets, et nous sommes certains que si les assauts ont été très remarquables, le désir d’obtenir une médaille y a été pour quelque chose.
« L’escrimeà l’épée a ouvert la séance.
« Douze maîtres et professeurs y ont pris part et chacun d’eux mériterait d’être cité, si la place qui nous est réservée permettait de le faire.
« Nous nous contenterons de nommer les vainqueurs : MM. Marnefîe 1er; Cluytmans 2e; Lallemand 3e.
« Puis est venue la contre-pointe, pour laquelle M. Mertens a obtenu le 1er et unique prix ; ce qui ne nous a pas surpris, car ce tireur est vraiment remarquable au sabre.
« La boxe française venait ensuite, représentée par MM. Charlemont et Dekeersgieter.
« Nous n’avons pas à recommencer l’éloge de M. Charlemont, qui a été, comme toujours, le champion le plus élégant et le plus redoutable que nous connaissions.
« Son adversaire, quoique très habile, ne pouvait lutter sérieusement, et sur un coup de pied de figure (un des coups les plus habiles de la boxe française) il a préféré quitter la partie. Les jurés, à l’unanimité, ont par conséquent, décerné le prix à Charlemont.
« La séance s’est terminée par la distribution des médailles et des brevets par le jury,
« Nous saisissons l’occasion pour féliciter les membres qui le composaient, car nous avons rarement remarqué autant de connaissances pratiques et de juste impartialité.
« Ce n’est pas aussi commode qu’on pourrait le croire...
« Chaque nom appelé étaitcouvert d’applaudissements et c’était plaisir de voir ces énergiques figures sourire avec bonté à la vue de leurs camarades couronnés.
LA BOXE FRANÇAISE 289
« Ces sentiments sont du reste naturels aux hommes forts qui dédaignent l’envie.
« Terminons à notre tour, en engageant M. Fontaine a renouvelerbientôtpareille fête, puisqu’il sait si bien les organiser. F.D.
« C’est au tour de la boxe de provoquer la controverse ; un fait récent, qui a fait et fera grand tapage des deux côtés du détroit, a mis le feu aux poudres. Pour beaucoup de personnes aujourd’hui la boxe nJest qu’un exercice barbare et inutile... 11 ne faudrait ce^ pendant pas juger de ce sport le plus national, le plus franchement indigène qui soit en Angleterre par un fait isolé que je qualifierai d’exception.
« Georges IV, le roi sportman, fut un partisan zélé de la boxe, et il tenait en grande estime le caractère du boxeur en général ; ce fut à la corporation des boxeurs qu’il confia la garde de Westminster, lors de son couronnement.
« Gally, célèbre boxeur, après avoir passé successivement sur l’arène publique et sur le turf, devint plus tard un des membres les plus considérés du Parlement.
« La boxe, en Angleterre, est de presque toutes les réunions sportives; de nombreux clubs, les noms les plus considérables des trois royaumes tiennent à honneur de patronner cet exercice utile.
« Le boxeur sait se défendre, il le fait avec tant d’habileté que le coup qui serait fatal à tout autre ne lui arrive que dans des conditions normales. Un coup de pied, uneégratignure sont réputés indignes; car la boxe anglaise a ses règlements, sa discipline, ses lois, dont les rigoureuses observations placent les champions sous la sauvegarde des principes les plus humains. Et en procédant par voie de comparaison, nous prétendons que les boxeurs anglais sont moins exposés dans leurs combats à recevoir des coups funestes que nos ouvriers dansleurs rixes. — Demandez-le plutôt à notre ami H. Lecour.
« Dans l’ordre des moyens naturels de protection, la boxe est une des gloires du sport anglais, elle rend brave, tenace ; avec la boxe, deux ennemis se regardent face à face, et, ma foi ! je trouve
qu’il y a moins de honte pour l’humanité dans cette lutte corps à corps que dans les couardes perfidies du couteau et du poignard.
« Henri Vallée. »
Vie Sportive, 14 février 1875.
Nouvelle Cour de Bruxelles, 35, rue des Sœurs Noires, samedi 20 mars 1875, 8 h. 1/2 du soir. Grande soirée donnée par la Société française de prêts mutuels de solidarité.
Charlemont prête son concours, il fait un assaut d’escrime et un assaut de boxe française.
Casino des Galeries Saint-Hubert, vendredi 26 mars 1875, 8 h. du soir. Grand assaut, donné par Charlemont. Deux maîtres de l’armée belge font un combat à l’escrime à la baïonnette qui est fort intéressant. Charlemont fait deux assauts de boxe avec des boxeurs anglais, puis un assaut de boxe française, un assaut de canne et fait répéter à son fils la théorie de la canne et la théorie de la boxe française. Il y eut une lutte des plus intéressantes, entre quatre amateurs des plus forts de Bruxelles.
Dans cet assaut, Charlemont paraissait six fois ; comme on le voit, il ne se ménageait pas.
Un incident : L’assaut allait commencer, lorsqu’on fit passer à Charlemont un petit billet qui contenait un défi à la boxe anglaise; comme il avait aperçu J.-L. Petit, dans Bruxelles, avant l’assaut, il flaira un piège, et fit répondre que les tireurs étaient au complet, mais qu’il ferait exception pour M. Petit s’il voulait venir tirer avec lui ; il ne fut rien répondu à cette proposition. Charlemont, voulant tirer cette affaire au clair, consulta quelques personnes, et on fit entrer le provocateur. C’était en effet un élève de Petit qui, n’osant pas se mettre en face de Charlemont, envoya M. Félix Lepourc, un grand et beau garçon d’une vingtaine d’années, fort gaillard, mesurant lm 80 de taille, pesant 95 kilos environ.
L’assaut entre lui et Charlemont ne dura pas très longtemps, Lepourc était mal exercé, pas entraîné, manquant de souplesse et d’agilité ; il recevait tous les nombreux coups que son adversaire lui portait avec une grande rapidité et à propos, Charlemont le harcelait sans cesse, ne lui laissant pas une seconde de repos;
LA BOXE FRANÇAISE
Lepourc n’en pouvait plus et s’était épuisé en vain sans avoir pu toucher Charlemont une seule fois. On vit ce grand colosse demander à son adversaire de cesser; il soufflait comme un bœuf, Charlemont était encore en bon état de continuer.
Lepourc comprit que Petit l’avait trompé, qu’il n’était pas facile de battre un maître qui avait fait ses preuves depuis longtemps et travaillait encore tous les jours. Quelques jours après, Lepourc quittait son professeur et venait de Liège à Bruxelles prendre des leçons trois fois par semaine avec Charlemont, dont il est devenu l’ami. Voici du reste la lettre qu’il adressait à ce dernier :
« Lize-Seraing, le 19 janvier 1876.
« Monsieur Charlemont,
« Reconnaissant votre talent comme professeur de boxe, je désirerais vous avoir comme maître. Voulez-vous bien consentir à me donner quelques leçons? et à quel prix ?
« En attendant le plaisir de vous lire, je vous prie d’agréer mes sincères salutations.
« F. Lepourc.
« P. S. Je pourrai aller prendre ma première leçon dimanche 30 janvier et j’arriverai à Bruxelles à 10 h. 1/2. Ayez l’obligeance de me donner votre adresse. Voici la mienne :
« F. Lepourc, négociant à Lize-Seraing, près de Liège.
« Une réponse s. v. p. »
Chronique de Bruxelles, 31 mars 1875.