LUTTES PACIFIQUES
« Après vous, monsieur. — Je n’en ferai rien. — C’est pour vous obéir.
« On est très aimable avant de se couper la gorge. Voilà ce que c’est que le progrès, on apprend à s’embrocher avec politesse, à se casser la tête avec affabilité.
« Nous avons eu, le soir du saint vendredi , de multiplesassauts en la salle du Casino Saint-Hubert. M. Charlemont, professeur de boxe, d’escrime, de bâton, etc... avait invité le public à venir
LA BOXE FRANÇAISE
assister aux exercices de force et d’adresse qui composent l’art de tuer proprement ou de mettre hors de combat son adversaire.
« La soirée a été très orageuse. Un professeur de Liège, M. Petit, est venu raconter des choses auxquelles le public n’a rien compris. En résumé, ce qu’il y a déplus clair dans les explications bruyantes qui ont été échangées, c’est que M. Petit a refusé de se mesurer avec M. Charlemont.
« C’est dommage ! la lutte eût été intéressante.
« La soirée a un peu souffert des incidents extra-parlementaires qui l’ont surchargée.
« Nous devonsdire, cependant, queM. Charlemont nous paraît être un professeur excellent, de première force à l’escrime, à la canne, à la boxe française et même anglaise. Il a le sang-froid, l’agilité et une force nerveuse qui fatigue son adversaire, alors qu’elle donne à M. Charlemont des qualités de résistance extraordinaires.
« A partir du 1er avril, M. Charlemont ouvrira un cours d’escrime, de canne et de boxe, en sa salle d’armes, rue Cantersteen, 18. »
« Nous recevons de M. Petit, professeur d’escrime à Liège, une lettre dans laquelle il décare qu’il n’y avait pas un mot de « vrai » dans le compte-rendu que nous avons donné de la séance d’escrime et de boxe de M. Charlemont.
« Nous déclarons, nous, que tout y est de la plus exacte vérité, et nous affirmons encore une fois, que M. Charlemont a offert à M. Petit, séance tenante, un assaut que M. Petit a refusé.
« Et, enfin, que le public n’a absolument rien compris aux explications embrouillées qui ont été échangées, avec force clameurs de part et d’autre.
« Quant au conflit entre M. Charlemont et M. Petit, c’est leur affaire, et nous n’avons pas à nous en mêler. Nous avons rendu compte de la séance du vendredi-saint, et nous voulons nous en tenir à ce compte-rendu absolument impartial, »
Le 1er avril 1875, Charlemont fait l’ouverture de sa nouvelle salle, 18, rue Cantersteen (au Ballon). L. Bardoux dirigera le cours d’escrime. Un assaut est donné à cette occasion.
LA BOXE FRANÇAISE
Guide du Sport, 2 avril 1875.