BELGIQUE
cc On nous adresse d’Anvers le compte-rendu d’un assaut fort intéressant organisé par le Cercle d’escrime de la ville.
« Nos lecteurs parisiens verront avec plaisir que l’escrime est aussi fort en honneur chez nos voisins du Nord, et nous pressentons le jour où des champions, jusqu'alors inconnus, viendront alors disputer le gant aux notabilités du fleuret dans nos grands assauts publics. Qu’ils soient les bienvenus !
« Nous laissons la parole à notre obligeant correspondant.
« Le dimanche 4 juin, le Cercle d’escrime d’Anvers donnait sa première fête en l’honneur des tireurs étrangers. Cette fête a obtenu un plein succès.
« A 2 heures, un public d’élite accourait à la salle du Gymnase normal. Aux fauteuils réservés se trouvaient M. le colonel David, qui présidait la séance, et M. Van der Tallën, l’échevin de la ville.
« Les dames étaient nombreuses. Allons! mesdames, bravo ! vous avez compris que les armes sont inséparables d’une bonne éducation et vous êtes venues pour applaudir de vos délicates mains à ces combats qui n’ont jamais fait couler une larme, à ces combats d’où l’on sort vainqueurs ou vaincus, en se serrant la main ; et vous vous êtes promis de faire de vos enfants des escrimeurs.
« Plus de trente tireurs, parmi lesquels des professeurs et des délégués des cercles Saint-Michel, de Bruxelles et de Gand, et du Fencing-Club de Bruxelles, avaient répondu à l’appel du Cercle d’escrime d’Anvers.
« Après quelques mots de M . le colonel David aux tireurs étrangers, l’assaut commence.
« Après le concours, M. Charlemont, l'excellent professeur du Fencing-Club, a étonné et charmé tout à la fois l’assemblée par une éblouissante partie de boxe française avec un de ses meilleurs élèves, M. Léon Gharnacé. Je n’eusse jamais cru qu’il fût possible d’allier autant de grâce à autant de force, autant de calme à une aussi foudroyante rapidité. On reste confondu devant cette agilité prodigieuse qui n’a d’égale que la parfaite tranquillité du maître. C’est inouï, renversant, stupéfiant. Je n’aurais jamais cru que l’art de la boxe eût pu s’élever à cette hauteur. M. Léon Charnacé s’est vaillamment défendu contre son redoutable adversaire. Il a montré un sang-froid imperturbable, une grande sûretéde parade, et une confiance dans l’attaque qui dénote une volonté de fer.
« Tout le monde a complimenté M. Léon Charnacé et le professeur Charlemont Il est réellement dommage., disait-on autour de moi, que l’étude de la boxe française ne soit pas plus répandue en Belgique. On peut, pour ainsi dire tous les jours, dans les temps troublés où nous vivons, avoir à se tirer d’une mauvaise affaire à l’aide des seules armes que la nature a données à l’homme. De quel secours la boxe française n’est-elle pas dans ces moments critiques!
« M. Van den Abeele, le digne président, a fait preuve des plus brillantes qualités, parant et ripostant en place, harcelant et fatiguant l’adversaire par des pressions de fer en tierce ou en quarte, prêt à profiter de la moindre faute, et parfois quittant la défensive pour se fendre par des une-deux splendides, ou par une attaque en marche.
« Somme toute, très intéressante réunion fort applaudie et fort goûtée.
L' Armée Belge, 8 juin 1876.
« Il y a décidément depuis peu en Belgique, comme une sorte de réveil en faveur de l’escrime et des autres exercices du corps. Des cercles se forment, des sociétés s’organisent et dès qu’il se donne un assaut, une séance, un concours, le public s’y rend en
foule et -témoigne' par les plus chaleureux applaudissements du plaisir qu’il éprouve.
ce Nous avons vu se créer récemment le cercle Saint-Michel, le Fencing-Club, et le cercle d’escrime d’Anvers. C’est de ce dernier que nous avons à parler aujourd’hui à propos de la séance qu’il vient de donner, dimanche dernier 4 juin, dans le magnifique local du gymnase normal, avenue des Arts. Malgré les fêtes brillantes données à l’occasion du rejet delà convention deTérneuzen, malgré la concurrence du soleil et l’attrait des spectacles aussi curieux que divers, que présentait, pour ainsi dire, chaque coin de la ville, un public d’élite dans lequel on remarquait plusieurs dames, avait répondu à l’invitation de MM. les membres du cercle. Organisée grâce aux bons soins de M. Van den Abeele, l’un des plus ardents propagateurs de l’escrime, la séance était présidée par M. le colonel David, de la garde civique, assistéde M. le colonel du 8e de ligne et de M. l’échevin Van der Taelen.
Après quelques paroles de M. le colonel David dans lesquelles il fait ressortir les bons résultats des exercices du corps et les avantages des assauts publics, tant au point de vue de l’émulation que des sentiments- de fraternité qu’ils établissent entre les divers tireurs d’un pays, la séance a commencé.
La séance a été terminée par un magnifique assaut de boxe française exécuté par le professeur Charlemont du Fencing-club de Bruxelles et M. Léon Charnacé, un de ses bons élèves. Il est facile de voir que M. Charlemont possède à fond la science qu’il enseigne et qu’il sait en transmettre les principes : car son partenaire s'est vaillamment défendu et l’élève a été absolument digne du maître. La boxe française est un exercice fort intéressant à suivre : en dehors de l’utilité qu’elle peut avoir pour la défense personnelle, elle développe les forces, augmente l’adresse etest un complément nécessairede lagymnastique et de l'escrime.
« En résumé la séance donnée dimanche dernier par le Cercle d’escrime d’Anvers a été des plus remarquables et c’est pourquoi nous avons voulu, dans un journal militaire, lui consacrer un compte-rendu un peu détaillé.
« Espérons qu’on nous fournira souvent l’occasion de constater qu’au point de vue des exercices du corps, la Belgique ne reste
LA BOXE FRANÇAISE
pas au-clessous des nations voisines et que chacun s’y rallie à cette devise, devenue aujourd’hui la devise universelle : si vis pacem, para, hélium.
« Hermand D. »
« Nos compliments sincères à M. Léon Charnacé et à M. Charte mont, qui réussit à former des élèves de cette force. Quand on voit de tels résultats, obtenus dans une période de temps relativement courte, on ne peut s’empêcher de déplorer que l’étude de la boxe française ne soit pas plus répandue dans notre pays. »
Le Franc-Tireur, 11 juillet 1876.
Casino des Galêries Saint-Hubert, dimanche 1er octobre 1876, à 2 heures. Grand assaut donné par M. Charlemont. Grand concours d’escrime et de boxe française. Huit prix. Escrime : une paire d’épées de combat, une paire de fleurets de luxe, une paire de fleurets de salle. — Boxe française : Une médaille de vermeil, grand module, riche, une paire de gants d’honneur, une médaille d’argent, un diplôme d’honneur.
Tous les prix étaient accompagnés de diplômes d’honneur.
Répétition de la théorie de la canne française, par M. Léon C..., élève de M. Charlemont, et de la théorie de la boxe française par M. Charlemont fils. Assaut deboxe anglaise par M. Charlemont et un boxeur anglais. Les trois frères Mansuy, clowns célèbres dans leurs exercices extraordinaires de gymnastique. Assaut de boxe française entre M. Charlemont et le vainqueur du concours.
On annonce, pour paraître prochainement, le traité de boxe française de M. J. Charlemont.
Tout en dépensant beaucoup d’activité physique, Charlemont trouvait encore le temps d’exercer son intellectuel en écrivant un traité fort bien raisonné et aussi très apprécié. Rien chez lui ne reste en repos, c’est le mouvement perpétuel ; il observait à la lettre la maxime que J. -J. Rousseau a écrit dans son Emile : «C’est une pitoyable erreur de croire qu’on entrave la formation de l’esprit en exerçant le corps. Que l’élève unisse un jour la raison d'un sage à la force d’un athlète! Ce que conçoit l’esprit humain lui
LA BOXE FRANÇAISE
vient par le conseil des sens; le matériel est la base fondamentale de rintellectuel ; c’est pourquoi il faut exercer les senset les membres comme étant les instruments de notre intelligence, et précisément à cause decela, il faut que le corps soit sain et vigoureux.»
En effet, exercer le corps et le cerveau, c’est donner à l’un la force et les moyens de supporter les travaux de l’autre, c’est équilibrer ces deux choses et leur donner plus de force et partant plus de résistance. En un mot c’est l’harmonie des fonctions vitales, c’est la santé. Aussi Charlemont a une excellente santé.
« Dimanche 17 décembre 1876, au casino Grétry, grand concours d’escrime, organisé par la Société Saint-Georges, de Liège.
« Société Saint-Georges. — Le concours donné au casino Grétry avait réuni l’élite des tireurs les plus renommés du pays. Les prix entre maîtres ont été vivement disputés; 24 concurrents étaient inscrits dans cette catégorie.
« Le 1er prix des maîtres a été vaillamment remporté par M. L. Poncin, amateur, de la Société Saint-Georges ; le 2e prix par M. Dutrieux, maître d’armes du 5e d’artillerie ; le 3e par M. Schnaphaut, du 1er lanciers.
« Les amateurs, moins nombreux, ont eu leurs succès.
« Le 1er prix a été gagné par M. Siou, du 7e de ligne ;
« Le 2e par M. Forsters, de la Société Saint-Georges ;
« Et le 3e par M. Sarat, du 10e de ligne.
« Mentionnons, parmi les assauts les plus brillants, celui de M. Charlemont, professeur d’escrime au Fencing-clubde Bruxelles, et Gl.-M. Mertens, maître d’armes du régiment des grenadiers. »
La Meuse.
ESGRIME
« On nous annonce qu’un assaut extraordinaire sera donné aujourd’hui, 24 décembre, à 2 heures après midi, au casino des Galeries Saint-Hubert, par M. Charlemont, professeur à Bruxelles, avec le concours d’un grand nombre de professeurs français et belges et de ses principaux élèves.
« L’assaut sera composé d’épée, de sabre, de canne, de boxe
LA BOXE FRANÇAISE
française et anglaise, de lutte parisienne et de gymnastique. Un grand assaut d’escrime est offert à MM. les maîtres, professeurs et amateurs français de grande réputation.
« Un duel à l’épée de combat aura lieu entre M. Charlemont et M. D. R..., amateur. Une répétition de la théorie de boxe française et de lutte parisienne sera donnée par M. Charlemont fils.
« On assistera ensuite à un assaut de boxe anglaise entre MM. Edward Dickson, John Wilkins, boxeurs anglais et M. Charlemont et un grand assaut de boxe française entre MM. Charlemont, J. Daviliac, de Bordeaux et M. H. Huzès, de Marseille.
« Enfin un intermède de gymnastique, par M. Charlemont fils.
f( Une prime de 500 francs est offerte à la personne qui réunira le plus de points en faisant assaut avec M. Charlemont dans les parties suivantes : épée, 6 points ; canne, 6 points ; boxe française, 6 points ; boxe anglaise, 6 points ; exercices de force et de gymnastique, 6 points ; lutte, 6 points.
Le Franc-Tireur, 24 décembre 1876.
« Casino des Galeries Saint-Hubert, dimanche 24 décembre 1876, à 2 heures, grand assaut donné par M. Charlemont. Assaut à l’épée de combat entre MM. Charlemont et Durand, ex-caporal maître d'armes au 76e régiment de ligne. Répétition de la théorie de boxe française et exercices de gymnastique par M. Charlemont fils. Assaut de boxe anglaise entre M. Charlemont et deux boxeurs anglais. Grand assaut de boxe française entre M. Charlemont et deux forts amateurs.
« Une prime de 500 francs est offerte à la personne qui réunira le plus de points en faisant assaut avec M. Charlemont dans les parties suivantes : épée, 6 points ; canne, 6 points; boxe française, 6 points; boxe anglaise, 6 points ; exercices de force et de gymnastique, 6 points ; lutte, 6 points. M. Charlemont déterminera lui-même les règles de cette combinaison dans les conditions les plus acceptables; d’ailleurs, il accepte la même combinaison avec la personne qui voudra bien la lui proposer.
« Deux personnes se sont présentées : elles ont exécuté ensemble les exercices indiqués par Charlemont et celle qui a obtenu le plus de points fit assaut avec lui, elle ne put obtenir que 12 points sur 36.
LA BOXE FRANÇAISE
Dimanche 13 mai 1877, 2 heures du soir, salle des conférences (ville de Tournai), grande séance d’escrime, de gymnastique, de boxe française et anglaise et de lutte parisienne, donnée par MM. Dekeersgieter frères et leurs élèves, avec le gracieux coucours de MM. Charlemont père et fils. Assaut à l’épée de combat, entre MM. Dekeersgieter et Charlemont père. Assaut de boxe française entre M. Charlemont et MM. Sory et Léopold Deretz, maîtres français. Théorie de la boxe française par MM. Charlemont père et fils. Exercices aux anneaux par MM. Dekeersgieter, ses élèves et M. Charlemont fils.
« 11 y avait foule dimanche soir à la séance organisée par M. Dekeersgieter, à la salle des conférences.
« Nous devons féliciter tout d’abord la musique du 4e lanciers, qui a exécuté, pendant la soirée, quelques beaux morceaux de son répertoire. On a surtout applaudi le quatuor très bien exécuté par MM. Coutelier, De Leeuvre, Van Gasse et Deconinck.
« Les parties de boxe française et anglaise entre MM. Charlemont, Dervillé et Léopold Deretz, ont été vivement applaudies. M. Charlemont est certes le plus beau et le plus fort boxeur que nous ayons vu. Il a une paire de savates des plus agiles et des plus dangereuses.
M. Charlemont fils, qui n’est âgé que de treize ans, promet de dépasser son père. Il possède déjà sa théorie dans la perfection. Rappelé sur la scène par des applaudissements frénétiques, il a lutté contre son père et c’est déjà pour ce dernier un adversaire très sérieux.
« Les parties d’ensemble dans les divers exercices, exécutés par les élèves de M. Dekeersgieter, ont aussi été très applaudies.
« Le duel a l’épée entre M. Charlemont père et M. A. Dekeersgieter a été des plus terribles. Pendant plus de 15 minutes, ces deux maîtres se tinrent en ligne, à la pointe de l’épée, sans pouvoir se toucher. M. Dekeersgieter a fini par l’emporter avec une différence de trois points.
« Nous devons aussi tous nos éloges aux exercices de gymnastique et tours de force. M. Dekeersgieter est un bon et fort gym-
LA BOXE FRANÇAISE
nasiarque, et nous avons applaudi là des exercices aussi périlleux et aussi bien exécutés que ceux que l’on voit dans les cirques. »
Le Belge .
« M. Dekeersgieter avait organisé, dimanche dernier, une soirée très intéressante et à laquelle le public s'est empressé d’assister. Nous avons cependant remarqué que, bien que cette fête eût un cachet tout militaire, deux officiers seulement, un major de chasseurs à pied et un lieutenant de lanciers, s’y sont rendus.
« La musique du 4e lanciers embellissait cette fête par sa présence.
c( Le héros de la soirée a été M. Charlemont père, une fine lame qui connaît, en outre, la boxe anglaise et française, de façon à enthousiasmer les amateurs. Il y avait là, du reste, plusieurs étrangers, notamment des français, dontl’art leur a valu chez eux un renom mérité.
« Les exercices d’anneaux et de trapèze auxquels se sont livrés des jeunes gens appartenant au 4e régiment de lanciers, ont prouvé l’excellence des leçons qu’ils reçoivent deM. Dekeersgieter qui pratique tous les genres avec une égale dextérité.
« Sans conteste, ce qui a le plus intéressé l’assemblée a été une théorie de boxe française et anglaise par M. Charlemont père et fils.
« Un quatuor exécuté par le directeur et quelques gagistes de la musique des lanciers a provoqué les applaudissements de toute la salle.
« M. Dekeersgieter a prouvé pendant cette séance qu’il excelle dans tous les genres. Nous l'engageons à renouveler ses soirées le plus souvent possible. »
Feuille de Tournai .
Le traité de la boxe française de Charlemont vient de faire son apparition. Comptes-rendus de la presse.
L' Indépendance belge, 26 août 1877.
M. Charlemont, le maître d’armes si connu du monde bruxellois, vient de publier un traité théorique et pratique de la boxe
française, dont il a fait l’hommage aux membres du Fencing-club de Bruxelles. On sait ce que c’est que la boxe française, Théophile Gautier l’a dit en peu de mots, que M. Charlemont a pris pour épigraphe : « c’est une science profonde qui exige beaucoup de sang-froid, de calcul, d’agilité, de force. C’est le plus beau développement de la vigueur humaine, une lutte sans autres armes que les armes naturelles, où l’on ne peut être pris au dépourvu. » «M. Charlemont s’est attaché à en exposer les règles, les finesses et les applications, et des gravures dans le texte aident facilement à comprendre l’enseignement du maître.
« Le traité est complet et il sera d’une grande utilité entre les mains des professeurs. Il s’ouvre par une introduction en trois chapitres, le 'pugilat chez les anciens, la boxe en Angleterre et la boxe française, qui est très intéressante à lire.»
Le Franc-Tireur, 16 septembre 1877 « L’ouvrage de M. le professeur Charlemont, sur la boxe française, est une œuvre soignée à tous les points de vue. L’aspect du livre est riche et simple à la fois, et voir le volume, c’est désirer l’ouvrir et le parcourir.
« Ceux qui ne sont point familiarisés avec les exercices du corps admirent d’abord le travail typographique, ils s’intéressent aux figures qui sont parfaitement dessinées et rendent un compte exact des leçons auxquelles elles se rapportent, des mouvements qu’elles indiquent. De là, à lire quelques fragments de l’ouvrage, il n’y a qu’un pas et ma foi, dès qu’on s’v est mis on s’y attache.
« La démonstration est tellement claire qu’on se sent initié déjà par une simple lecture ; on s’intéresse, on approfondit et on vient à comprendre l’épigraphe, qui est de Théophile Gautier :
« M. Charlemont est un adroit vulgarisateur. Il est simple et sobre et se fait comprendre aisément.
« Aujourd’hui que la gymnastique est en grand honneur, ainsi que tous les exercices qui développent' le corps d’un homme, le livre de M. Charlemont est appelé à avoir du succès, de même que ceux dont il annonce la publication et qui traiteront de la canne, de l’escrime à l’épée, de la gymnastique et de la lutte.
LA BOXE FRANÇAISE
Le Guide du Sport, 24 août 1877.
« Nous avons eu souvent l’occasion de parler de M. Charlemont, professeur d’escrime et de boxe française, et, chaque fois, nous avons reconnu son talent remarquable.
« Aujourd’hui, nous recevons un volume intitulé : la Boxe française, traité théorique et pratique, que l’habile professeur vient de faire paraître.
« Nous n’avons eu que le temps de parcourir rapidement cet ouvrage, mais cela nous a suffi pour ne pas craindre d’affirmer qu’il est fort intéressant et encore plus utile.
« Tous les amateurs d’exercices du corps seront de notre avis.
«Du reste, ce volume, très élégamment édité par Rozez, ne déparera aucune bibliothèque. Aussi engageons-nous nos lecteurs à se le procurer. Ils pourront, pour ainsi dire, apprendre euxmêmes l’art de la défense naturelle, car une foule de charmants dessins rendent le texte facile à comprendre, même aux plus ignorants des terribles secrets de la boxe française.
« Fernand Delisle. »
La Chronique, 22 août 1877.
« M. J. Charlemont, professeur du Fencing-club bruxellois, vient de publier un traité théorique et pratique de la boxe française. Cet ouvrage spécial, édité à Paris par la librairie militaire, témoigne des connaissances sérieuses qu’une longue étude des exercices de lutte — avec et sans armes — a données à son auteur. Le livre de M. Charlemont, orné de gravures très bien faites, est curieux à parcourir — même pour les profanes. Quant aux amateurs des exercices de sport violent, boxe, savate, escrime, etc..., ils y trouveront pour l’étude de la boxe française, — un art! — des renseignements précieux. »
La Gymnastique, revue mensuelle publiée à Liège, octobre 1877.
« C’est aujourd’hui une science aussi que la boxe française, dont M. J. Charlemont vient d’écrire un excellent traité, publié chez Rozez, à Bruxelles, science sérieuse et qu’on aurait tort de mépriser, parce qu’elle a pour but la distribution des coups de pied et des coups de poing.
LA BOXE FRANÇAISE
« Ce qui a fait du tort à la boxe française dans bien des esprits, c’est sa parenté avec l’ignoble savate.
« Mais un livre comme celui de M. Charlemont, et un enseignement comme celui-ci le donne, depuis plusieurs années à Bruxelles, sont faits pour dissiper bien des préjugés.
« N’est-ce pas une belle chose que de savoir faire usage des armes que la nature nous a données.
« Qui de nous ne peut se trouver dans le cas, ou de se défendre contre une agression, ou de porter aide à une personne attaquée, et qui donc ne serait heureux, dans cette circonstance, de décocher quelques bons coups de poing qui terminent avantageusement l’affaire? Eh bien, l’art de frapper et de se défendre sans armes, s’enseigne aujourd’hui tout aussi bien que l’art de manier l’épée, le sabre ou la baïonnette.
« Mais pour nous, gymnastes, le point de vue pratique de la boxe française est en somme le moins intéressant. Ce qui nous touche bien plus, c’est l’aide qu’elle apporte à la gymnastique. Ici presque tous les muscles sont en jeu. Regardez les deux boxeurs en garde. Les yeux dans les yeux, les jarrets légèrement ployés, les bras à demi fléchis, prêts à l’attaque, prêts à la riposte, l’esprit éveillé, ils s’observent, ils rusent. Tout à coup un mouvement rapide, une jambe ou un bras lancé en avant, et immédiatement remis en garde. L’adversaire est touché légèrement si la lutte est courtoise, foudroyé si elle est sérieuse. Ou bien il a senti venir le coup, il a paré, il a riposté.
« Et tout cela, avec quelle élégance, quelle correction !
« Ici, le côté gauche travaille autant que le côté droit, les membres inférieurs autant que les membres supérieurs.
« Le corps devient plus souple et plus fort à la fois, l’équilibre s’acquiert ainsi que l’adresse. Continuez le travail pendant quelques minutes, une transpiration abondante se déclare bientôt. Après cela une bonne friction, et dites-moi si l’exercice est bon ou mauvais.
<i Nous connaissions M. Charlemont, professeur, nous ne connaissions pas M. Charlemont écrivain. Ma foi, la connaissance est bonne à fajre. Son livre est aussi bien écrit que bien conçu et vraiment agréable à lire. Un chapitre sur le pugilat chez les anciens,
LA BOXE FRANÇAISE
un autre sur la boxe en Angleterre, un troisième sur la boxe française,tous trois très intéressants, servent d’introduction au traité proprement dit.
« Celui-ci explique parfaitement lesprincipaux coups, les parades, les prises de corps, les temps d'arrêt, etc.
« Des gravures en grand nombre aident à la compréhension du texte.
« Ajoutons que l’imprimeur A. Lefèvre, à Bruxelles, a royalement fait les choses. Imprimé en caractères elzévi riens, avec un goût excellent, le livre peut être mis en parallèle avec les bonnes éditions des meilleurs imprimeurs parisiens. Il semble que le luxe de l’édition vienne se joindre au sérieux de la théorie et à l’élégance des mouvements, pour donner à la boxe française le cachet de « comme il faut » qui lui était nécessaire pour faire son chemin dans le monde.
« Bref, beau et bon livre, auquel nous souhaitons brillant succès.
« Eugène Mignot,
« Président de la fédération belge de gymnastique. »
Grand assaut, donné le dimanche 20 mai 1877, à 2 heures de l’après-midi, au théâtre flamand, à Anvers, par le Cercle d’escrime de cette ville, dont l’excellent et dévoué président, M. Yan den Abeele en était l’organisateur.
Tous les cercles d’escrime belges étaient représentés.
Le Fencing-club et le Cercle Saint-Michel de Bruxelles, le Cercle Saint-Georges de Liège, le Cercle Saint-Michel de Gand et d’autres encore dont les noms nous échappent.
Le Fencing-çlub de Bruxelles était représenté par plusieurs de ses membres entre autres, M. Albert Fierlants, pour l’épée, Charlemont, pour l’épée et la boxe.
Il y avait une nombreuse assistance et surtout beaucoup de dames et de demoiselles. Au cours de la séance, il s’est produit un petit incident comique, qui nous ferait rire encore, si celui qui en a été l’auteur était encore de ce monde. Nous voulons parler du sympathique Albert Fierlants, ce beau, grand et magnifique garçon, qui pouvait avoir, à cette époque, tout au plus 25 ans.
LA BOXE FRANÇAISE
Deux jours avant l’assaut, il avait prié Gharlemoni de lui commander deux pantalons, comme ce dernier les portait, collants et serrés par des boutons, du dessus de la bottine au mollet.
Lorsque M. Fierlants faisant assaut, voulut attaquer en se fendant à fond, les deux jambes de son pantalon s’ouvrirent de haut en bas par la couture d’entre-jambes, comme si elles n’avaient jamais été cousues, pourtant elles l’avaient été, mais à la machine. Ce pauvre Fierlants devint rouge comme un coquelicot, embarrassé comme une jeune fille dont la pudeur aurait été effarouchée, devant tout ce monde. Ne sachant comment cacher son embarras, il se sauva dans le vestiaire mettre son deuxième pantalon, mais comme un vrai guignon, celui-ci eut le même sort que le premier, la couture fila d’un bout à l’autre ; cette fois il ne revint plus, n’ayant pas d’autres pantalons.
Ville d’Ostende. Salle de l’hôtel de Flandre. Dimanche 26 août 1877, à 3 heures, Grand assaut donné parM. Charlemont. Conférence sur la boxe. Répétition de la théorie de la boxe française et de la canne par M. Charlemont fils. Première rencontre entre M. Williams Harrison, boxeur anglais et M. Charlemont. Assaut de boxe française entre MM. Charlemontet Léopold Deretz, maître français. Exercices de gymnastique par M. Charlemont fils.
« M. J. Charlemont, l’habile professeur d’armes et de canne, de boxe, de lutte parisienne et de gymnastique, dont nous avons annoncé dernièrement l’intéressant ouvrage sur la boxe française, vient de transférer sa salle d’armes du passage Saint-Hubert à la place de là Monnaie (maison de l’ancienne Bourse, ayant son entrée par le n° 44 de la rue de l'Évêque).
« Cette nouvelle salle est d’un confortable parfait, assez spacieuse pour recevoir de nombreux élèves ou amateurs et disposée, dans son ensemble et ses détails, selon toutes les conditions requises pour renseignement et la pratique des divers exercices que professe M. Charlemont. »
Indépendance Belge , 7 octobre 1877.
LA BOXE FRANÇAISE