‹ La boxe française, historique et biographiqueChapitre 8 sur 233 · A HOXE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

A HOXE FRANÇAISE

«c En 1835, lord Seymour avait donné sa démission, un vote de l’assemblée générale désigna comme président M. de Normandie.

« Après un Anglais, un Anglomane.

« Non seulement Normandie parlait la langue avec l’accent d’un insulaire, montait excellemment à cheval, et courait avec succès comme gentleman rider , mais il avait les manières, le sang-froid, le physique, et jusqu’à la chevelure- rousse d’un Anglais de théâtre; il était aimable, gai en dedans.

« Une personne l’ayant présenté un soir dans un intérieur de la bourgeoisie parisienne comme un nouveau débarqué d’Albion qui ne savait pas un mot de français, de jolies dames l’examinèrent avec curiosité, chuchotèrent d'abord entre elles, puis, enhardies par son flegme imperturbable, firent peu à peu tout haut sur l’étranger les réflexions les plus singulières.

« Il échangeait, de loin en loin, quelques mots d’anglais avec son introducteur.

« Enfin, une gentille étourdie étant venue lui offrir une tasse de thé, il la remercia en français, et, au milieu de la consternation générale; prit dès lors part à la conversation.

« Avec une grande simplicité il possédait le vrai courage : un mari ayant à se plaindre de sa femme et de lui, le provoqua, l’injuria et le frappa en plein boulevard; Normandie refusait de se battre; quelques membres du Jockey, se mêlant de ce qui ne les regardait pas, jugèrent qu’il y avait sujet à réparation.

« Soit! dit Normandie, et allant sur le terrain il essuya, le sourire sur les lèvres, le feu de son adversaire, mais il refusa de tirer.

« Cette fois les plus raffinés durent convenir que l’honneur était satisfait.

« Le 24 février 1836, M. de Normandie a été remplacé par Joseph-Napoléon Ney, prince de la Moskowa, élu par 36 voix sur 59 votants; les 23 autres voix données au marquis de Boisgelin, qui fut nommé vice-président, ainsi que le comte de Cambis. »

Nous avons dit que la classe riche, les célébrités littéraires formaient la clientèle habituelle de Michel Pisseux. 11 en fut de même pour les professeurs qui vinrent à la suite. Nous ne cite-

LA BOXE FHANÇA1SE

rons pas les noms de tontes les personnes aristocratiques qui suivirent les cours de la savate, ce que nous devons constater, c’est la misère dans laquelle sont morts tous les professeurs de cetle époque. Michel Pisseux a été du nombre de ceux-là, ri eut une fin si malheureuse qu’il fut dans la nécessité de recourir à la bienfaisance de ses anciens élèves.

Vers 1 864, il habitait encore à Montmartre, dans une petite maison ancienne, où Gavarni, le célèbre dessinateur, envoyait de temps en temps son jeune fils porter un louis à son ancien professeur. Plusieurs anciens élèves de Michel Pisseux agissaient de même envers lui.

C’était à ce moment un grand vieillard à cheveux blancs et barbe blanche, il pouvaitavoir tm75 environ. Il mourut quelques années après, oublié de sa génération et presque inconnu de la nouvelle, il avait alors 75 ans.

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