‹ La Bradycardie dans les Oreillons: Étude Clinique & PathogéniqueChapitre 10 sur 51 · OO EE · texte numérisé non relu

OO EE

Dehio appliqua cette action accélératrice de l’atropine à l'étude des bradycardies. Il établit que, chez un sujet normal, une injection sous-cutanée d'un milligramme de sulfate d'atropine détermine une accélération du pouls, qui peut doubler le nombre de ses battements. L’accélération débute 20 à 30 minutes après l'injection, et persiste pendant 2 ou 3 heures.

Des expériences ultérieures, en particulier celles d’Esmcin, ont montré que, chez certains sujets normaux, un milligramme de sulfate d'atropine peut ne déterminer aucune modification du nombre des battements cardiaques : l'injection de deux milligrammes, qui est tout à fait inoffensive, donnerait dans tous les cas, des résultats beaucoùp plus probants.

On a signalé également l'existence d'une phase de ralentissement de peu d'intensité et de courte durée, précédant la période de tachycardie.

J'ai pratiqué l'épreuve de l'atropine chez 21 malades.

Chez 3 ‘enfants de 12 à 45 ans, une dose d’un milligramme à 1 mgr. 5 a déterminé une accélération cardiaque notable (98 à 124 pulsations par minute).

Chez l'adulte, j'ai employé 2 milligrammes, soit en une injection, soit en deux injections espacées de 15 à 30 minutes. ;

Dans 15 cas, l'injection a déterminé une tachycardie accentuce, le nombre des pulsations atteignant chez 40 sujets 109 à 133 par minnte.

Cinq fois, l'accélération fut moins prononcée, le nombre des pulsations ne dépassant pas 76 à 96. Mais, si l'on tient compte de l'intensité de la bradycardie chez ces 5 malades (44 à 50), on peut considérer que, relativement au chiffre antérieur, l'accélération fut assez intense,

On peut donc admettre que, sur 21 expériences, 48 furent

positives avec 2 milligrammes de sulfate d'atropine chez les adultes et 1 mgr. à 1 mgr. 5 chez les enfants.

Chez 16 malades, l'accélération est apparue dans un délai variant de 10 à 20 minutes, ce qui correspond aux chiffres établis par Dehio pour un individu normal; deux fois, j'ai constaté un léger retard de l'accélération qui ne s’est produite que 35 et 45 minutes après l'injection.

La période de tachycardie a été presque toujours précédée d'unc courte phase de ralentissement apparaissant en moyenne, 5 à 40 minutes après l'injection. Ce relentissement, contrôlé par des tracés du pouls, a varié d'une à neuf pulsations parminute. Dans? cas, le ralentissement n'a pas. été constaté, soit qu'il ait manqué réellement, soit qu'il ait passé inaperçu, du fait de sa courte durée, l'accélération étant apparue très rapidement (10 minutes) après l'injection. |

Enfin, chez trois sujets, l'injection de 2 milligrammes de sulfate d'atropine a donné des résultats nuls ou une accélération insignifiante. Peut-on considérer ces 3 expériences comme négatives ? Le fait parait douteux, pour les raisons suivantes :

Chez un malade, il y a eu en réalité une accélération, mais extrêmement légère, et ne dépassant pas 4 pulsa-. tions par minute.

Dans un second cas, l'épreuve ayant été négative avec 2 milligrammes d'atropine, j'ai fait, deux jours après, une deuxième épreuve avec 3 milligrammes. Cette dose, relativement considérable, a été parfaitement supportée par le malade, et j'ai vu apparaître, 30 minutes après l'injection, une accélération qui a porté de 55 à 86 le nombre des pulsations, ce qui donne, en réalité, 19 épreuves positives, sur 21 malades soumis à l'expérience.

On peut admettre, par conséquent, que l'épreuve de l’atropine donne, d'une façon à peu près constante, une

SE

à accélération du pouls ; cependant, il semble que la dose hi nécessaire soit un peu plus forte que chez un individu normal, puisque, dans trois cas, l'injection de 2 milligrammes n'a pas donné de résultats appréciables, et que, d'autre part, avec deux milligr., l'accélération n’est apparue dans certains cas, qu'avec un léger retard.

J'ai reproduit l'observation des 21 malades soumis à l'épreuve de One avec les résultats des expériences. (obs. 5, 6, 8, 56, 57,105, 107 à 121)

I. La bradycardie considérée dans ses rapports avec l’infection ourlienne.

J'étudierai dans ce chapitre, la bradycardie dans ses on rapports avec l'évolution et l'intensité des oreillons, me réservant de discuter dans le chapitre de la pathogénie les

ASS rapports de cause à effet qui peuvent unir le ralentissement du pouls à une localisation méningée ou pancréatique

de l'infection ourlienne. :

S 1: — Bradycardie et évolution des oreillons.

Page 1