‹ La brèche aux bufflesChapitre 16 sur 22 · ÉTAL0K8 FRANÇAIS · texte numérisé non relu

ÉTAL0K8 FRANÇAIS

Les camelots qui la vendaient ont du faire des affaires d'or, car, dans l'enceinte de l'exposition, toutes les dames, par une délicate et flatteuse attention, avaieni^ voulu en fleurir leur corsage !

Tout le monde, d'ailleurs, s'était mis en frais d'ims^i

> L'un de ces sénateurs élait le général Logan, mort depal miii qui, ftui deraièrea éicclioas, ëlaîl le candidat dei répablin' k Ja ïiEe-p réside DCB des É lai s -Uni s.

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LA BRECHE AIX BliFFLES. 181

ginalion pour célébrer la gloire et k-s mérilês des percherons! Les journaux consacraienl tous leurs premiers Chicago à racoaler leur histoire depuis les temps let plus reculés jusqu'à nos jours. Ils montraient leurs ancêtres repoussant les Sarrasins dans les plaines de Poitiers, avec la collaboration des preux chevaliers qui les montaient, et s'unissant avec leurs prisonnières, Jes juments sarrasincs, pour produire celte race merveilleuse qui, pIc, etc. D'aulres envisageaient la question au point de vue pécuniaire : ils parlaient des savantes recherches du maire de \ogent, nn archéologue distingué, qui a établi 'que c'étiiil dans cette localité que les habitants d'Orléans, délivrés des Anglais par Jeanne d'Arc, avaient acheté le cheval qu'ils lui ontofTerl, cheval payé,ilit-il, 6,000 livres, ce qui représente, paraît-il, environ 150,000 de nos francs.

Cela me semble beaucoup d'argent. Mais du train que vont les choses, je ne désespère pas de voir bientôt des Américains modernes se montrer aussi généreux que les Orléanais du temps passé. Si j'en juge d'après ce que j'ai vu à ce bienheureux concours, ils sont en bonne voie pour en arriver là. A ma connaissance, on y a refusé, d'un cheval déjà âgé, dix mille dollars. Il est vrai qu'il s'agissait du fameux Brillant, que mademoiselle Rosa Bonheur a jugé digne de lui servir de modèle, il y a quelques années, quand elle a voulu offrir à l'Association percheronne américaine un tableau qui représentât le lype de ses chevaux favoris. Son comité a, du reste, reconnu ce don d'une manière très délicate, lis ont envoyé une expédition de trappeurs dans la Colombie anglaise, où se trouvent, dit-on, les plus beaux chevaux sauvages. L'expédition est revenue avec quatorze de ces animaux-, oti îi e.VwïIvXfc'i

ECUE .\l\ I

I trois plus beaui, qui oui clé envoyés en France et offerts ■ la célèbre arlisle, aGn de lui servir de motlèles pour ses tableaux fulurs. Je ne les ai pas vus, mais on ta' dit qu'ils sont en ce moment à Fonlainebh

Je ne sais pas s'il y a d'autres chevaux que BrîUi dont on ait offert lU.OOO dollurs; mais les pris

I 6,000 dollars (25,000 francs) ue sont pas très rares,

I parmi les quatre cents animaux qui ligurenl cours, la plupart importés celte année ou l'année nière, je ne crois pas qu'il y en ait un seul dont le propriétaire voulût se séparer pour moins de 2,500 dollars (12,000 francs).

Tous ces émigrés semblent lémoigner par leurs

I eroupes arrondies et leur poil luisant qu'ils s'accommodent fort bien de l'avoiue amère de l'exil. Plusieurs de ceux que l'on fait déGler devant nous, à la porte du château de foin, sont de vieilles connaissances. M. de la Molle-Rouge leur a déjà distribué des couronnes, il y a quelques semaines, au concours de. logent. Je me deman(!ai9 s'ils n'allaient pas témoigner quelque émotion en reconnaissant ces tours à l'ombre desquelles ils ont cueilli leurs premiers lauriers. J'ai bien constaté que la plupart avaient cherché à approcher leurs lèvres des assises du monument; mais je crois que cet hommage s'adressait plutôt à la matière dont elles étaient formées qu'aux souvenirs patriotiques que leur vue aurait dû éveiller en eux.

il nous restait ^ faire connaissance avec les peliies familles qu'eux ou leurs prédécesseurs se sont créées sur la terre d'exil, c'est-à-dire avec ces fameux demisang, grades, dont les Américains se montrent si satisfaits. La race percheronne se montre généralement nbelle il l'acclimalement, en tant que race pun

rorie '

Elle est redevable dans une si grande proportion de ses qualités au sol et au climat du pays qui la produit, que bien peu des nombreux essais qu'on a tentés pour Tacclimater ailleurs ont réussi. Le succès des Américains, dont le sol et le climat sont si différents des nôtres, est dû à ce qu'ils n'essayent pas de produire la race pure; le but qu'ils se proposent est de produire le demi-sang.

Nos hôtes avaient pris une excellente manière de nous faire juger des résultats acquis. Il existe à Chicago une foule de magasins et d'administrations qui, pour leur service de camionnage, disposent d'une cavalerie considérable. Autrefois, tous la recrutaient parmi les demi-sang du Shirc ou du Clydesdale : mais ces chevaux, originaires de prairies humides, transmettaient si régulièrement à leur descendance des pieds défectueux incapables de résister aux pavés des villes, que maintenant on ne veut plus que des demi-sang percherons pour ce service.

Les organisateurs du concours s'adressèrent à ces administrations, leur demandant d'envoyer toutes, le même jour, le plus grand nombre possible de leurs chevaux attelés pour en former une u procession » qui défilerait devant les tribunes. La plupart répondirent à cet appel, et le total des chevaux inscrits dépassa deux mille cinq cents.

Au jour dit, près de cent mille personnes s'entassaient dans les tribunes et autour de la piste, sur laquelle défilaient cinq à six cents voitures attelées à deux, à quatre et même à six chevaux. La plupart des exposants avaient profité de l'occasion pour faire un peu de réclame à leur industrie, ce qui, en somme, était bien naturel. Un fabricant de savon avait envoyée uu clv^'c

ISA LA br::ciie alx blffles.

sur le sonimei duijuel se démenail un grand nu Jus({u'à la ceinture, ayant loule la purlie gauche itù corps barbouillée de mousse; un niurcliand de II» recommandai! ses produils à la faveur du public t faisant distribuer ses prospectus du haut d'un fouigoDyS par une jeune personne fort jolie, déguisée en Japonaise. Le fameux Siudebacker, un fabricant de chariots qui fournit à peu près tous les fermiers de l'Ouest, faisait défiler cinq ou six chars attelés de sii chevaui, sur lesquels des ouvriers esécutaienl tous les détails de son indusirie.

Si jamais le marquis de Moroay s'avise d'organiser une esbibition de ce genre au concours du palais de i'InduBlrie, assurément les allelages qu'il nous montrera seront plus corrects et surtout les cochers seront mieux tenus que ceus que nous avons vus à Cliicayo. En dehors deNew-Vork, les Américains ne semblent pas se soucier de ces détails. J'ai vu les cochers de gens très riches conduisant des chevaux et des voilures superbes, vêtus de véritables guenilles dont un cocher de liacre maraudeur de nuit tie voudrait pas chez nous. Du reste, les façons sont h l'avenant de la tenue. Il y a quelques années, j'étais invité à venir passer quelques jours dans an château américain : car II commence à y avoir quelques châteaux en Amérique. Au jour et â l'heure indiqués, j'arrive à la gare qu'on m'avait désignée. J'avise sur la plate-forme de la gare un brave homme ïfitu d'un grand chapeau défoncé, d'une chemise de laine rouge qui avait vu des jours meilleurs et d'un pantalon gris enfoncé dans de grandes hottes. Le pantalon gris avait bien aussi fourni apparemment de bons et loyaux services, car on lui avait ajouté un fond vert. Ce lui ce détail qui me frappa. En Amérique, on voîl

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très souvent îles vêtements dégueriillés : maïs les raccommodages sont très rares. Ce personnage fumait une pipe. Il me regarda ud instant avec un certain intérêt, puis tout à coup m'inlerpellanl :

— I gtiess, slranger! me dit-il, ihat you are ike fellow tliey are expecling al (he bi(j/ house!

— Jesuppose, étranger, que vous êtes l'individu (individu est une traduction polie du motyW^ou^j qu'on atlend.

Je répondis respect ueusement que cela pouvait bien être.

— Welll conlinua-t-il, voua pouvez prendre votre malle! je vais vous mener!

Je mis ma valise sur mon épaule, et il me conduisit à UD superbe lanilau ijui m'attendait.

Ces façons étonnent toujours un peu : mais une fols qu'on les a admises, il faut reconnaître que les cochers américains conduisent certainement au moins aussi bien que les nôtres, sinon mieux, surtout à quatre et à 8ix. Nous avons vu notamment à Clircago un yamiu de douze k treize ans qu'on a applaudi tant il manœuvrait adroitement un superbe attelage à six.

Tous ces animaux ont un type singulièrement uniforme, mais qui ne reste tel qu'à la condition d'une infusion constante de sang percheron. Presque tous sont gris ou bais. Comme apparence, ils ressemblent à de gros carrossiers normands. Le croisement, tout en donnant aux membres un volume Lien plus considérable, a aussi pour eifet de diminuer la longueur exagérée du rein, qui es t le grand défaut des cbevaus américains, dont ils gardent cependant dans une 1res grande mesure les allures allongées. Dans ce pays-ci, on aime beaucoup apprécier les bétes et les gens au point de vue du poids. Q" u" reporter parle A' un Wtûxaç, ^^Jâ-

AUX BLFFI.es.

1^ tique ou d'une actrice, il ne manque jamais de dire

I combien il ou elle pèse : on agit de même quand il

I s'agit de chevaux, et j'ajoute que, en ce qui les concerne,

I ce ■{enre de classement a, j'en ai la conviction, nne

I beaucoup pins grande valeur que nous ne ie croyons

1 généralement en France.

I J'însisie sur ces délails ', parce que cette question de

L poids est celle qui parait le pins préoccuper les .Imé-

^^^H ricains dans le clioix de leurs croisements, et qu'ils ne ^^^H' paraissent pas mal s'en trouver. Le poids du produit ^^^H est généralement égal à la moyenne du poids des ^^^B reproducteurs. Voulant avoir ponr leurs chevaux de ^^^H' service des animaux pesant mille ou douze cents livres

< Celle question du poidsdcsclievauiBJusqii'i présent élé ti peu étudiée en France, que le tableau suivant intéressent peut-élre bien des élcveun. Il iudique les poids moyens de nos principale» calâgories de cIigtïut, et m'a élé cauimuniqué par M. LaiallarJ, le directeur de la cavalerie des nmnibui, don! loul le monde eon- Dltt In bftule compétence :

Cheial d'omnibus, poids ninycn 550 kib;ir.

— de dragon 450

— de cliusapiir el de hussard.

— d'arlilleur

Les plu» <|ras étalons percherons qu

pèsent mille kilogrammes; quelques-uns ont atteint donie c hilogrimine». Du reste, cette élude est féconde en surprîtes. .' (ous les animaui. k commencer par l'homme, s'alourdissent | vieillissanl. Le cheval semble faire eiceplinn à cette r^gle. obserie aussi que plus an cheval a de sang, et pins il ci Ainsi les chcvaui d'artilleurs, plus gros que les ubevaui gouB, sont cppeodani bien moins lourds relativement. Les ebevside pur snn.q oui le grain tellement (in etlaconleitiir pacte qu'on peut presque leur donner le poli de l'i

chevBui ordinaires si

-«(» oterralions il Tant conclure que les Ai

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e de jo^et \m ct\cv»ui au poids.

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