CHAPITRE C1N0I IK.MK
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NOMINOK.
« mis jusqu
Nomi.mik. plus habile el plus obligé que sos prédécesseurs , demeura lîdèlc au Débonnaire tant qu'il vécut, et Dti dépit de ses indignes enfants. Mu sait quels malheurs empoisonnèrent li s dernières années du suci esscur de C.harlcmagnc. Après avoir Irop tôt partagé sou empire entre les Irois (ils i|UC lui avait laissés Lrmengarde, ayant voulu l'aire un nouveau partage en faveur de Charles, lils 'de Judith, sa seconde femme, il se vit lour à lour dépossédé, réhabilité, en pénitence . » incarcéré par Loi ha ire (Lolher), Pépin et Louis, à «s qu'il mourut enfin de douleur eu marchant centre ce dernier.
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146 la bbrtàgne visoienne.
Au milieu de tant de vicissitudes, Nominoë, calomnié près du vieil Empereur, lui garda son serment jusqu'au bout, et ne prit dans ses actes publics que le titre de gouverneur ou d'envoyé au nom de Dieu ( In Dei nomme missns). Mais ce modeste envoyé jetait déjà les bases de son futur royaume; il rendait à la Bretagne la force de l'unité, tandis que l'empire frank s'écroulait dans les discordes; il s'assurait, parla sagesse de son administration, le triple appui du peuple, des chefs et du clergé.
C'est ainsi que par l'établissement de la célèbre abbaye de Redon, sur la Vilaine, il se fit de saint Conwoïon, moine encore obscur, un ami qui allait devenir tout-puissant.
Conwoïon était un noble Breton, né à Comblessac, diocèse d'AIcth. M fut d'abord archidiacre à Vannes, sous 1 cvêque Renier, puis « alla se sacrifier au Seigneur, avec douze prêtres, dans l'agréable désert de Redon (833). » Ratuili, seigneur de ce lieu, lui donna des terres; mais les persécutions d'autres seigneurs le forcèrent de recourir à Nominoë. Le moine Louhemel vint implorer le gouverneur de Bretagne avec « plus d'éloquence que n'en promettait son habit ; » et comme lllok, un des seigneurs mécontents, protestait contre l'établissement de Conwoïon : «Ennemi de Dieu et de sa gloire, dit Nominoë, ne vaut-il pas mieux que le lieu dont lu contestes la propriété soit habité par des saints, que de servir de retraite à des scélérats qui ne vivent que de brigandages?» lllok se retira menaçant; mais ses menaces furent sans effet. D'autres ennemis plus dangereux, l'évêquc de Vannes et le comte de Nantes, Richovin, s'opposèrent aux projets de Conwoïon. Enfin le Débonnaire lui-même, aigri par les discours de ces derniers, refusa au saint abbé ses lettres d'érection, et le fit chasser deux fois de sa présence. Peu de temps après, et comme en punition de sa dureté, luimême éprouvait le même traitement de la part de ses fils.
Or, que fit Nominoë, après la déposition de l'Empereur? Il vint en personne à Redon, et céda aux moines de Conwoïon un vaste domaine, a déclarant offrir ce sacrifice à Dieu pour obtenir la délivrance de Louis (pouvait-on faire acte d'indépendance avec plus d'adresse?), et prenant toujours le simple litre « d'envoyé, » quand les Bretons lui donnaient déjà celui de roi (835).
Ainsi fut établie et dotée l'abbaye de Saint-Sauveur de Redon, qui devint une des plus riches et des plus puissantes de l'Europe. Le rond-point, tout à jour, de son église, et la flèche aérienne de son clocher, sont encore admirés comme des chefs-d'œuvre de hardiesse et d'élégance.
En 840, la mort de l'Empereur vint dégager Nominoë do son serment. On prétend néanmoins qu'il reconnut d'abord la suzeraineté de Charles le Chauve, auquel il envoya, en effet, des présents et des ambassadeurs ; mais laissant bientôt les trois fils du Débonnaire s'exterminer entre eux1, la Bretagne et son chef se déclarèrent indépendants (845).
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Nouiinoc s'était préparc à cet acte décisif, en se liguant avec l'ambitieux Lanlbert, deuxième du nom. Il lui promit le comté de Nantes, dont Charles le Chauve l'avait dépouille en faveur du Poitevin Rainald, et lui donna une armée commandée par Erispoé, son propre (ils. D'abord vaincus par Rainald, Erispoé et Lanlbert lui enlevèrent bientôt la puissance et la vie.
C'est alors que Nominoë prit le titre de roi de Bretagne, en donnant à Lanlbert celui de comte de Nantes.
Mais cette ville, déjà toute française, repoussa Lantbert, on ne sait trop pourquoi ; et celui-ci se vengea en attirant sur la Bretagne le plus terrible fléau qui l'eût encore ravagée. — ces pirates du Nord, appelés Normands par excellence, les plus barbares d'entre tous les Barbares.
Le nom générique de Normands (North-man) comprenait les trois peuples germains des contrées boréales, les Danois, les Suédois et les Norvégiens. Habitants d'un pays stérile, leurs lois bannissaient, tous les cinq ans, une partie de leur jeunesse. Ces aventuriers s'embarquaient sous la conduite d'un « roi de mer, » et se partageaient le monde comme une proie. Petites armées sans bagages, sans femmes, sans enfants, sans esclaves, matelots sur l'onde et soldats sur la terre, rapides et féroces « comme les oiseaux de tempête, » ils abordaient les eûtes avant qu'on les eût aperçus : ils entraient par l'embouchure des fleuves avec la marée montante, y jetaient un fer de lance, en signe de conquête, et pénétraient ainsi jusqu'au centre des Etats. Ils portaient en mer de larges hauls-de-chausses, en peaux de chèvre, le poil en dehors. Le roi de mer Bognar était surnommé Loti brog (pantalon à poil). A terre, ils se couvraient de casques et de cottes de mailles, s'armaient d'épées tranchantes, de haches énormes, et de ces massues à pointes de fer, qu'ils nommaient «étoiles du matin » (morghenstem). Le cheval était leur emblème sacré : il figurait sur leurs étendards cl sur leurs armes, ce qui ne les empêchait pas de manger sa chair et de boire son sang. Ils avaient une autre enseigne symbolique, appelée Corbeau: cet oiseau de proie s'y trouvait brodé en noir sur de la soie blanche, ouvrant le bec et secouant les ailes (hians oi e excutiensque olas). Les femmes exécutaient cette broderie avec des gestes et des chants magiques. Comme le corbeau, dit un vieil historien, les Normands mangeaient le repas préparé par l'ennemi, après quoi ils tuaient l'hôte et brûlaient la maison. Leurs
Lolliairc. cl où périrent cent mille Frank», disent les historiens de l'époque. M. Augustin Thierry a liié avec une rare perspicacité, à cette bataille de Fonlenay, le commencement «le lu transformation •lu peuple frank en nation française. La plus grande perle étant tombée sur les tribus qui se servaient encore de la langue germanique, les vainqueurs firent graduellement prévaloir les mœurs et la langue romane*. Celle bataille prépara encore une révolution par un aulre effet : la plupart des anciens chefs frank* y périrent, comme les anciens nobles français restèrent au champ de Crécy, ce qui amena nu rang supérieur de la société les chefs d un rang secondaire, de même encore que la seconde noblesse fronçais.surfit après les déroutes de Crécy et de Poitiers. Ces seconds Frank*, lisés dam leurs liefs, devinrent, «ou* la troisième race, la lige de la haute noblesse française ' Chateauhri iml, F.niu.s misioiuqh.s deuxième mer. — Au» Thierry. Urm.sMn i.'llismmc m. Fnm.
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