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LA BB ET AU NE ANCIF. N.NK

île Dinan, de Porrhoët, de Chateaubriand, etc., étnienl des suzerains redoutables, envieux et enviés des ducs. Ils conservèrent longtemps leur cour, leur parlement, leur baronnage particulier, voire leur chambre des comptes. Les usanecs de Bohan. de Gocllo.elc. survivront au démembrement de ces grandes seigneuries.

On voit que le titre générique de barons remplaça assez tard, en Bretagne, les qualifications de proceres, de magnâtes, et surtout de uobiles, qui figurent aux premiers actes publics. Outre les familles que nous avons déjà désignées, voici les noms des principales maisons féodales, relevés par les Bénédictins dans les plus anciens litres de Bretagne. Nous rapportons ici ces noms, sans acception de supériorité ou d'infériorité, comme font les tilres eux-mêmes, qui placent chaque nom tantôt à la léle. tantôt au milieu, tantôt à la suite des autres. Les maisons de Poher, de Bennes, deCornouailles. qui montèrent successivement sur le trône; de Penlbièvre, dont Eudon. frère du duc Alain III, fonda la branche aînée : les branches cadettes ont pris les noms de Quintin, de Kergrois, de Saint-Laurens. du Parc, de la Bocbe-Mabillc, de Court-Alain; de Porrhoët, qui a probablement la même origine que Penthièvrc, et qui a donné — à la France les Bohan, lesGuémené, les Soubise, — à l'Angleterre les la Zouche, éteints sous Elisabeth dans la personne de lord Harringworth, conseiller d'Etat et capitaine des Cinq-Ports: de Fougères, dynastie de barons illustres; de Yilré, fondue au treizième siècle dans la maison de Montmorency-Laval, et au quinzième dans celle de Montfort de Kergorlay: de Dol et de Dinan, qui possédaient une grande partie des diocèses de Dol et de Saint-Malo ; de Bieux, qui tenait « une cour considérable » au château de ce. nom. où résidait le duc- Alain le Grand; de Léon, liste de comtes souverains où figure le beau nom du prince Even, cet invincible fiéau des Normands, créateur de la ville de Lesneven : fondue en 12G3 dans la maison de Bohan; de la Boche-Bernard, de Pontchâteau, de Donges, d'Anccnis, qui comptait des princes; Huelin <Ie Henncbon, de Coinbourg, de Chateaubriand, de la Garnache, de Beauvoir, de Chatcauceaux, du Loroir, de Varadc, de Palaiz, de Janzay, de Itougé, de la Chapelle, de Froissac, de Mortcsticr, de Chàteau-Fromont, <lc Baiz ou Bclz, de Frossay, du Pèlerin, du Migron : toutes seigneuries ilu diocèse de Nantes. Dans le territoire voisin, les vieux actes nous montrent les noms suivants : De Montreuil, de Jarzac. de Moutier, de Chateaubourg, de Saint-Melaine, de Marligné-Fcrchaud, de Sandré, de tilinchamp, de Montgermont, de la Primaudière, de Tinteniac, d'Apigné, •le Mordelles, de Montboucher, de Liffré. d'Ercé, de Poillé et d'Esuai. Aux rnvirons de Dol, ceux de Saint-Brouladrc, de Bouticr, de Pléguen, de Maingui, de Trcmignon, le Chat, le Bouteiller, Hingant, Gouyon, Mord, Lanrigan, Plouasne cl les sénéchaux de Dol, d'où sortirent les sires de ileaufort. Dans le diocèse de Vannes, les seigneurs de Sércnt, de Siz et de

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Loc Maria. Dans la Cornouaillc, les seigneurs de Mur : dans le diocèse de Saint-Malo, ceux de Loliéac, clc., etc., clc.

Tous ces noms se trouvent dans les chartes des églises. On trouve encore dans les mêmes actes les seigneurs de Malestroit, de Moncontour. de Cassum, de Martz, de Sainte-Croix, de Henoot, d'Arbrai, de la Haye, de Cornillé, de Lire, de Cliçon, de Siou, du Taureau, de Benac, de lllle, d'Klven, de daine, de Neuville, de Landurcn, de Montpremer, de Lancé, de Chastellcrault, du Fou, de la Morte, d'Escoublac, de Saint-Jean, de Slraelis, dcCoglais, de Mézièrcs, de la Marche, de Servon, dcVilliers.de Montchoan, de Pocé, de la Courbe, de Torcé. de Bouille, de Heeulé. do Noyers, de Bazouges, d'Aubigné, de Courcelles. de Gahart, de Vcndclles. des Barres, de Chastenai, de Nuilli, de Nozai, de Meusse, des Ferrières, de Langan, de Polignc, de Guigncn, de Pannecé, de Montfrileux, d'Auvernai, de Pezé, de la Chapelle, de Maidon. de Poutrel, de Solzon, de Mansel. de Mofron, de Champagné, de la Rouerie, de Marcé, de Nort, de Bernai, de Tournebordc, de Meral, de la Boizuc. de Coçé, des Coësmes, de Sauçognc, de la Tour, de Chcssal. du Chastellier et du Pont-aux-Larrons *.

La plupart de ces noms sont des noms de terres1. D. Moricc en cite d'autres qui, pour avoir été sans doute des sobriquets dans l'origine, n'en ont pas été portés avec moins d'honneur, tels que : Bongars, Boivin,Trousse- Lasnc, Chausse-Bouc, Pince-Guerre, Travers. Pillcvoisin, Cornu, Pillc-Gasteau, Champion. Trop-a-de-Nez, le Diable, le Large, Escarcelle, Teste- Verte, Laschc-Pied, Breneur, Maleterre. Enragé. Pille-Villain, Alaise. Durcdent, et plusieurs autres de ce genre.

Malgré le pêle-mêle avec lequel cesnomssont jetés dans lesaiiesantérieurs au quinzième siècle, et bien que jusqu'à celte époque le titre générique de baron ait été conservé à tous les nobles. « il ne s'ensuit pas nécessairement, comme parle D. Morice, que tous les nobles investis de ce titre fussent de véritables barons. «D'abord, il est probable qu'avant comme depuis 1400, le conseil privé des ducs se composait de neuf évoques et de neuf hauts barons. La chronique de Saint-Bricuc affirme que le rang de ces neuf barons par excellence avait été réglé sous Alain Forgent. Les registres des parlements citent les neuf barons comme une chose très-ancienne; et, pour choisir un titre entre vingt, le duc Pierre 11, érigeant, en 1451, les terres de Malestroit, de Derval et deQuintin en baronnies, donne aux seigneurs de ces terres le rang, dans les parlements, immédiatement après les seigneurs des neuf anciennes baronnies. I). Morice suppose aussi, non sans raison, que les

« Nous avons suivi régulièrement I orthographe des vieux actes rapportés par D. Morice: mais la plupart de ces noms ont varie depuis : Cliçon est devenu Clisson, Coçé est devenu Cossé, Goujon est devenu Goyou, elc-

» .Nous avons déjà dit que lusagc «le prendre les noms de terres ne date que du onïième siècle. — Jusqu'alors les nohlcs n'ajoutaient à leur nom de haplème que le nom de leur père : Hervé, fil* de JWeliu ; llohertj (ils lie Cu- lhonnc ; It.ioul, lils de .liidieaiM, etc.

Etats antérieurs au quinzième siècle avaient établi un ordre hiérarchique entre les barons, les hannerets, les chevaliers et les écuyers; mais aucun titre, ajoute-t-il, ne nous montre quel était précisément cet ordre. On trouve, dit cependant Ogée, dans les carlulaires des abbayes de Sainl-Gaol et de Saint-Aubin des Bois, fondées par les seigneurs de Matignon, que dès l'année 1057 Jean de Goyon-Matignon * .se plaignit aux Ktats assemblés par Eudon qu'on lui disputât la place que ses pères avaient toujours occupée en qualité de premiers bannerets de la province.

En somme, on peut dire que la noblesse bretonne, vers le onzièmcsiècle, se trouvait divisée en trois ordres : 1° le duc et les derniers comtes souverains; 2" les vicomtes et les seigneurs appelés depuis hauts barons; 3° les vicaires, les prévôts, les sergents féodés, les chevaliers et les écuyers.

Après l'extinction des maisons comlales ou la réunion de leurs souverainetés à la couronne1, les vicomtes eurent sans doute la préséance, en dépit de la confusion des titres et des actes.

Nous avons déjà dit la puissance et l'indépendance des comtes souverains, même après le démembrement de leurs souverainetés. Ils se bornaient à faire hommage au duc en certains cas, et à fournir à son ost une troupe de chevaliers. Ils avaient leur cour, leurs officiers, leurs barons et leurs vassaux. On en voit cent preuves aux titres des maisons de Cornouaille. de Léon, de Porrboët, de Fougères, de Vitré, etc. Quand p|„s |jm| ces gran(js seigneurs retirèrent le litre de barons à leurs premiers gentilshommes, ils M l'approprièrent par excellence, comme pairs du duché.

Les vicaires, voyers, baillis, rhéteurs et prévôts commandaient et jugeaient dans les villes. Chaque seigneur avait de ces officiers à ses ordres. Ils étaient d'ordinaire chevaliers. Les vicaires rendaient spécialement les jugements, et les prévôts les faisaient exécuter. Ces charges semblent avoir été le plus souvent héréditaires.

Les devoirs du voyer sont expliqués ainsi dans un acte de l'abbaye de Ouimperlé : « Le voyer doit par an trois licous pour les chevaux, deux creusets de fer. des cordes pour les fenêtres de l'abbé et pour la cloche du réfectoire, des sacs pour recueillir la dime. un repas au mois de janvier à l'abbé et à sa communauté. Il est obligé de prêter de l'argent à l'abbé et au • ellerier lorsqu'ils en auront besoin. C'est à lui de faire les saisies prescrites par l'abbé; et quand elles sont faites, il les doit remettre entre les mains du voyer au comte. S'il veut se dispenser de servir, il présentera à l'abbé une personne pour servira sa place: si l'abbé ne l'agrée pas. il pourra en

1 Cette famille de (ioyon-Malignon est une des plus anciennes et des plus noble* de Bretagne, l'n l'inneret de re nom, après avoir pris une part ploricuse aux exploits d'Alain Barbe-Torte eontre les Normands, fit bâtir sur la cite voisine le château de laRoche-Goyon, qui s'appelle, depuis Louis XIV, le Hiiteaii de la Latte, du nom de la pointe pu il s'élève.

1 Le comte de Poher fut réuni au domaine ducal en 1040, relui de Vannes peu après.

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présenter jusqu'à cinq autres} après quoi, si aucun n'est agréable à ['abbé, le voyor héréditaire sera obligé de servir en personne. Lorsqu'il servira, il aura sa portion au réfectoire, comme les moines, et à même heure qu'eux. »

Les sergents féodés avaient le septième denier de la recette du pays où ils exerçaient leur office. Cet emploi très-important n'appartenait d'abord qu'à la noblesse. Lorsque les seigneurs le conférèrent à des « gens de néant.» ceux-ci en abusèrent au point d'attirer la répression des ducs.

Les nobles étaient chevaliers ou écuyers. Le premier de ces titres s'acquérait par les armes: c'est pourquoi on nommait les nobles milites, guerriers par excellence. Les milites ttipetidiorn (guerriers à paye) étaient ceux qui servaient sous d'autres nobles. Tout chevalier d'ost devait au duc un

nombre d'hommes armés; tout seigneur de lit* I*, chevalier ou non. lui amenait de même ses vassaux. Cela s'appelait Vnstaye. et l'armée entière s'appelait 1*0*1.

La qualité de noble homme, acquise depuis par tant de roturiers. « faisait jadis honneur, dit D. Morice, aux plus grands personnages, aux Dcaumanoir, aux Chàtean-Ciron, aux Duchaslcl, aux Malestroit, etc. Au quatorzième siècle, ce titre n'était donné qu'aux chevaliers; et Alain VI de Itohan, portant ses plaintes au due Jean 11. le nomme noble homme Jean, comte de Bretagne. >»

Le commerce était interdit à la noblesse bretonne. Les registres de la chancellerie en fournissent des exemples, notamment en l'année 1 482. Les maîtres de verreries jouissaient d'une exception; on les trouve qualifiés écuyers, quand d'autres gentilshommes se faisaient réhabiliter en quittant le commerce,

La science était moins chère aux nobles que l'honneur. Beaucoup de grands seigneurs savaient à peine lire et ne signaient qu'à l'estampille. Cependant, c'est une absurdité historique d'avoir fait de cette ignorance une règle absolue, témoin le père d'Abailard et tant d'autres.

Ces dernières observations sont générales. Voici les observations particulières ; 1° aux rois cl aux ducs; 2* aux barons proprement dits et aux seigneurs. — Les premières compléteront le tableau du gouvernement en Bretagne jusqu'au douzième siècle ; les secondes résumeront tout le système des droits féodaux, sauf les droits du clergé, dont nous traiterons à part.

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