CHAPITRE QUATORZIÈME
I»»* V (snilo. — Saint VifKrni KrrriPr.— M.irgupriip dp CIïsmih. — Trahison dp» IVnthirtrr. — dur en prison. — Sa drlivrancp. — Punition i'ps IVnlIiirvrr. — lllsloirr du MUMaklc Arihnrdr flichrmonl. — Il vmvp la r'ranrr maigre l.lurlp* \ II. — JcMHC d'Arr pl lllrlipinnnl. - Thomas Ciiiinrrlr . — SrrmPnl» dps imblrv — I.a vippl la MCI drlJillp* àt liai».— r'*\xç«i< Fr.— Omrnnncimnl.— I*risp pI rpprisp de Khu;<tp<>.— pulsion dp* Aiiplaiv — VWtMrt litmeMttblt île GUIeidt Hreltipnf.— Slnrt de r'rairçni» lrr.— Vient: II.— l'MiKfli» d'AmMsp. Artuir III
JKAN Y i SllTEj
l/armcment dos rnmmiinos. et toutes les précaulions prises par Jean V pour le maintien de la paix, n'eurent point lieu sans nécessiter de lourds impôts, et le duc ne put épargner le sang de ses sujets qu'eu leur faisant verser beaucoup d'arpent. On va voir que lu imêine faillit à payer ses tergiversations de la couronne et de la \ie.
l ue de ces mn I ri hul ions (et celle-là fut :ieqnill«'e à grande joie» préleva
se
sur 1rs campagnes cinq deniers par ccuelle en l'honneur de saint Vincent Ferricr. Cet illustre dominicain espagnol, après avoir prêché en Bretagne contre le schisme d'Occident, était mort à Vannes en 1 419, dans une maison qu'on montre encore aux pèlerins. Le duc n'attendit pas sa canonisation pour faire dire des messes à son tombeau. Ses reliques accomplirent tant de miracles, qu'au temps de la Ligue, les Espagnols voulurent les enlever aux Bretons. Mais les chanoines de Vannes les cachèrent si bien, qu'elles demeurèrent enfouies quarante ans. Enfin l'évèque Sébastien de Rosmadec les retrouva en 1637, et aujourd'hui, comme alors, l'anniversaire de leur translation se célèbre à Vannes, le G septembre, au milieu des rues pavoisécs de blanc et du concours de toute la population morbihanaise.
Nous avons annoncé déjà l'ambitieuse animosité de Marguerite de Clisson contre Jean V. Revenons sur nos pas pour la voir à l'œuvre. Cette autre boiteuse, aussi perfide que la première avait été loyale, s'était mis en tête de recommencer la guerre de succession , et de placer un de ses quatre enfants sur le trône de Bretagne. Cherchant des alliés dans les ennemis «le Jean V, elle maria son fils Olivier de Blois , comte de Penthièvre, à la fille de Jean-sans-Pcur. au moment même où le duc de Bretagne passait aux Armagnacs. Furieux et inquiet d'une telle alliance, Jean V envahit les terres des Penthièvre. La cour de France calma ce premier feu , mais il continua de couver sous la cendre. Lorsque Marguerite et son fils virent le duc abandonner le dauphin de France, ils s'adressèrent au ressentiment profond de celui-ci . et s'engagèrent à lui livrer la personne du « traître Jean V, » contre la promesse qu'il fil lui-même de leur donner la couronne ducale. Ce pacte conclu « très couvertcmenl, » les Penthièvre se retournèrent vers Jean V avec mille serments de fidélité, et ils jouèrent si adroitement leur rôle , qu'ils attirèrent le prince confiant dans leur terre de Chanloceaux.
C'était le 12 février I4C20. On partit de Nantes, après s'être embrassés dans un festin; le duc emmenait avec lui son frère Richard, plusieurs seigneurs et quinze cavaliers. «Il passa au Loroux-Botereati, ville champêtre sur le chemin, et ne furent guères outre, que. passant la rivière de Divetlc par un pont appelé le pont à laTubcrdc, il se trouva derrière, lorsqu'il fut passé, un homme muet faisant le fol, qui prenoit les carreaux du pont et les jettent aval l'eau, pour empescher, comme l'on sçeut depuis, que ceux qui siiivoienl le duc à la file peussenl passer, cl de cela ne fist-on aucun cas; mais le duc n'eusi pas advancé bien loin, qu'il sortit d'un petit bois, qui estoit à la vue de ce chemin, une troupe d'hommes armés, comme environ quarante chevaux, qui estoienl en embusche, lesquels commencèrent à se uionstrer et venir au galop, et à l'aborder, mirent les armes au poing, chargèrent la personne du due, lequel se mist en défense; mais luy et sa troupe estoient sans armes, cl furent si couverts de tontes parts et à
l'impourveu, qu'il fut impossible de sousteuir. Ce fut merveille et volonté précise de Dieu qu'il ne peusl estre tué, car c'estoit leur intention pour bien exploicler, et pour estre bon conseil en entrepreneur de prudence à la doctrine qui court depuis, naguères apprise en Italie : — ou ils n'en dévoient point tant faire, ou ils en dévoient plus faire. A cesle abordée, messire Thibaut Busson, sieur de Gazon, y fut blessé, et le sieur de Beaumanoir y eust un bras couppé, voulant couvrir un coup d'espée tombant sur la teste du duc, que lui tira un gentilhomme nommé messire Henry l'Allemand. Pour le faire court, le duc fut saisi, mis sur un mauvais cheval, lié bras et jambes par sous le ventre du cheval, son chaperon bandé sur les yeux. L)e là enlevé, passa la ville de Glisson, et sans desbrider nuicl et jour, fut conduit au chasteau dcPasIuau, en Poitou, qui appartenoit auxditsPcnthièvrc.» De là enlin, et par divers détours, il fut ramené à Ghantoccaux, et enfermé dans une tour avec son frère Richard'.
Le duc ne montra pas un grand courage dans sa captivité. Il demandait sans cesse « qu'il ne mourust point.» Marguerite contemplant sa victime, lui citait le verset : Déposait patentes de sede. Et le duc reprenait, en la suppliant: «Qu'il ne lui challoit de déposition de seigneurie, pourvu qu'il fût assuré de la vie sauve.» «Se souvenant alors du ciel, il forma deux vœux. Par le premier, il lit serment de non doresnavant exiger tailles, louages, ny subsides sur son peuple, duquel vœu depuis fut dispensé par le pape Martin V, à la requeste des barons et estais de son pays, par l'entremise de Jean de Bruc, vice-chancelier de Bretagne ; l'autre fut d'aller à Jérusalem dans trois mois après qu'il scroit eschappé des mains d'Olivier de Blois.» Ce vœu fut depuis commué par le pénitencier du pape en vingt mille florins, pour la réparation des églises de Bretagne et de Rome. Quant au
1 II n'est pas tic mauvais traitement que Marguerite et Olivier ne lissent subir au «lue et à sa suite pendant ces deux voyages, a Lorsqu'ils passèrent i Clisson, le comte de Penlhièvre dit à Jean qu'il se donnai bien de garde de faire aucune clameur pour émouvoir le peuple, et que si cela lui arrivait, ou qu'il entreprit de se sauver dans quelque asile sacré, fùt-il entre les bras d'un crucifix, il l irait reprendre et le tuerait sans miséricorde. » A Palluau, Olivier se lil servir, mangea, but, se chauffa, car on tlail en février, cl se délassa de ses fatigues sans s'inquiéter du sort cl des souffrances de ses prisonniers. Les malheureux se trouvaient dans une situation digne de pilié; vélus d'habits de fêle, exposés au vent et à la pluie, mourant de froid et de faim, et livrés aux plus cruels besoins. Ils se virent forcés de supplier Jean Livenent, l'un de leurs gardiens, d'interposer ses bons offices, afin qu'on leur permit au moins de descendre de cheval. Le vieux sbire n'était pas aussi insensible que le comte Olivier. Il pénétra dans l'hôtel et lui reprocha sa dureté. « Qu ils crèvent, » dit le lils de Marguerite, « et qu'ils servent de pâture aux chiens! » Je vais donc les tuer, » reprit le soldat, a car aussi bien ne vivront-ils guère. » Ce penda ni Olivier se ravisa, et lui permit de leur laisser met Ire pied i terre, à condition qu'il en répondit sur sa téte. Jean V et Richard entrèrent un moment «l ins une salle basse, où leur gardien partagea généreusement avec eux les débris d'une oie froide et un pot «le mauvais cidre. » Leur prison de Chantoceaux fut si rigoureuse, qu'on boucha les fenêtres a v ce des toiles cirées pour les empêcher de regarder au dehors Cepcndanl le duc trouva moyen de percer les toiles avec une épingle, et de voir le* Penlhièvre aller et venir dans les . ours du château. C'était une wnsohtion comme une autre
pèlerinage, le duc le fit faire par procuration. Il voua encore à saint Yves et à maint autre saint sou pesant d'argent. Or, comme il pesait deux cents livres, il cul toutes les peines à s'acquitter de ces dettes.
Cependant, la duchesse de Bretagne, « pasinéc de.déplaisir et de clameurs, » tenant par la main ses deux (ils, appelait tous les Bretons à la vengeance et au salut de leur duc. Ils répondirent noblement à sa voix. Les Penthièvre furent mandés aux élats de Vannes. Les gentilshommes s'armèrent, et la princesse paya les soldats de ses joyaux. On enleva d'assaut les forteresses de Marguerite et d'Olivier : Lamballc, Guingamp, la Rochc-Derrien, Chàleaulin. Jugon, Broon. Enfin on assiégea les captifs et les geôliers tout ensemble à Chanloceaux.
Traqués ainsi avec leur victime, les Penthièvre n'osèrent l'immoler, mais ils « en jouèrent la comédie. » pour décourager l'armée ducale. Leurs gens prirent un valet de la taille de Jean V, le revêtirent des habits de ce prince, le traînèrent» criant et pleurant, jusqu'à la Loire, et feignirent de le noyer, puis répandirent le bruit qu'on avait trouvé dans le fleuve un beau jeune homme à la blanche ligure cl aux longs cheveux blonds (tel était l'extérieur de Jean V). Celte supercherie ne réussit point. Alors Olivier chargea le duc de chaînes, l'accabla d'outrages, et. lui mettant le poing sur le visage, le força d'ordonner la retraite de ses défenseurs. Ceux-ci se gardèrent d'obéir, et les assiégés capitulèrent le 6 août 1420.
Le duc et son frère redevinrent libres, après cinq mois de détention. Chanloceaux fut rasé, cl les Penthièvre curent la vie sauve; mais Jean confisqua presque toutes leurs terres, et les distribua aux grands seigneurs qui l'avaient délivré. Il y mit une telle largesse, que les élats s'en émurenl. et déclarèrent ces dons viagers seulement. Les Penthièvre n'en furent pa* moins accablés, dans la guerre qui s'ensuivit, par une ligue des cent qua rante-cinq premiers seigneurs bretons, enrôlés contre eux par Jean V el Richard Marguerite et ses lils, repentants de leurs scrupules de Chanto-
1 Le vicomte de Rolian, <lit Lobincau, parait à la tèle <1<- lou* ces seigneur» ; «pré* lui. Gui de Laval, seigneur de Givre el de Mont fort, héritier de Lival et de Vitré: Ahi», comte de l'orhoet. tilt du vicomte de Rohan; el puis cent quarante-deux autres seigneurs, dont le* principaux ou te* plu* connu* sont : Chaleaubrient, Bictix, Bobuii-Gucnicné-Guinguanip, Graon de la Suie. Quinllin ; Tirville, »ire de Maleslroil et de Creuli : lluuaudaie ; M ilesln.it, »irc de Combour ; Matignon, Gluslcau- Giron, la Bellière, du I'errier, Bostrcncii, GoeUnen; l'eultoet, admir.il de Bretagne: Mont-Fort. Uiitan, Ghaslelier, Molae, i'lu*callec, Bieux, Kcriniercb, Oudon, Kaer, Mnutauliau, Li Lande. Martimk- Fcrchaut, Augier, Mnlolroit, Ihi l'arc, IhiSurh, KennelWc. Bcaumanoir, Bois de 1a Motte, Treroerreuc, La Motte, Du Cbaslel. Lu Feillée, Bosmadee, l'Ioeuc, Goetivi, La Ghapellc, D'bspiiui, I j Muce. Bougé, Goclqueu, Moiitbourcbier, Blossac. Madeuc, La Hoiissale. Gutte. Boche-Roux, Kersaliou. Treinedcrn, Tivarleu, L'KTCBfllie Saiut-I'ou, MussilUc, Siré, Kcroiiicré, L'tlopital, Ghauipvalkm, Broon, Goetvciiec, Le Bel, Ac»»né, Goelkigon, Brossai, Bc-serf, Sesmaisoiis. Kergtiiris, Utt, Le*tier.ic, llelboïe. La Jaille. Kcrudreux. Kergroade», Le fore, Li So'raîe, Kermav.iu, krrenrai*. ker- P0Bnn4ecb, Belouan. Gahouruc/. Mauléoii, Linvallai, Blebiban, Saint-Gilles, Pouexière. Kerloiciiui. Villc-Audreu, Bou*chet, Mar/clivre, Kcrgadimi, Le Voyer et Ihnngoii •
LA BBETAliNfc ANCItN.NE. 401»
ceaux, tentèrent vai tiemeiit d'assassiner le duc à Beauport. Condamnés par les états du Vannes (1421), abandonnés par le dauphin, ijui partagea leurs dépouilles avec Jean V (traité de Sablé), ils se rappelèrent, en la vérifiant, la prophétie du connétable de Clisson : — « Tous vos enfants seront détruits d'honneurs et de biens. » Les seigneurs ligués poursuivirent Olivier jusqu'au fond du Hainaut. et employèrent mille ruses pour s'emparer de sa personne, notamment un carcan d'or enchanté, qui jetait des flammes inextinguibles, l^eci est du bon d'Argentré.
Cette grande maison de Penthièvre ne se relèvera plus: mais ou verra les rois de France acheter ses anciens droits au poids de l'or, et les Bretons se grouper encore, pendant la Ligue, autour de son dernier rejeton.
A travers ses négociations perpétuelles, Jean V avait rendu les ordonnances qui lui avaient valu le surnom de Sage. Les veuves ne renoncèrent plus aux meubles de leurs maris sans perdre leur part des acquêts de la communauté. La législation concernant les dégâts faits par les bestiaux fut révisée, ainsi que les actions intentées aux paysans qui négligeaient de confier leur blé. leur pain et leurs draps, au moulin, au four et à la fabrique du seigneur. La prescription de ces délits fut fixée à une année. Les vassaux s'affranchirent du droit de guet pour six sous par an. Les anciens poids et mesures variaient â l'infini ; on les soumit à l'unité. On régla le salaire des ouvriers. Les laboureurs ne vendirent plus les fruits de leurs terres que pour l'entretien de leurs familles. Le surplus s'écoulait sans doute paf échange. L'exportation des produits du pays fut soumise à l'approbation du duc, excepté le vin. le poisson, le seigle et le froment. Les accusés furent soustraits à la juridiction arbitraire des capitaines do places fortes, qui durent les remettre immédiatement à leurs juges ordinaires, sénéchaux, alloués et baillis. Ou coupa l'oreille aux faux témoins; leurs biens furent confisqués, et leurs personnes vouées à l'infamie. Knfin, de sages règlements abrégèrent les procédures et continrent la rapaeilé des gens de loi.
Nous avons plusieurs foi» nommé le prince Arthur de Bicheinonl. C'est le moment de raconter son histoire, car il va recevoir l'épéc de connétable, et sauver la France avec Jeanne d'Arc. Voici d'abord comment ce grand homme avait été fait chevalier.
Celait à tiennes, en 140!. Toute la ville était en fêle: l'église cathédrale s'ouvrait, décorée de toutes ses pompes, aux flots d'un peuple immense qui accourait en criant : Noël ! Noël ! Dans le chœur, devant l'autel, au milieu des prélats, des barons, des seigneurs et des députés de toutes les villes de Bretagne, on apercevait, sur une estrade, trois enfants, dont l'aîné avait douze ans à peine ; on jugeait à leur ressemblance qu'ils étaient frères. Ces trois enfants se levèrent, ainsi que toute la noblesse qui les entourait, en voyant les prélats s'avancer vers l'autel pour commencer la messe. Une voix appela Olivier de Clisson. Olivier de Clisson parut au bas
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de l'autel, et l'aine des trois enfants vint se mettre à genoux devant lui. Le vieux guerrier breton lira son épée, en donna trois coups sur l'épaule de l'enfant, cl le créa chevalier eu récitant la formule ordinaire. Au moment où le nouveau chevalier retournait à sa place, au milieu des acclamations de la foule, son frère cadet, âgé de huit ans. se leva et lui dit : « Mon fière. notre père nous disait qu'on peut bailler aux autres l'épée de chevalier quand on l'a reçue ; or donc, je vous prie de me la bailler, pour que je l'emploie à la défense de notre bon pays de Bretagne. » Tout le monde applaudit à la belliqueuse proposition de l'enfant, cl le petit duc Jean V, soulevant à grande peine son épée. arma chevalier son jeune frère, qui n'était autre qu'Arthur de Richement. Jamais épée, depuis celle de Du Guesclin, n'avait été portée aussi vaillamment que le fut celle-là!
Arthur était né au château ducal de Succinio, sur la cùtc du Morbihan. Péronil, écuyer uavarrois, fit son éducation militaire. Il avait à peine div ans, lorsque Philippe de Bourgogne, tuteur des enfants de Bretagne, remmena à Paris avec ses frères. « Il étoit si petit, dit Godcfroy, son biographe, qu'il falloit mener le cheval de monseigneur par la bride, ce dont niondit seigneur étoit tout marri et honteux. » Tout petit qu'il était, il ne tarda pas à prendre du service dans la maison du duc de Berry. Son premier exploit fut la répression d'une révolte dans la ville de Saint-Brieuc, qu'il lit rentrer sous l'autorité de son frère.
Dans les démêlés des Armagnacs et des Bourguignons, Arthur fut du parti d'Orléans, comme Jean V. Il prit, avec les ducs de Berry et de Guyenne, Sillé-le-Guillaumc, Beaumonl cl l'Aigle. Puis il vint châtier Saint-Malo comme il avail fait Saint-Bricuc. Retourné à l'armée royale, il lit rude guerre au duc de Bourgogne. On a vu comment il fut pris au désastre d'Azincourt. On le reconnut, sous un las de morts, à sa colle d'armes, et on le mena avec la foule des prisonniers au roi d'Angleterre, qui. le voyant, «en fut plus joyeux que de nul des autres. » Sa mère, qui s'était remariée au roi d'Angleterre après la mort de JcanlV, n'eut pas plutôt appris que son fils était à Londres, qu'elle le Ht amener dans son palais. Elle mit à sa place une de ses dames, en plaça deux autres devant elle, cl fit entrer Richemont. Il donna sans hésiter dans le piège, s'avança vers la dame qui était assise à la place d'honneur, et l'embrassa avec toule la joie d'un (ils qui retrouve sa mère. Sur un signe de la reine, la dame l'invita à embrasser toutes celles qui l'entouraient. Richemont ne se fait pas répéter l'invitation. Sa mère, en le voyant s'approcher d'elle, le regarde tendrement; puis, cédant à l'impatience de son amour maternel, elle se jette à son cou, en disant : « Mauvais fils î m'avez-vous donc descogneue ? » Alors tous deux se prirent à pleurer, puis ils se tirent grand'chèrc.
Arthur était encore à Londres, lorsque arriva la guerre des Penlhiivre. D'une seule voix, les seigneurs ligués le choisirent pour chef: et le déniait-
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dorent au roi d'Angleterre. Mais ec prince ne voulut entendre parler m de rançon ni d'otages. Une prophétie de Merlin promettait la couronne et les plus grandes destinées à un certain Richcmont. Or, Arthur n'était que trop capable d'accomplir cette prophétie. Le roi d'Angleterre n'osa relâcher un capitaine dans lequel il pressentait le sauveur de la France. Arthur put seulement faire, sur sa parole, un voyage en Bretagne. Il fut reçu et fêlé de ville en ville, et dirigea les fortifications de Rennes»
En 1425, l'épéc de connétable étant tombée des mains du comte de Buchan. tué à Verneuil, Charles VII la remit au comte de Richcmont, devenu enfin libre, et déjà regardé comme le premier capitaine du siècle. Jean V, alors brouillé avec le roi, ne consentit pas sans peine à lui donner son frère. C'était rendre à Charles son royaume, cl les Anglais s'en vengèrent sur la Bretagne. Ce fut alors que Suffolk et Warwiek, comme on l'a vu plus haut (1426). assaillirent l'ontorson et Saint-James, el ravagèrent tout le pays jusqu'à Rennes. Richcmont courut naturellement au secours de son frère. Attaquer l'Anglais, quelque part que ce fut, n'était-ce pas servir la France? Telle ne fut point l'opinion de l'indolent Charles VII. livré aux caprices de ses favoris et de ses maîtresses. Richcmont se vit obligé de désobéir au roi pour le sauver; il lui rendit malgré lui les plus Iwlles provinces de son royaume ; et la lutte de cet homme de fer contre cet homme de cire ne fut pas inoins nationale que l'expulsion des Anglais. Il fallait voir l'épéc nue du terrible connétable déchirer les lacs de soie et de relours dont l'entortillaient les favorites du roi de Bourges ! Si, quand son épée ne suffit pas pour cette besogne. Arthur employa la hache ou la corde, faut-il lui en faire un grand crime? La persistance et la fermeté bretonnes *ont admirablement caractérisées dans ce personnage.
Richemnnt lit des prodiges de valeur et d'habileté, à Saint-James et à Pontorson, avec sa petite année de Bretons, de Manseaux et de Normands. Mais le sire de Gyac. digne ministre de Charles VII, l'ayant laissé sans argent et sans ressource à la merci d'un ennemi de plus eu plus fort, il lui fallut battre en retraite, payer ses soldats de ses joyaux, et abandonner la Bretagne aux Anglais. Dans sa fureur, il courut tout d'un pas à la cour du roi. Il le trouva endormi dans les bras de ses favorites, lui dénonça les concussions du sire de Gyac, el lui demanda justice. Charles ne se donna pas même la peine de répondre. — «Eh bien, sire, dit Richcmont, en se retirant, puisque vous ne voulez pas agir, j'agirai sans vous! » En effet, le lendemain le connélablc se leva avant le jour, entendit la messe, et se rendit avec ses gens à la maison du sire de Gyac, près Bourg-Deols. Six hommes d'armes montèrent à la chambre du ministre, le prirent dans son lit, l'attaehèrcnt sur un cheval sans lui donner le temps de s'habiller, et le conduisirent aux prisons du Bourget, d'où il fut bientôt transféré an château de Dun-le-Roi. propriété de la comlesse de Richcmont. Pendant qu'on enle-
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vait le coupable, Charles VII, qui habitait le châleau d'Issoudun. s'éveilla, entendit du bruit et des cris, et demanda ce que c'était. « C'est un service qu'on vous rend,» lui fil répondre le connétable. Et Charles se rendormit. Le sire de Gyac, effrayé par les interrogations qu'on lui adressa, ne sut que répondre, et. au lieu de parler de ses concussions, se mit à avouer d'autres « rimes d'empoisonnement el de sorcellerie. Par le premier, il avait fait périr sa première femme : par le second, il avait donné une de ses mains un diable, sauf à prêter l'autre à Dieu. Hichemont, qui détestait encore plus les sorciers que les voleurs, condamna le ministre comme vendu à Satan ; seulement, par égard pour la dame de Gyac, il ne le (il pas brûler vif. mais il le fit enfermer dans un sac, et jeter dans la Loire, avec ces mots : « Laissez passer la justice du connétable! » Charles VII se fâcha, puis s'apaisa, et enfin se vengea d'Arthur en remplaçant le sire de Gyac par un homme moins digne encore de sa confiance, le Camus de Beaulieu. Sous l'administration de ce nouveau ministre (1428) les fêtes de la cour continuèrent d'insulter à la misère publique el au dénumcnldc l'année : le peuple murmura, les seigneurs et les alliés se plaignirent, et le connétable revint en leur nom demander an roi quand il cesserait de danser sur les débris de son trône. Il fut reçu comme il l'avait déjà élé, avec insouciance el dédain. Kichemontne put se contenir. — «Sire, dit-il au roi. vous voulez donc perdre la France el révolter vos plus fidèles serviteurs? Cela ne sera pas. ou du inoins les traîtres périront les premiers. » Cette scène se passait au château de Poitiers. Le connétable ouvrit une des larges croisées du salon royal, el. se retournant vers Charles VII : — «Sire. luidiMt, que Votre Grâce se donne la peine d'approcher un moment «le celle fenêtre.» Le roi se leva, alla nonchalamment s'appuyer au chambranle de la croisée, puis tressaillit, et poussa un cri d'épouvante et de colère : il venait d'apercevoir son ministre le Camus de Beaulieu entre les mains de deux hommes d'armes qui l'égorgeaient à coupsde dague. Charles voulut s'emporter contre le connétable: mais la cour approuva la sévérité de celui-ci ; el, retombant tout à coup dans son insouciance, le mouarquedit IranquilleimMil à Hichemonl : — «Vous avez raison, puisqu'on vous approuve : mais alors, donnez-moi donc de voire main un ministre qu'il ne faille pas pendre ou élrangler comme les autres. — Prenez la Trémonille, dit le connétable.- — I-a Trémonille ! reprit Charles VII avec unsourire ironique. Soit, mon beau cousin: mais souvenez-vous que c'est vous qui me l'ave/, baillé. caTje le connais mieux que vous, el je ne réponds pas de lui.» Charles VII avait raison, contre son usage. La Trcmouille devint le double fléau du roi cl du connétable. Celui-ci fut disgracié, désavoué, et c'en était fait «le la France, si Dieu ne lui eût envoyé Jeanne d'Arc.
« En ce temps-là. dit I^obineau dans son rude cl naïf langage, une fille de la campagne d'auprès de Vaucoulcurs, en Barrois, qui avait servi dans une hôtellerie, el s'y était accoutumée à monter à cheval el à faire beaucoup
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d'autres choses qui ne sont pas ordinaires à son sexe, entreprit de faire lever le siège d'Orléans, et de conduire le roi à Reims pour le faire sacrer. Kl le fut amenée au roi. qu'elle reconnut au milieu de sa cour, et qui'lui donna le sire de Kaizel plusieurs autres capitaines pour faire entrer des vivres dans Orléans. Elle en vint à bout: les Anglais levèrent le siège, et depuis ee temps-là commencèrent peu à peu à perdre toutes leurs conquêtes (1 » Vit-on jamais de si grandes choses racontées aussi simplement?
Quoique abandonné du roi, Ricimmont n'avait point abandonné la France. Il assembla la llcur de la noblesse bretonne, et il accourait au secours d'Orléans, lorsqu'il apprit le premier exploit de la Pucelle. Il eut le tort de ne pas croire d'abord au prestige de celte lillc inspirée, et ses ennemis en profitèrent pour animer Jeanne contre lui. Mais cet ange exterminateur et cet ange gardien ne devaient pas tarder à se comprendre. Lorsque Jeanne, obéissant aux favoris dû roi, se disposait à recevoir Riehcmonl à coups d'épée : — « Par saint Nicolas ! s'écria toute l'armée par l'organe du bâtard d'Orléans, vous ne valez pas peu, damoiselle ! Mais Hichemonl vaut mieux que toutes les pucel les du monde, et vous ne pouvez mieux servir le roi qu'en le raceommodanl avec son connétable. » Jeanne se rendit àces raisons; et au lieu d'attaquer Arthur, elle le reçut avec tous les honneurs de la guerre, au milieu des cris «le joie «les 1 loupes royales. Tous deux descendirent de cheval; la Pucelle
lui lit la révérence el lui embrassa le genou. « Jeanne, lui dil hichemonl
en la relevant, je ne sais si c'est de par Dieu on de par le diable que vous êtes ici envoyée. Si c'est de par Dieu, je ne vous crains en rien, car Dieu rognoit mon intention et mon bon vouloir: si vous êtes de par le diable, je vous crains encore moins ; et faites du mieux ou du pire que vous pourrez.» Jeanne s'engagea à rendre à Richemont les bonnes grâces de Charles Vil : et le lendemain, tous deux menaient les Français à la victoire.
La seule nouvelle de l'arrivée du connétable avait ouvert les portes de Beaugency. Il délivra Mcaux de la même façon, et battit les Anglai» à Palav. où ils laissèrent deux mille hommes sur la poussière, avec plusieurs généraux. Ces victoires ouvrirent la roule de Reims au roi, qui s'y fit sacrer solennellement (142!)-; mais le connétable et ses Rretor.s n'assistèrent point à cette cérémonie. La Trémouillc avait déjà payé Arthur de ses triomphes par un nouvel exil, et il chercha bientôt à s'en défaire par un assassinat. « La Pucclle, dans le même temps, cassa sou épéc miraculeuse eu l'employant à châtier quelques femmes de mauvaise vie qui suivaient l'armée. » Dieu l'avertissait que sa mission était finie. Elle voulut la continuer, et fut brûlée, comme on sait, par les Anglais (1430).
Cette année-là, il y eut une telle mortalité en Bretagne, et surtout en Léon, que l'évêque de ce diocèse abandonna son troupeau. Les Anglais, qui tenaient le pays d'Avranches. se jetèrent ensuite sur le duché.
Les démêlés de La Trémouillc et de Richemont avaient fini par une guerre ouverte. Arthur avec ses Bretons la menait rudement dans le Poitou. Mais La Trémouille l'avait poussé à bout par mille attentats, il résolut d'en finir avec lui comme avec ses prédécesseurs. Graville. créature du ministre, avait livré Montargis aux Anglais; Richemont le chassa de l'année, cl fit arrêter La Trémouille lui-même près de Chinon. par les sires de Rueil. de Coolivy etdeGuilry. Le favori fui appréhendé au lit, tout vêtu cl tout armé, et enfermé à Montrésor. Charles VII jeta les hauts cris, se calma, et oublia ce ministre comme les autres (1433).
Libre enfin par ce coup d'autorité, le connétable retomba sur les Anglais avec toutes ses forces, et leur (il celle admirable guerre qui ramena le roi dans Paris (1435-1436). Ce fut surtout aux Bretons qu'on dut la reprise de celle ville qui avait élé seize ans la capitale de la monarchie anglaise, et l'expulsion «les Anglais de toute l'Ile-de-France. L'histoire cile parmi ces sauveurs du pays le maréchal de Ricux, le maréchal de Raiz, le sire de Rostrenen. Jean de Maleslroit, Mahé-Murillon, Jean Foucaud, Renaud de Saint-Jean, Vaucourt. Liscouet, Belloseraic, Kennoisan, Budes, La barre. Mcriadcc. Rolland Labbé, Mareuil, Villeblanche, Coétivy, l'Isle-Adam. La- Ktise, Rosnivim n, l'Kspinay. la Haye, Brecard, Eustache Cruel. Couvrait. Simon de Lorgeril, Jean de Broon, Ciffarl, Yemlel, elc.
Ces triomphes n'avaient pas empêché Richemont de terminer en Brclagne un déliai fâcheux survenu entre Jean V el le dur d'Alencon 1451».
Un autre débat, qui lit grand bruit, fut celui de Thomas Connecte, carme de Rennes, avec les bénins1 des dames et les souliers à poulainc des gentilshommes. Jamais, depuis Robert d'Arbrissel et Abailard, prédicateur n'avait joui d'une telle renommée. Thomas foudroyait avec tant d'énergie le luxe et les désordres de la noblesse et du clergé supérieur, qu'abbés et seigneurs, épouvantés ou convertis à son approche, allaient tète nue conduire son cheval par la bride. Les populations tout entières se ruaient cl s'agenouillaient sur son passage. Il refusait tout argent, mais recevait des vêtements pour ses disciples, et des pierreries, des reliquaires, des vases d'or ou d'argent pour les églises. Il prêchait en plein air, sur un échafaud orné de fleurs ou de tapisseries, dans un grand fauteuil, au milieu des fumées de l'encens et du feu de mille cierges. Là, sous la robe de bure, la corde au flanc, le crucifix à la main, il dénonçait aux insultes publiques, il dévouait aux flammes de l'enfer les habits d'or cl d'argent, de soie cl de velours, toutes les pompes immodestes des rois, des princes, des seigneurs, des évêques, et surtout des femmes. Dans son innombrable auditoire, il séparait les deux sexes par des cordes tendues. Il renversait par les rues, à coups de bâton, les bénins qui dépassaient la mesure. Il entrait dans les maisons opulentes, ouvrait les armoires, et jetait au feu les habits de luxe, œuvres de Satan. Il traversa ainsi la Rrctagne, la Picardie, l'Artois, le Pon- Ihieu, le Cambrésis, abattant du souffle de son éloquence leshenins et les poulaincs, qui ne manquaient pas de se redresser après son départ. Enfin il passa les Alpes; il se rendit à Manloue, à Venise, à Rome. A la vue des mœurs de celle moderne Rabylone, sa sainte colère oublia toute mesure Il tonna publiquement contre les mœurs des cardinaux et contre la vie mondaine du pape. Il désigna par leurs noms ceux qui vivaient dans le concubinage cl la débauche. Kn un mot, il prêcha si bien, qu'on le saisit et qu'on le brûla comme hérétique. Celle accusation n'était qu'un prétexte; mais il fallait réformer le clergé ou imposer silence à Thomas. Or, impassible au milieu des tortures, il tonna jusqu'au sommet du bûcher, où le peuple le snlua martyr, en voyant son âme monter au ciel. Le pape Eugène se reprocha, dit-on, toute sa vie le supplice d'un homme qui avait certes moins tort dans le fond que clans la forme.
Plusieurs conspirations signalèrent la lin du règne de Jean V, en France et en Rretagne : l°en France, la conspiration de la Pruijuerie, où entra le dauphin, depuis Louis XI, contre Charles VII, et que la fermelé de Richemonl déconcerta bientôt; 2" en Rretagnc, les derniers complots tramés
• GetlC coiffure était une sorti- de cône orné île dentelles, brodé eu or et en argent, Murent couvert •le pierreries, et à l'extrémité ilui|uel IlolUil un voile de mousseline. Comme ces bonnets étaient Tort lourds, une bride en ruban servait à les rattacher sous le menton. Ces bénins avaient atteint de telles dimensions, que les portes les plus hautes et les plus larges l'étaient encore trop peu pour leur livrer passage Nous avons déjà dit que les souliers à poulaine étaient des chaussures terminées eu avant par une énorme pointe relevée.
contre le duc parles débris du parti de Blois. Jean faillit être empoisonné par ses varlcts. Il saisit celle occasion de s'assurer, pour lui et pour ses héritiers, de la fidélité de tous les seigneurs, chevaliers et écuyers de Bretagne, dont il envoya ses commissaires recueillir les serments dans tout le duché '.
Enfin un procès plus célèbre que toutes ces conjurations vint épouvanter la Bretagne en 1440. et prouver à quel point la dépravation des mœurs et de l'esprit étail arrivée chez les plus grands seigneurs.
Ailles de Uval, baron de liaiz ou Retz, maréchal de France et lieutenant
■ Uni' grande partie de ces serments ont été consigné! dans les Actes de Bretagne t>uelqiie sévère <|ue soit un pareil document, nous devons citer tri tous les noms qu'il renferme. Ces noms forment le tableau le plus complet qui nous reste de la noblesse des ressorts de IM, de Hennés, de Laniballc. de Saml-Malo, de Jugon, de Moncoutour, de Kolian, de l'orrboêt, de Goello. de Tréguicr et de Ix-roi, au quinzième siècle. ( !><>u* suivons l'orthographe de D Moricc.)
NOM. Es II K 001.. — Serments faits par le>dils nobles de servir totalement le duc ei après son deers se* enfants maies de degré en degré, et, a défaut de ces enfants miles, ceux du seigneur de Riibemoni. coulre lou e» personnes, comme vrais héritiers du duché. — G. Le limite illlrr, R. Rorhier. R. Ragucnel. 0. Fencg»'. V de Pleguen, G. de La Haye, J. dus, R. de La Buuexierr, G. Le Sauvaige. R. Brisebois, De Monierfil. J. Du Va-ri.rr. J. Le Rret, R. Chr-ne, Cressart, J. l'iainrlum . J. de l'Espinay, I». Bottais- Bordel, J. de Ij Bouenere. A. Chcrruel, R. de Rouvre, J. de Yaljoicux, H. Fongeray, C. Gnez, R. Gorbon, K. Kon, J. Le Pillooz. R. Ru Vaiirlen . O. Sun. on. J. Guiton, J. Le Jeay, R. Simon, t:. et J. de Saml-Gilles, G. de La Rouexiere, Phelipot de <j.irk » . m. Le Rourdays, G. de La Booextcre. de Kennend, R. Chine, J.dn Hardie, J. do Han, Cillcl le Chantre. A.Godefroy, pour Guy on Dotais. 0. de La Mole. J. 5alHM, R. (destin, pour J. de l'Ieguen, de La Kerliecliay, t. Boutier, Rocel, J. Le Molle, Buflerân, G. L'EveSfae, J. de Guite. J. de La Molle, R. de Chaslcaa-Rncnl , Auf.rov Frrw», R. de Mauny, IMielipol de Qucbriar.
NOBLES DE RENNES. — R de La Rouexiere. J. de Rreillct, 1. de Reaace, G. de PonlronaBli. Bonabes de Texue. R. Boneffant. J. de La Lande, M. d'Aï -igné, R. de La Tousche, J. Le Veier, J. Le Preslrc. I*. de Ruroelt». G. de Corle, P. de Gbani|>eigiié, G. Le Veier, J. Boterel, I1. de lie a tire, I" Boierel de Mnuterboi*l> ( Moodle»a*e>, R. de Rimin, I». de Saint -Aubin, R. de La Tousche. 1». de La Rouexiere, J. Dou Rreill, Y. de Romeiin, R. «r Coavquin, I». de Saini-Pcrn. J. du Brcill. Perinscbari, J. de Saiiil-Gilles. P. de La Koniainr, A. Brunei. J. B-wvier. J.de Li Ripxiere, P. Seneschal, I'. de Unis, H. de Conwaii. P. du Hallay, P. Eslourbeillon, J. Ragaern-I, J. du Gbastelier, P. de Garon. J. île Bourg A. du Rreill, J d'Alcraas.
NORLES DE LAMBALI.K. — 0. de Boishardi, J. de Kermeleur, O. Masrhefer. J. Rrouel, J. Gallabongo. J. d'Adiré, R. Thiries, R. Sulco), J. Chs-mn, J. Piron, J. de Pledran, 0. de La He>aye, M. La Piquarl. P. Couruon, P. Mjhé, G. Gercinn, J. Masrliefain, R. Poulain, J. Girceon, 11. de Trenicrour. R. Hogon, P. Raoul, G. Rogon, P. larit, R. Le Viel, A. Gurende, J. Erliel, R. Varipol, J. Herscoet, R. de La Molle. O. Rmni. G. Coue$|iel. i. Bertholy. i. Le Piquarl, T. Rcroit, 1. Rerart, O. Golel, J. Gosiantm. J. Gaunn. A. l.e MesiaieT. J. de La Vtllcon, L. Gaudin. J. de Brehani, J. Le Gouaz, R. de La Chapelle, P. Le Mestre, P. Tristan, G. de La Houssaye, G. de Carniello, J. de P. Melen, J. de La Goyldaic. J Le Poyeri. J. de Hdion. C. Roquel, N. Guenguen, P. Visdelou, G de S. Niel, i». du Boisgeslio, R. du Boihardi, G. de Cargouet, 0. Léon, R de La Roche, t;. I* tllouchiez, H. Bosihicr, J. Le Mcre, H. Mouloviel, P. Rogan, J. Vaucoulours, P. La Trecte, O. Le Orna;». R. Le Dannez, G. de Lasnir, Le Vesign, P. Ourri, J. de Cargooel, P. Le Denuays, o. Le Fonienajs, R. Cherwrelinst, P. Reruart, P. de Coespel, J. de Couèspede. J. Le Frêle, 0. Irxoy, R. Danoei. G. Le Picart, O. d Argent. J. Le Borgne, i. Halva, P. de Cargouet, J. Cocburcn. O. Tryano, R. de Cocspclle, J. L'Air hevr«quc, 0. CIhklicr, J. île L'Eslancb, J. LeGrani, J. de La Ili.i>l.rie. J. Rabel, J. Abragcin, G. Hellinguen, J. Bourdon. P. de La Goublaye, R. de La Vigne, J. de Langan, 0. Henné, J. de La Chapelle. B. Rebionlt, i. Leenoit, R. de La Roue, C. L'Abbé, P. Mace, 0. Jauio, J. Le Moenne, T. de Pelan, 0. du Rertirr, J. Quêtiez, J. Rolland. O. Hailon, 0. Gervil, P. de La Motte, G. de Cargouet, E. de Hrelrilhc, R. I rvoy. 0. de La Mole. J. de La l'igacoaye. G. Guignever, H. Bosrbier, H. Rouxel, O. Maling. G. Punies, P. Thomas. J. de La Court, J- La Roy, G. Ber- Ibelcmci, P. de Lyfron, R. Le l'oerc, J. Gorardun, P. Rouvel, P. de Saint - Jehan. J. Chapelles, J. Callenier*. R. Helliguen, M. Gourhan, H Crosnier, J. Oinocl, J. Guiomar, J. R- gon. J. Colledi. . G. L Agnel. i. Drogart, G.Guiomar, G. Mode, J. Yaucnuleur, O.de l.a Roue, J. Le Noir, G. Yteruager. A. du Rirlul. t». Derid.
NOBLES DE S.VINT-MALO. — De Ouehriar, J. ,|e Langan, J. du LesrouM. J. «le Vigneue, J. de La Booexierr. J. Hlnganl, O de Lang ui. R. de Melcsse. J. rie La Henegnie, lt. Geslln. P. des Salles, J. Mortee, P. de La Mouille. G. L'Emane. (;. Bernio, G. Le Ra>cle, Y. de Koariduuc , R. de Saint-Pcrn. J. de Saint-Gilles R. «te rV-aoïnoni. T. Du Ghaslel, 0. de Rarnwni. (;. Guesille. R. de Patlhenay, L. HeiwiH. G. Du Gne. G. de Sevipw, Pirdera.1-i la reipiete de O. Ferrier. G. Ferron, J. Salau. G. Bertraii, G. Arduni, J. de INamaogai. B. Tnonuscr, R. 6< Roanne, G. du Tourne!, S. ^lauMisin. «i. Robcit de Sniit-Auhin. i Le i.ar. J. Bonei, J. de Toiiirtt len. A d.
ARMOIRIES BRETONNES
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LA BRETAGNE ANCIENNE 477 général de Bretagne, était, comme on le voit par ces titres, un des premiers personnages du royaume, allié aux familles royale et ducale, mari de Catherine de Thouars, riche à millions à l'âge de vingt ans, seigneur d'une foule de villes, châteaux et paroisses: de plus, versé dans les lettres, les sciences et la religion. Après avoir porté son épée avec honneur dans les guerres, il se livra dans toute sa force à une imagination sans frein, et arriva, de vice en vice, à la religion du diable, celte monomanie du moyen
Coen-iliirr, J. Piederaf, J. |.e Moyne pour G. Gle, J. de Ponielain, J. tir Tourdelen, J. LeCbeuler, J Bohais- Travers, T. de La Cres. B. île LE»pinay. 0. Guesille, 0. Martin, C. de Trcal, J. Robrri, 0. la Pontbrland. J. Bertlielut, H. Toriheril, 0. d Kngoulu-nl, J. Hamee, J. Jaan, J. Houxel. 0. de l 'louer, de l.a Boucxiere. J. de la Pltwmyt, I'. Huilier. I>. Guilio, J. île Hovtioforl, M. QnVitft. C. Madeuc, C Le Jeune. A. Bides, L. Bonelleur, 0. Goussart, J. Maleffanl. de La Chapelle, de Coellegon, J. du Bois-Jagu, A. du Cleyen, B. Espinari, J. Daoiebes, P. Beha, J. de Trevegal, J. Le Boux, G. Nouvel do Boisgle, J. Chamurrr, J. de TreUrt.C. de Lauwy.J. Joeel. J. du Cuiny. C. Dcsneont. xubaiu Le Vojrer. T. Chapaillan. I». LWrcbicr, A. Rigel. B Sorel. R.de Boisgucliriieur, J. de Sainl-Men, U. de CoêtlOfM, P. Joubela, Paien, I'. de La Borne, E. Cort, G. du fuis, C. Garnies H. Champdavoiue, J. I.crel. C. Le Parchcuiintcr. J. Chaurzon, J. de Treurel. C. L'Esrouble, J. des Sale». J. de Saiol-Lin. G. Guille, B. de La Ha»e, J. du Mans G. de QuediILte. 0 de Tre< esson, G. de La Villeaobert, Ade Bodel, P. Bouyer, Godes, G. Le Borgne, J. Gallon. G. de Beloiiau, J. Househier, J. Boiassin. J. de May. G. de Trifue. G. de La Reigueraye, G. du Boisguilienrur. J. de Laubtile, J. de Le/enei. 0. de La Regarnie. J. du Houx, G de Guengo, l>. I. Ksrouble, G. Ilaïuon, J. Beibeion, Rogier, J. I.. Boys, B. de Caille, B. Le Hyiiueiii. J. de Lesenet, B. Le Uuoire, IV de QueneMen. C. Breliaull, B. Pibourt, J. Ouatreulles, J. Aillari G. Meal. Y. du Roiirera) , J. du Ko». J Balays B. de Carné, L de Monceaux, R. de U Voye , Pensel). J. TbehMi. J. Mole, l'.-G. L'Kcuyer. Mire de Beauniout, A. de Lis Ire, G. Vallaise, B. Harel, J Efron. G. Le Genoolla, Y. Le Noir, J. Kereneion. 0. <le Saint-Gilles, M. de Ponielain. K..non de Sainl-Pern, G. La Vigne. M. Le Breton, P. de Langau, G. f r Boé>, I'. Guesille, B. de Saiison, Garrel. Y. île Tuurdelen, M. Piedebu, G. de Line, A. Guerin, G. Meuard, 0. Unroy, J. de Paresirr. J. Le Vtttt, T. de Mauny, O. de La Molle, G. de Saint-Cire, J. Ferrant, J. de» Broses J. Gopil. O. Terron, 0. Guesille, A. Baberai, P. de U Vallée, dn Boais, Breun Sanmiu. R. Rebillard, A. Bavait. A. Guerin, J. Goupil. J -A. de La Ponleraie, C de Landugen, A. de Kergle, Dation de La Degneraie, 0. d'Engoulmit, J. Le Leonays K. Julienne, J. Le Moine, G. Biou. J. do Clialonge.C.de
NOBLES DE JUCON. — J. du Pair. B. du Marquais, E Sauvagel. G. Prigrnl. J. Herconet. G. Rebours. G. Le Garengiere. P. du Borne. J. Guiroel. J. Cadier, J. de L'Or^eril, 0. Le Galles, J Harbel, E Guon, J. Le Garrngiere, G. Le Borgne. P. Oolbes, A. Brun, G Benard, J. Aupioy. J. Riacion, J. Hangoinar. G. de Million, N. Gaill, Le Moene, E. LAbbe, T. de Fontenais, B. Le Vicomte, J. joeelin, T. Volcnre, P. Hayeduranl, B. Beboors, G. Duleu. G. Le Mociine, E. de Million, J. Hayeduranl, G. de llilion, Bouxel, P. U Galeas, P. Hereourt, velles par R. de \a Motte, E. Durlos, C. Die, P. Boillon.
NOBLES DE MONCONTOI'B. — G. de Brehant. G. de Beaurepaire, H. de GirauM, P. Berthelol, G. Hidouv, A. de Plenen J. Guerin, G. du Boetlouxel, P. de Bogar. O. Garnier, G. Boti, J. Thomas, G. Lbastel, P. de kermene, J de Ouengo, M. Le Berruyer, P. Gaudon, J. du Boesbardi, J. Longuespee, 0. Friou. B. La Mintirr. I'. Herrouet, P. de Bogare, If. Gardon, A. Le Rebours, A. Huet, G. du Créa, B. du Gour.y. 0 Gengou, A. Hid»ax. G. Visdelou, B. Jourel, J. lereson, 0. Bernou. E. Coetmen, L. Chaslel, J. Eudin, B. de Brelïelel, 0. Plron, G. Le Blanc. J. Léon, P. de Unnay -Passe, A. Le Moeune. E de La Chaut, G. Hus, P. Vollesle, B. Fnreitier. P. Budes. P. Le Mint.er, G. Buallen. r.. de Vinilliron, J Rualen, J. Chenet, G. Le Moenne, M. Beaumont. Ogier, G. Avallon, G. de Lauuay, P. Visdelou, J. Le Page, P. Hidoux, R. Bollandeaux, G. Beart, 0. de Luillion, O. de Kergnont, G. Ruelle», J. Uuébriar, P. Le Berruyer.S. Visdelou, J. Nepveu, A. Le Borne, G. Nilon, E. Gonrdel, J. des Fosse js, P. Le Bougier, E. Chevalier, R. de Saint-Michel, E. Regnaut, 0. Ferron, G. de Romar. J. de Kermene, G. Le Venoux, A. Gourdel, J. Olivier, J. Gallon, B. Le Chamion, A de Boeenit, P. du Boesbardi, l>asquier Bir|uel, H. Le Seneschal, J. Normand. B. Boschier, O. Le Mintier, P. Gaudoin, J. Le Forestier, G. Bertuelot, R. Visdelou, P. de Quadelac, E. Pellouesel, M. de Kerargrest, 0. Collet, J. de Giraust, (». Morvan, A. Gueheneuc, IL Huet, J. Colleur, H. Budes, J. Booainsl, R. Veillon, G. de Champeaux, J. Chanon, J. Chesnel. L. Domnodaubles, E. de Crasmes, J. Le Fevre, J. Hardi, T. de Denée. J. Hoodry, i. de La Beauté. J. Boullet, J. Moolart, P. de Donia?gne, G. du Gue. J. de Coaymes, J. Bourraaul, P. S.irrcl.
NOBLES DE BOHAN et de POBIIHOET.-H. de Malestroit, E. de Pengreal, J. de Coetlogon, J.de Villeau.lren. C. «le Linderenc, O. de Timadeuc, G. de Launay, G. du Tertre, 0. Le Moenne, 0. de L"A\anchaie, E. Boisfeiliel, J. Chexant, 0. LeCorgne.G. des Desers, E. de Blelin, J. Ralo. J. du Pont. G. Rauloo, J. Thomas G des Buais, J. de la Touscbe. G. Le Grio. 0. guellent, 0 Hasart, P. Beiangier, L. Jenchin, P. de Plnuiaugat, L. de Conellan, \ Jouet-pa«*e, G de Kerbn. F. du Boches, J du Bootti. J (iuiheno, E. de Berbant . <; Fieuryn, 0. de La Chaslfi|aeftir,0 de Bonabbe.G de I ortuban, A. Désirer J. deO'iengo, (,. d'Est un, G Coinn. P. Daen.t;. Guite.
LA B H E T ACNE ANCIENNE.
âge, et aux dérèglements sanguinaires qu'on attribue à l'antique Sodome.
Il débuta, comme tousses pareils, par des prodigalités excessives ; il M donna une garde de deux cents cavaliers, une troupe de comédiens au complet, une chapelle de trente chanoines, enfants de chœur et musiciens, une foule de domestiques vêtus et nourris comme des princes, et qui le suivaient à cheval en tout lieu. Quand il traversait une ville avec cet équipage, on croyait voir passer un empereur suivi d'un cortège de rois ; et c'était à qui
J. de La Vltlrc, Ydouarl-lr-Veuour, Kou-Hun , I». G««orges, R. Chausse, P. I.e Clerc. C. de Poulens. J. de La Tranchai e, 0. Le Moetine, 0. le Coetuban, !.. I.e Vislre, J. Pierres, J. Henry, J. de* Dessers, C. Penerrl. J. Tuai. J. Le Cwrgiic, A. Le Ttxicr, J. Faramus, T. de Cadellar, J. de La Vilieaudren, K. de Liudereur.
NOBLES RE (.OKI. 1.0 — 0. lluterel, S. du Roisgeslin, S. de Kerrenenj. \. Puulart. J. Le Borgne, i . du Vieil-ChastW, K. Reto>, C. Kerqooet, J Harseoet, S. Tolnoarn. A. Lohon, K. TeTein, T. Olivier. C llarplrfesse, 0. Brehel, M Le Lay, Y. de* Chisteaux, J. Ir Petit, O. kerleau, J. Le Feue, C. kerradail, L Cbasaier K. du Bourghlanc, C. Barabes. M. Ccslln. A. du BuMay, A. André, i. du Riasperl, X. Audren. C. Bip*. C. Brient, C . Bcgnaul. J. Galles, Belin, H. Le Chien. B. Trevallir. P. du Hallegol. T. David. E. Martin. C. Lnsth, J Darv'im, J. Leonel, (.ourdou, J. Sroict. J- Le Chat, 0. du Botshili, S. Goured. J . JuqueL, P. 4e 1j Ouessire, J- du Merdy, Y. Le Les, G. Rollo. F roi, E. Philippe», T. de Treflonr, G. Le Cotttaes, J. Goarrrl. G. Ballant, G. Hingant, A. de Bunlhingrin. E. Lorou, G. ColTou. P. Pean. J. de Brebant. i. de Boisguerùi, G. Mallet, G. Grslin, L. Le Chain, J. Rinçant. J. Hoehefort, G. Denis, A. Audre, P. Corre. B. U Beuff.G. de Coutran, i. Conçu, A. Le Moine. J. du Beill, J. I «• Vicomte, H. Pétrin, G. LlVftot, J. Connen, Y. (Gaultier, J Le Mec, J. Phelippc, A- Heliou. J. du Itnishtdreu, E. I»ran, G. Furet, J. Ijp Lay, A. Bollant, E. Pedrioa. 0. I.Ostelier, A. Le Preuisi, 0. de La Xoe, A. Hidriuu, J. de Trongofr, B Peen Chevalier. E. Gaerin, G Cillart, G. Galaes, G. Poental, J. Conain. A. Pcrreiaux. E. Grontnict, C Le Moenne. B. Merlet, J. tiourriez. J. Robert, J. kerergaut. G. Kspivant. B. Le Biwhol, T. Plongier, E. Bobin, E. Gourres, P. Perreiaux, E. ou Buhlay, G. Guillaume, G. Olivier, J. Conen, E. Furet. B. Herscoa» t, Y . leMeur.T. kersalic, P. Geslin.X. Berlou, E. Couvon, J. Le Beuff, G. du Butflay, J Le Ijmtoup, B. de Lamloup, G. du Boesgeslin, S Belaogier. J. Le Bourgeais, J. de Botloy, A. de Murdeles, J. Le Flo, G. Ilalnaut, G. l»oudon, J. Tuai, J. Courra».
A. Derier. G. Le Paige. G. Visdelou, E. Le Vilours, X. Tuai, J. Coursoii, Y. keliou, G. Garrel, G. de La Lande, G. du Bufflay, G. Le Brun, P. Quintiii, G. Cou mou, T. Cadoret, G. Vert, J. du Boesk>eiel, H Teiarl. G. Gronncl, J. Espivaiit. G. Bohuu, A. lia n, G. Ije Gai, Pelan, 0. Le Voyer, de kerrozou.
NOBLES DE TBEGl IEIt ET BESSOBT DEGOELLO. - P RutTaiill-Cbeialier, P. de Coetgoredeo, Le Lrehevoir, B. Conain de Plolta, B. Peau-Chevalier, J. Le Scnesehal de La Vieuville, O. de La Xoe de Pordk. H de Quelen, sire de S. Bihi, J. Le Roui. M. de Pontgloa, E. Conain, P. de kernerhriou, J. Poinces, M. de liste, R. Bouuud, R. Bongouet. Y kervuiou. A. Thomas, X. la? Fevre.G. Cleaumux. 0. Hingant, P. des Portes, B Le Duiir, Y de kerbellee.G, Le Gras, II. Comjiiidie, H. Baher. G. Gouezlin, J. Le Me»tre, T. Denis, p. Le Prizet,
G. Xicol, B. en Lotiel, P. de Bumeur, H. Le Sire, Y de Launay de Plestin, H. Le Disray.G. Bigmloo. P. Heli», J . Trizten, H . Corf de XemaM, Biou Traial, G . de La Lande, G Helori, X . Le Clerc, 0 . Conelon. G . Pierres A de |j Haie, H. de Plugroêz, Rizicr du Dresnay, P. de L'Eslang. i. Coetrieu, J. kerdudonnay, C. du Ponzou. B. I « Burez. A. Traroeur, H. L Esne. J. Martin] 0. Le Flor. A. de Plusrallec, Y L'Espalver, B. Oraux. G. Cuilk*. 0. de kertnenguy. P. Tuai de Plelou, A. Baison, H. de Murhorrr, II. Poenres, P. du Counincr.C. Deuis de Ploha. Y. Le Carloucl, B. Callar, A. L'Esplen, Y. Peuplât, J . Le Boux, P. Gigou, H . Le Galois. B. Olivier, L. AoBei. J Bouyer, A. Alannet, J. Buallen. E. Geslin de Lannitir. J. Begnaud, J. L Esné, G. Passeavam. P. Courre».
B. Foulregard, J. Trenrel, Y. Daniel. J Cuenguen, M. J Cozou, G. «ernart, G. de U Haie. A. Cuilk» du Chaslelier, Y. Percevalx. H. An Lay, J. Reno, P. Rigol. G. Le Feue, B. Huit, E Tralwsset, O Le Corre. J. de LTsIe, R. Cuemaroc. A. de kernirhriou, J. de Hlezvcrzaud, i. Le Long. M. Hnon, 0. Jourdain, J Dcrtcn, J. XifoUs, t;. Le l-ouet, T. de Cahonien. 0. Prines, 0. Tanguy, Y. kerlosland, i. Rretrain, i. de kenmxseii,
H. Le Hallegoaet, G. Poences lils, Johan, J. Le Peliat. P. Coetrieu, J. Baigaigtion, A. Quetnareoc. R. Taillant. J. Le Mareur, Y. Le Daz, G. Mahe. A. du Bonguet, A. Le Mestre, Y. Le Jambu, 1 Monou, A. de kerneveum. A. Dollen, J. de Belle-lsle, J. Hallegouet, G. kerengoz.G. Prines.Y. Du, H. Le Moins, B. de kerouxm, J ■ de kerheder. II. Le Corre, G. Le Coff. 0. Pencouel, B. Le Gai, B. Denieau, G. Huon. E. Boncval, J Le Boaam, A. kervalay, P. GleMtet. J. Huel, C. Breinee, P. Duzir, 0. Boulay, T. Olivier, E. L'Arbaleslner, J Toiinouat. 0. Bachelier. Y Baig^ignon, C. Le llaurzou, Y Saliou. (J. Conano, P. de kennoisen, A- Le RasUnl, Y de
Launav, C, llu A ToribtLs, P. Bliien. L. Bré. J. de keronien, G Le Voyer, 0. keroguy, H. Oelrieu,
G. kerneniguen, J Le Pennée, J. de keraien, G. l'enevalx, Y. Le Moigit, J. Monjourt, 6. le Manret, J de Uunay, G. Colliou, P. de kergus, J de kermeiio, Y Le Brigatit. B. de Botiiar. M. Biou, B (Uietrieu, E. Le Nevoii, P. Let:ollouet. J. L'Ermite, J Meur, J . Fennacb. P. LeTavigoon. J. Clerc. J. Henri, B. I.e BKCpff, G. de kertnelin, J . ker.lauiel, II. TeDOben, J . Jagit, S Hingant. G LeCortar, Y. Prigeut. J. I^reaerl A. Olivier, 1. Toutepres Y Guvomar de liniidrlin. G. I.e Louel, Il >lrnen, A. de La R»i lu -Hikhi, i. du |hvs*>J«.
LA RKETACNK ANCIENNE
viendrait grossir encore ce cortège, car il tenait partout table ouverte et servie des mets et des vins les plus délicats. « Sa chapelle estoit enrichie d'un grand nombre d'ornements de draps d'or et de soie, d'encensoirs, chandeliers, calices, croix, plats et burettes de grand prix, avec un jeu d'orgue qu'il faisoit toujours porter avec lui. Sa vanité l'avoit porté à cette extravagance d'attribuer à ses chapelains tous les noms des dignitez des cathédrales, comme dedoïen. de chantre, d'archidiacre, de maistre d'école, il y en avoit même un qu'il qualilioit evesque. Il Icsentretcnoit tous de grands habits d'écarlate, fourrez de petit gris et de menu vair. Il avoit même envoie vers le pape pour obtenir permission de faire porter la mitre à ses chapelains comme la portent les chanoines de Lyon. » Ses comédiens représentaient des mystères, jouaient des pièces d'amour appelées « moresques, »
fi. Le Lfltjrt, J. Poenres <lu fihastel Au.lren, Il fieoTroy, i. Poèmes de Plolia, I», de kerneoliriou. J. du Mmly, A Robin, fi. de Uaelinec, R. Herrouet, fi . Btrbart. Y. Lésine-». J. fiirouard-fiuignarl, Y. de Coelgoreden. A. Le Vabier. R. Furet. J. Le Panelier, P. Huon, P. Uuelen, J. Le Beost de Ploha. 0. Breher.O Larhrver, J. Le Vaier, R. Taillart. J. Le fiorrer, E. Le Bourhis, C. Muions, J. Le Crozeuv. de Rolezen, fi. du Humeur, M. de keranguen et son père, escusé pour vieillesse, L. Libnron. A. Levain, fi. Fol louas, J. de Boz'.oy. C. Lot, P. de Tuolong, 0. Cœtleven, F. Scliezon, Peiron en Ae, P. Coelalion, J. de Keriiiart|uer, H. Coelnevenoi, R. Dougal, H. Rochuzan, 0. Le Heetiou. Y. Harseouet. J. Salamnn. J Estienne, P. keremprevost. J. Frelly, H Le Henar, J. Nedellec. M. Derian, t. Auffret, J. de La Villeneuffe, M. Le Hozer, P. Le Carbont. Y. Kerasioal. fi. Trevelez, J. de La Rnebe-Huon, H. Le Noir, J. Le Taller, J. Even, Y. Xicol, A. Le Henaff, Y - Nicolas, T. Teranqunet, R. Pinarl, Rolland en Moques, A. Gaultier, Tanguy. J. en fiueguyti, M. de Murhourre, L. Le fihaponier, Y. Le Meur, J. de Ijurmy, T. du Tertre. 6. Boesel, C. de Bodilliean, P. Le Bourihguen. R. Tunumearh. J. de kennelez, A. Pouldouran, C. Henieri. fi. de kerguezee, J. Carantez.fi. Le Saint, i. Le Srerf, Il Loi, M. Rlrhart, J LeBeUee, B. Reliai, J. Charllet, fi. Ilelliat. J. de kergue/er, B. Heuiery. J. Jegou, Y. I.ohou, A. de Keegaeeb.T. Le Servent. A. fiatgualten. Y. keresperz, H. de La Salle, T. Tresel. A. Rolland de Gouellon. de la pamisv dePloenei. P. Oueroper, A. Catguallen, 0. Le Froter. T. Hinganl, G. Menou, fi. Bilzir, Y. de Kermoulsi. Kertiildri.T. Kersalir. A. kerguerh le Jeune, Maistre, fi. Jegnu, J. Merian. fi. Loi, J. de Larmor. fi. le Merdy, L. Bre, II. Wengouet, A. Relier, 0. A. Dollou, F. Le Hallegoet. fi. Kerenroz. II. Uuegner, P. Merou, R. Le Tret, 0. Le Uuemec, J. Kermaree. Y. Kermabon, M. I*e Segaler, Y. kerenglas, fi. Penon, J. Kerguynyou, B Bronion, R. Le Bourgeois, p. Ropcrz, P. Meuguen. fi. Frely, A. Le firis. O. Srlirzoïi, N. kerbourie, J . Kerrouiault, T. U FMI», fi. U Quenel, i. Le Pendu, J. Tudoret, Y. fiarin, fi. Le Penhoet, seigneur de Coet-fiourheden, T. Chieffdubois, seigneur de Ctiieridubois, K. de filileftdubois, seigneur de Coetrevan, R. de Lannuyon. seigneur du firugull, IL de Relle-lsle, seigneur de Tuoopont. P. du Pe> iee, S. de Coetquomer, fi kerenbellee, J. Morire, 0. de kersalliou, J. Le Buyr, II. Ruquimelen. A. P. Marerh, R. kerbu/ir.O. du Pare, A. Treiel, J. kerrncoz, Y. Kergoumarch. 0. Le M»cl, R. l^srafT, 0. dufiouzkaer, H. Kerroenient, J. Kerguelen, J Peiron, (i. Tuonlong. fi. Restrenen, fi fiarentez, A. Heriot, P. Scelmon, fi. Penenhloe. J Lorgeray, A. kerenearn, fi. du Ruguen, H. de Kermellee, R. Sclirzon. 0. Le Halegoet, Y. Millau, 0 Le Mignol. 0. Le Velly, fi. Le fioales, J kereneoz, H. IJuoitgonrhanl, J. Le Pellial, R. du Pareneuff, H. A'anou, N. fiirquel, P. de Owtrieu, J. Brousrar, B. keraer, i. l'aven. fi. du Bois-d'Kon, J. de La Feillee, P. kernevenoy, L. Poniglou, T. du Pin. P. du Pré. Y. de Ploesqueller, H. de Tiiouguindi. Y. de Lorroe, J. fiuales-Meron. J. Ouoelgourheilen. P. Coric, Y. de kerbuzic, R. de Lannyoo, J. Boullon, J. fiolineie. A. Jorewi-Quoitarel, BuUetant, J. Tronslon, J. Le Chenet-Chignot, P. de kernerhriou.
NOBLES OE LEON. - 0 Du (.hastel.fi. Le Veier, M kerasquer, kerouarfi L. Penmarcb, J. kersausen. J. Coetroenerb. H. de kersaudi, S. Helly. de Coetelez, II. kergos, Heligual, Lo. de Mota, O. keraldenet. J. Rorat, A Pileguen, kermeleus, M. Mazeas, Bouredis. R. de Coclquellen, Denis, J. Bozillon, P. niensal. Pkingoez, Sy. Bote, T. de ktrmavan, P. de kerroent. Prigenl de Coetmeneeb, M. de kerpournadech, K. keranguen. a la requeste de fi. fiuillon, A. an Nobletz, a la requeste de Y. Le Barbu. P. de kerguen, M. en Fou, Y. Arnou. A. Mousquen, C. fienerall. II. fiieffruy, fi. fioelanguis, Y. de Poolpri, fi. Madeur, Y. an Mouden, fi. Floeh, D. Morire, Y. Penaneoet, fi. Estre, J. Le Moine, Y. I.e Veyer. J. Bocber, K. keranguen, à la requeste de Y. de kermellur, II. fiui.M'bart, 6. kermelluc. Y. kergent, G, kerenray, )■ Lcvasneal. Y. de La Forest, B de fiuenioxur, P. Tuoumelin, Y. de fioeiquelfen, fi. S>nion, P. Le Neuf, J. de La Boessie. J. de Lesrazoeal. H. S. Denis, S. Jort, H. Juquel, fi. Nuz. A. Boce, Landeheur. fiuentgiie>en. J. Le Ten. Y. de Lisquoeree, Pezear, Y. Mesquer. Il Borhidan, T. Brrt. D. Losquezen, kerlan, 0 fioelivy, H. Landivisiau, Y. de kergonar, 0. filoessieu, A. Ne<lellff, Y Anlfret, J rie kernerhrezien, ('.. Poulroir, H. du fiorbont, J. ker- »an-«en. Y. kerpezron. IL kertneler, N Marhene. D. Morire, Aeln He Rrel . I. II. roi. I34M3I9.)
ou exécutaient des lours de force, avec toutes sortes de parades joyeuses.
Les principaux ministres de ces folies étaient Gilles de Sillê et Roger de Bricqueville, que le maréchal chargea de marier sa tille unique au premier venu. Leurs théâtres hahitucls étaient les villes de Nantes et de Vannes, les châteaux de Machecou, de Chantoeé, de la Suzc.et surtout de Tiffauge, dont le maréchal était seigneur par sa femme, ainsi que de Pouzcauges, Chamhenais, Confnlcns. Château-Morand. Savenay. Lomhert, Grez-siir-Maine, etc.
Après avoir vendu et mangé la meilleure partie de ses terres, Gilles de Raiz entreprit de faire de l'or pour assouvir ses passions croissantes, et se lança dans les plus noirs ahimes de l'alchimie et de la sorcellerie. Il lit chercher en Allemagne, en Italie, par toute l'Kuropc, ceux qui s'occupaient du grand œuvre, ou qui évoquaient l'esprit des ténèbres.
Le premier charlatan qui vint lui montrer le diable fut un médecin du Poitou. « Pour faire son évocation, il s'arma de toutes pièces et entra dans un bois, où il lit des cercles et autres figures capables d'inspirer de la terreur aux âmes crédules; il fit retirer tout le monde, et. frappant lui-même sur ses armes avec son épée, il fit croire que le démon lui avoil apparu sous la forme d'un léopard terrible qui avoit passé son chemin sans rien dire. Il ajouta que ce qui l'avoil privé d'un entretien avec l'esprit malin, c'esloil qu'il avoil manqué quelque chose dans les cérémonies, et qu'il vouloit faire un tour en son pals pour s'en instruire plus à fond. Il demanda une forte somme d'argent pour acheter ce qui estoit nécessaire, cl pour se conduire: et quand il cul pris congé, ce fut pour toujours. »
Cette mystification ne corrigea point le maréchal. Une foule d'imposteurs et de scélérats se succédèrent dans l'antre de Tiffauge, et l'assassinat s'y combinant avec l'orgie, il s'y passa des choses impossibles à raconter. Le plus hardi complice des débauches cl des crimes du châtelain fut un Italien nommé Prélali, qu'un prèlrede Saint-Malo lui avait donné pour un philosophe indien versé dans tous les secrets de l'un et de l'autre monde. Au fond des sourds cachots de Tiffauge, el dans la noire forêt qui s'étendait à l'entour, Gilles offrit au diable une cédule signée de son sang, avec les doigts, les yeux el le cœur d'un enfant encore chaud; il égorgea de s:i propre main des victimes humaines.au bruit de la foudre cl à la lueur des éclairs ; il fit des processions sacrilèges et des cérémonies infâmes avec ses chapelains el ses valets ; il se livra surtout aux raffinements meurtriers d'une lubricité sans nom. l'nc vieille femme appelée la Meffraye. qui portail sur la face un voile nnir, abordait dans les champs les petites bergères el les petits pitres, les entraînait en les cajolant jusqu'au château fatal... et personne ne les revoyait plus. Les habitants les croyaient enlevés par lesmins ou les fées. Mais en vain la mère en pleurs redemandait son fils ou sa tille à tous les saints du paradis. Les oubliettes de Tiffauge gardaient leur proie et leur secret. Cependant elles ne purent le garder si bien qu'il ne transpirât
LA BRETAGNE ANCIENNE. Ski
ail dehors. On cita plusieursenfanls de Nantesqui avaient disparu après a voir été caressés par les affidés du maréchal. Des cris lugubres furent entendus la nuit ; des traces de sang conduisirent vers la caverne immonde. Les plaintes el les investigations se multiplièrent en même temps que les victimes. Bref, on dénonça les crimes du maréchal à Jean V. qui autorisa l'évéque de Nantes à venger la religion, la nature et l'humanité. Gilles fut arrêté et traduit devant 1 evèque de Nantes, assisté en chambre de Jean de Malestroit, de Jean Blouyn. officiai de Nantes, inquisiteur de la foi dans le diocèse, et de Pierre de l'Ilospital, sénéchal de Bennes, agissant pour le séculier. On trouva dans les souterrains de Tiffauge, dans la tour de Chantocé, dans les latrines du château de la Suze, les cadavres uu les squelettes de cent quarante enfants massacrés et flétris. In essaim de pauvres jeunes filles réservées:» la honte et à la mort s'en échappa comme un chœur d'anges arrachés à l'enfer. La tombe garda le silence sur le reste. Mais quand ces découvertes n'eussent pas suffi pour convaincre le maréchal et ses complices, leurs propres aveux n'eussent laissé aucun doute à la justice. Telles furent les monstruosités qui vinrent épouvanter l'oreille des inquisiteurs et dont il nous est impossible de citer le moindre détail, que deux familles souveraines ne purent sauver Gilles, et que le duc Jean V renonça pour lui à son droit de grâce, ce qui lui fait, du reste, beaucoup d'honneur.
Le maréchal fut interrogé dans la tour neuve de Nantes et au Bon (Ta y. Il refusa d'abord de répondre, et traita ses juges de simoniaques el de ribauds. Mais la crainte de la torture et un repentir, sincère ou non, lui arrachèrent « de quoi faire pendre dix mille hommes. » — Il jouissait de la mort, avoual-il, plus encore que de la douleur de ses victimes. Les cris déchirants, le râle de l'agonie, étaient ses délices. Les contorsions des mourants le faisaient pâmer de rire. Aux dernières convulsions, il se jetait comme un vampire sur le cadavre. — Celte confession terminée, il ajouta « avec une grande effusion de larmes, qu'il avoit commis encore une infinité d'autres crimes plus •'normes, attribuant l'origine de tous ses désordres au mauvais gouvernement qu'il avoit eu dans sa jeunesse, n'aïant jamais eu d'autre loi que son plaisir et sa volonté; avertissant tous ceux qui estoient là, qui avoient des enfants, de ne les pas nourrir trop délicatement, de ne pas les laisser vivre dans l'oisiveté, et d'avoir soin de leur donner une bonne éducation. »
Quand on le sépara de Prclali : — « Adieu, François, mon ami, lui dit cet homme étrange, en l'embrassant avec mille sanglots, jamais plus ne nous entrevoierons en ce monde. Je prie à Dieu qu'il vous doinl bonne patience et connoissance. Et soïez certain, mais que vous aiei comme moi patience et espérance en Dieu, que nous nous enlrcvoyrons en la grande joie du Paradis. Priez Dieu pour moi cl je prierai pour vous. >»
Gilles fut condamné, le 25 octobre 1440. à être brûlé vif. Son exécution fut un événement public. Les pères et mères jeûnèrent trois jours pour lui
Ut
58i LA BltfiTAlîM* ANCIENNE.
obtenir la miséricorde divine, cl rouillèrent leurs enfants en souvenir de relie* grande expiation. Tous les ordres religieux de Nantes, précédant mu l'un le immense, accompagnèrent proccssionncllcincnt le criminel à la « préen de la Madelaine. LÀ, il fui attaché à un poleau, étranglé et livré aux flammes. . Cependant on ne laissa pas consumer son corps, le duc ayant permis qu'on le déposât en terre sainte. Or, devinez qui se chargea de rendre les derniers honneurs à cet illustre monstre? « Quatrcoucinq nohlesdamoisellcs vinrent osier le cadavre du hùchcr. l'ensevelirenldeleui smainsel le tirent porlcraux Carmes, où, après des obsèques magnifiques, il fut inhumésolennellemcnt. » On se demande si ccsdainoiselles étaient des Aspasicoudes vierges sages!
«Ou voit encore aujourd'hui, dit Guépin. sur les ponts de Nantes, en face de l'hoslel de la Boule-d'Or, les restes d'un monument expiatoire élevé sur le lieu du supplice de Cilles de Retz, ("est une niche dans laquelle se trouvait la statue de la Vierge, connue vulgairement sous le nom de bonne Vierge de Crée-lait, que la niche a conservé, quoique la statue n'existe plus, l ue croyance populaire lui accorde la vertu de donner du lait aux nourrices, el l'on y voit de temps en temps du beurre cl d'autres offrandes. »
Mille traditions populaires ont gravé dans la mémoire des Bretons les souvenirs sanglants de Cilles de Raiz. Le conte de Barbe-Bleue n'a probablement pas d'autre origine que ces traditions.
Jean V mourut deux ans après celte mémorable affaire.au manoir de h Touschc, près de Nantes (1442). La première vertu de ce prince élail la dévotion. On a pu en juger par ses vœux multipliés. Il fit aussi beaucoup
JuW lia l \ • i
de pieuses fondations, entre autres Notrc-Daine-du-Folgoèt. dont nous
dirons plus loin la touchante origine (1422), et dont la chapelle est un chef-d'œuvre d'architecture gothique.
On a vu que Jean V n'était ni très-brave, ni très-fidèle à ses alliés ; mais il se fit aimer de ses sujets, et mérita le nom de Sage, en réparant les Tantes de ses prédécesseurs, et en maintenant la Bretagne en paix et en prospérité au milieu des guerres allumées tout à l'enlour. Le chef-d'œuvre de sa politique fut de ménager l'Angleterre tout en favorisant la France, et réciproquement. — rétablissant toujours l'équilibre en passant d'un parti à l'autre.
Il se montra tout aussi adroit dans les débats du grand schisme d'Occident. En reconnaissant le pape romain, tandis que Charles VII reconnaissait le pape français, il s'assura l'appui de la cour de Kome contre les prétentions de la cour de France. Aussi, lorsque parut, en 1459, la fameuse pragmatique sanction de Charles VII, qui fixait les limites de l'autorité des pontifes, cl confirmait les immunités de l'Église gallicane fondées par saint Louis en 1268, tous les évèques de Bretagne, adoptant le motif national de leur duc, refusèrent de reconnaître le nouveau règlement, — à l'exception des évtques de Rennes et de Nantes, considérés seuls en Bretagne comme membres du clergé gallican. Jean V ne se rendit pas moins cher à sa noblesse qu'à son clergé et à son peuple; il comblait dans toute occasion les gentilshommes de présents et de faveurs. Doué d'une bonne mine et d'une belle taille, il aimait les beaux habits et les beaux meubles, cl s'entourait d'une cour brillante. Tout au rebours de Charles VII, il faisait tout par lui-même et n'admettait aucun favori. Aussi se montra-t-il habile autant qu'indulgent dans son administration. Le plus grand service qu'il rendit au pays fui de le purger des dernières compagnies et de faire respecler les propriétés par les gens de guerre, dont il réprima les habitudes d'indiscipline et de pillage. Enfin, il étendit le commerce de la Bretagne par des trailés avec les peuples de la Hollande, de la Zélande et de la Frise. Cela ne vaut-il pas bien des victoires et des conquêtes?
A mesure que la Bretagne se rapprochait de la France, elle ajoutait à la force de celle-ci en lui envoyant de dignes successeurs des Du Guesclin, des Clisson, des Du Chastel, des Arthur, etc. La liste des illustres serviteurs fournis par Jean V à Charles >ftl serait interminable. Nous devons cependant citer les Prégenl de Coëtivy, et surtout l'amiral de ce nom, qui défendit si vaillamment les côtes de France contre les vaisseaux anglais.
Jean V est le dernier duc qui ait laissé des enfants mâles. La couronne va passer bientôt à des frères, à des cousin.-, à des filles, et enfin à la maison de Fi ance, qui absorbera du même coup la dynastie et le duché.