‹ La Bretagne ancienne et moderneChapitre 73 sur 103 · ÉTATS DE BRETAGNE — PARLEMENT · texte numérisé non relu

ÉTATS DE BRETAGNE — PARLEMENT

L<*s tableaux du clergé, de la noblesse et des communes vont se com-

1 Ou M |H>urm juger par les prix des étoiles et des fourrures .i Nantes, sous François II el Aune de Bretagne. Le drap d'or roulait 'JO livres l'aune (équivalant à 1,800 franc» d'aujourd'hui). Les raunetlcs de fil d or et d argent, de Venise, 48 livres la livre en poids — Le drap d éearlale, 20 livres lutine 400 fr.iix'. — |.fs hermine». 10 livres la douzaine ("2(10 francs), il en fallait cinq douzaine» potir l'habit dm al — Le velours noir, t."> livres l'aune 3O0 franc j. — Le damas, H fiants l'aune. — Le satin, 10 livres i ->0U francs i. — Le drap fin. 15 livre» (3U0 franw) ; inférieur, 14, 10, 6 el 4 livre» — Le bougren, 10 sou» — Le lilauchet, 'JO M.ns . on en revèliil les pauvres aux urandes fun. raille.

plélcr par celui des Étals, qui réunissaient ces trois ordres, et qui résumaient pour ainsi dire toute la Bretagne.

Il est incontestable que les Étals ou assemblées du moyen âge. sont le prototype de nos gouvernements parlementaires, et qu'à cet égard encore nous n'avons inventé que des mots. On a vu, par tout ce qui a été dit de* Étals de Bretagne, qu'à l'égal de nos parlements actuels, ils volaient exclusivement les impôts et les levées, faisaient et défaisaient les institutions et les lois, connaissaient et jugeaient en dernier ressort les actes du souverain, l'empêchaient au besoin de quitter le pays, comme Salomon, l'exilaient et le rappelaient, comme Jean IV, réglaient, en un mot, ou contrôlaient toutes les affaires d'état. N'est-ce pas là ce que fait aujourd'hui notre chambre législative, avec beaucoup de bruit et de paroles, il est vrai: et à cela près que le roi peut la dissoudre, ce qui était interdit au duc de Bretagne.

Les Ktats naquirent chez les Gaulois le jour où la tribu éleva son cher sur un bouclier, et. plantant une épée dans le sol, délibéra sur la paix ou la guerre. — Les Ktats de Bretagne se réunirent longtemps, sans règle, au hasard des circonstances. Ils s'appelaient alors Assises, mot expressif pour des guerriers toujours en marche. Puis ils devinrent réguliers et périodiques, et reçurent le nom de Parlemekt, d'États. On n'y vit d'abord que les possesseurs de fiefs, ecclésiastiques et laïques. Bientôt les évèqucs et les abbés y siégèrent en vertu de leur dignité même, y formèrent un ordre à part, et s'arrogèrent sur les autres une préséance qu'on ne leur enleva jamais Si peu nombreux qu'ils fussent, ils balançaient toujours les nobles, quand ils ne les dominaient pas. Il est impossible de fixer au juste l'époque où les député.- des communes( depuis, le tiers-état) entrèrent au parlement. Nous les trouvons désignés pour la première fois aux États de ir>(M>, sous Arthur II, et depuis, sans interruption. Mais cela ne démontre pas qu'ils fussent exclus des Étals avant le quatorzième siècle. En tous cas, même antérieurement, les communes bretonnes étaient représentées par les seigneurs «le qui elles relevaient, et avec d'autant plus d'efficacité, que leur droil de s'administrer elles-mêmes n'eut pas permis de négliger impunément leurs intérêts.

Les Ét^ts de Biietagne se composaient donc du Ceew.ë, de la Noiilesse et du Tieiis-Ktat.

Le clergé y envoyait les neuf évèqucs bretons, trente-huit abbés (et. jusqu'à ITnion, quelques prieurs), les députés des chapitres des neuf cathédrales, et ceux de la collégiale de (iuérande, à cause du siège donné à celte

1 Hu m Imgtcflipi jvaiil c.Uc « |><m|iii-. on |>. ul lil. i . «lit hYvin. le savant auteur <lu • Droit public en Krrtajtni*, .. l'acle ■!«■ translation itc l'abbaye «lr\ iHmcuvc, laite, eu lailfi. • pu (,u\ .1. TluMurv 4 ..m te ilr Rrcl.itfiic, île l'avi> cl «le I i---eiilmh iil flc> r-tèiini**. <!■'* I>arnit«. «Ii'n v.iv,i>M'iir-, cl «le ihj» aiiliv

Itoinnin <li- lirctaiciM? Ujur pt'iivral être i x» nul iv* liomuic*, ninon le> buui ({fi>î* <l> ■» riH» !

ville par Nominoë. Chaque chapitre n'avait qu'une voix, quel que fût le nombre de ses députés.

La noblesse était représentée par les barons1, les bannercts. les chevaliers et les écuyers. Il ne suffisait, pas dans les premiers temps d'être gentilhomme pour entrer aux Etals. Quelques fiefs même donnaient le droit de présence sans le droit de vote*.

Ce ne fut qu'assez longtemps après l'Union, que \a noblesse, sans possession de terre, donna l'entrée aux Etats". Pendant les divisions de la Ligue, lorsqu'il y avait en même temps les Etats de Nantes et les Etats de Hennés, chaque parlement voulut se grossir en facilitant l'admission On arriva dès lors aux Etals, avec le seul titre de gentilhomme. On alla même jusqu'à fermer les yeux sur l'âge. Mais à mesure qu'on se relâchait de l'ancienne sévérité, on découvrit, dans les rangs parlementaires, des intrus qui s'exemptaient ainsi de lourds impôts. De là les réformations de la noblesse, se renouvelant de règne en règne jusqu'à Louis XIV. Il fut exigé, sous ce prince, pour siéger parmi les nobles, un siècle de noblesse et l'âge de vingt-cinq ans. — Mais on ne put guère exécuter ce règlement dans toute sa rigueur.

Le nombre des villes que l'histoire nous montre députant ces Etats a varié deux fois au moins. Nous en trouvons d'abord vingt-trois: Hennés. Nantes, Saint-Malo, Dol, Vannes, Qllimper, Saint-Bricuc. Saint-Pol-do- Léon, Tréguier, Redon, Ploermol, Fougères, Dinan, Lamballe, Hcnnchon.

' Pour lt! nomhrcel l'organisation des haroimic* bretonnes, on peut retourner à notre chapitre VII Les grandes b-ironnies rcslèrcnt probablement fixées à neuf, afin de balancer exactement le corps des érêqucs. Les neuf barons furent d'abord ceux de Fougères, de Penthièvre, de Ponlchàlcau, de Léon, de Vitré, d'Ancems. de Chiilcaubrutnd, de la Roche-Bernard et de Rail. La Roche-Bernard et Vitré se leunirent bientôt sur la même tète, ainsi ipic Pontchâïcau et Léon. Fougères el Penthièvre se fondirent dans le domaine ducal Uinan fut |M>iié aux Laval, qui avaient absorbé déjà la Roche-Bernard et Vitré. Brer.il ne resta plus que quatre barons au quatorzième siècle. Pierre II en créa trois : Derval, Malestroit el Qui ni in; et bientôt Avaugour el Lanvaux complétèrent le nombre de neuf.

Nous avons déjà dit que le baron de Bohau-Léon el celui de Laval-Vitré se disputaient h piév-ance aux Fiais. Celte querelle dura des siècles, et enfanta des monceaux de mémoire».

* l/Cs possesseurs de ces fiefs réclamèrent hautement, lorsque des roturiers, acquéreurs d > fiels ayant le droit de vole, vinrent siéger au-dessus d'eux. — Ce fut alors que Pierre 11 voulu), comme 1 avaient déjà tenté quelques ducs, interdire aux bourgeois l'achat des lerres nobles. Mais aussitôt le prix de celles-ci baissa tellement , qu'il fallut laisser aux bourgeois le droit d'achat, que leur donnait •'Xpressémeut la vieille coutume île Bretagne. On se tira d'affaire en les pressurant sous ce double impôt de mutation, qu'on appelait le Raihit, et qui remontait jusqu'au règne de Jean le Roux. Mais les bourgeois, assc* riches pour se racheter ainsi, continuèrent d'escalader le parlement.

1 Ce fut aussi après l'Union qu'on vit reparaître sur les listes de la noblesse bretonne le titre de comte, supprimé, comme nous l'avons dit, en même temps que les comtés souverains Depuis lors, les durs seuls avaient porté ce litre en Bretagne; les Rohan eux-mêmes s'étaient appelés simplement vicomtes; et les Bretons qui s'intitulaient comtes ne pouvaient le faire que comme gentilshommes attachés à la France, et non comme nobles de Bretagne Parmi les familles qui reçurent ou gardèrent aux Flats le lilrc de comte après l'Union, nous trouvons les Clinton (de Vougervy, desMorandais, etc.). noble* d ancienne extraction, inscrits sur les monstres et les actes du treizième sièrle, cilés parmi les • ornpagnons du prince Richard à Paris en 1419, dépouillés de leurs biens par Anne de Bretagne en I4R2(D Monre, Preuves. I Mil. el qui fournirent un commissaire du roi aux Fiais en 1789

LA ItKK r Ali NE MODE UNI-.

Morlaix. lîuérande, Gtiingamp, Qiiimpc.rlé, Vitré, Mont fort, Malestruil H Josselin. [MllS lard, nous voyons arriver La lluerelie. Hédée, Le Croisic, Anceuis. La ftoclie-Bernard, Chateaubriand, Hlniys, Aura y, l'onlivv. Concarncau, Carhniv, Lcsncven, Landemeau, Lannion. Quintin. Moncontour, Brest, Lorient cl Port-Louis. - Ce « j t ■ ï porte le lolal à quaraulcrinq. Peu importai! le nombre «les députes du tiers-étal, chaque ville n'ayant qu'une voix dcliliérnlivc, comme chaque chapitre. Henné», Nantes, Sainl-Malo, Vannes el .Morlaix envoyaient ordinairement deilS députés1.

Les communes rurales étaient représentées aux Liais par leurs soi uneiirs, — cl n'en étaient le plus souvent que mieux défendues. — Nnns iivous ilil quelle eomiiHiuaulé d'inlérèls. ou plutôt de propriété, le régtmr < onjjéahle établissait entre le titulaire du lief cl les colons. Fil d'ailleurs l'évéquc qui présidait rassemblée nationale n 'était-il pas souvent le Md'un simple villageois, un de ces pauvres Uoër si vénérés dans leur-; fa-

milles, et qUe la religion élevait du toit de chaume au dais épiscopal 1 Le duc ouvrait et présidait presque toujours les Etats en personne. Il

• l.rs VA'Mi ti'jssPinbbieiil lotis les ans (?>:ins cont|ilor le» assemblée* eilnordïnairm oh • nrtiM htirts») le* trtiiws tt»* iWînrpnl Ifî^itnaik^ rpritllGSO Lo Ant inili>|imt lr lieu «tria TÏiini«>n Rt-unc'

LA UllETAl.NL MtHUSRXE Ô7!>

s'y rendait avec la plus grande pompe? an milieu île lonle >a coin . Il sicgeait sur un Irùue couvert d'uu dais, eu Ire les princes el le chancelier, ayant à ses pieds le président de Bretagne, ses ministres et ses grands ol'li «ors. A sa droite, après le chancelier, se plaçaient, eu vertu tic leur préséance, lesabhéset les évoques; puis, lesdépulés du tiers-étal, séparé» du clergé par une barre. La noblesse occupait la gauche du duc. Aux pieds des barons étaient les conseillers-clercs du parlement (cour de justice), aux pieds des évoques, les conseillers laïques; dans le parquet, les gens de la chambre des comptes; au cenlre el aux issues, le prévôt, ses lieute liants et ses archers. Kn l'absence du duc, les évoques de Dul, de Nantes el de llcnucs, se disputaient la présidence des Kluls. Chaque ordre avait son président particulier; ceux du clergé el de la noblesse occupaient des sièges élevés sous un dais; celui du tiers se tenait plus bas, sans autre dis liuclioii qu'un accoudoir de serge verte Hennés el .Nantes avaient l,i préséance sur le tiers-étal '.

Vitré, Fougères, Nantes, Auccnis, Cuéraude, Vannes, Redon, Dûmii, l'IoSrme), cjumipeilé, Ijuuu per, Tiéguicr et Saint-Rrieuc, mil revu le* F.lals de llietigne Li convocation so faisait ordiiiiiit ineul ,i U lin de septembre |iir lettres ducales Les communes élisaient leurs députés. CM présence des gouverneurs des villes, Li session dui.iit duo mois à deux uni», <|ii< l<|ija-loi> plus longtemps — Le» membres des Étais n'étaient |K>itil défrayés de leurs dépenses. Un ne pouvait les arièici ni les poursuivre pendant la session, ni quinze jours avant ou après Les olliriers appoiulés de» États élaienl le syndic el ses substituts , le greffier, le trésorier, le liéraul, le maréchal des logis, el le prévôt île» marchands — Le héraut porlail une colle d'armes de velours aux arm -s de lli élague jus qu à Chu les VIII, et ileDrelague el de France , après l'Union il avait li garde des meubles el des tapi-seiic-. el préparait « le théâtre el les amphithéâtre*, » les estrades, les dais, les I mit uils et ta «baise- |NMU les olliciers et les membres des divers ordres

' Nus vieux historiens se plaisent à détailler le cérémonial des Élit s C'est à eux qu'il l'aul demnidci ces descriptions, qui donnent une si juste idée des m.iurs anciennes Voici ruminent PmiÇUII II. I< dernier duc, se rendit aux États île Vannes eu 1H>2 « On vit d abord sortir des châteaux de l'Cruum les archers du duc avec des habits enrichis de broderies d'or et d'argent, armés de leurs vou.es ensuite les trompettes el autre» méiieslriers; après eux un grau I nombre de héraulls, deptHirsui vaitts, d d'autres ofliciers d'armes, tant du duc que de plusieurs autres seigneurs, levûlu» chacun ■l'une cotte d armes chargée de celles de sou maille eu broderie d or eu eu éiu.iil. l'uis nianhoiciii les gentilshommes de la maison du due ; après eux, les éveques et les aidiez , suivis des scrgcnl , d arme» |Mirlanl leurs masses d'argent et faisant faire place, aussi bien que les huissier» de ibaïubrc, qui marihoicnl après eux, portant en nain des baguettes, qui estoient la maïquede leur ollice Th<«m i de Ouchriur, premier écuier, paroissoil ensuite, porl.ml le chapeau de paremeiil de l'i scurie el I éjh'e .lu duc, enrichie d'or et de pierreries Après lui marchoit Je m, sire du l'ont -l'Abbé, porl.ml le «cl de iomI du due, sur un carreau très-riche, garni de pierreries Cet ollice app.irtcuoil de droit au -ne dt Cueuuué-Cuengamp; mai*, cnuime ce dernier estoit mineur, âgé seulement de qu il or/.e MM, el déplumalade, ses pirents prièrent l'ont -I Abbé de suppléer pour lui, ce qu'il lit avec l'agrément du dm Apiè» lui marchoit Guyon de Ouclenee, bis île l'admirai, porlaul, sur un riche baslon, le bonnet du duc, fourré d'hermine Le duc suivoil imméilialcuient, r. veslu de son grand iiiuileau niai, aussi lourré d hermine, dont le eomle de Laval et le sire de La Roche-lleruard souslenoienl les deux co-tez . Il queue esloil portée |kii le sire de llcrv.il et île Chaslcau-Ciroii, premier el grand eli.iuibell m Itéré dilaire de Itrelauue A < oslé du sire de Dit val estoit messire Henri du Jueli, lequel, par un privilège paitkuhci accoidé à -e- ancêtres, devoil porter le miiile.iu du due, quand il n'en esloil pas ic\e-lii et I .itou à lui à la Un lie- F. -lat- Comme le due e-loil n sr-lud. -ou uiailleau, le -Il e du .lin II le poiUul .pi un i h ipvion fourré sur le lira*, pour marquai -on otllrc Derrière eux m m lioicul le ilnn "•hei .-n iidni roui b- Mie de vjil- iioii mu -In! 'le Bretagne, le 1 nlr du Pou a lourd .•

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Les matières en délibération, e'est-à-dirc les luis, les impôts, les levées* les comptes, en un mut les affaires d'Etat, étaient discutées entre les troi> urdres. Tous truis volaient séparément, sous leurs présidents respectifs. Dans les grandes occasions, le vole était secret. L'unanimité des trois ordres était de rigueur. Le président du clergé proclamait le résultat des délibérations.

Depuis le règne de François 1" jusqu'au règne de Louis XVI. les commissaires du roi ou le gouverneur de la province remplacèrent aux Etals les anciens ducs. Le roi lui-même alla les présider deux fois. Voici quelle fut, sous le régime français, la constitution des Etats de Bretagne. Cet exposé rapide expliquera ce que nous dirons tout à l'heure des troubles parlementaires et populaires sous Louis XIV, Louis XV, Louis XVI, et l'attitude des Bretons devant la révolution de 1789. — Les trois ordres restèrent les gardiens exclusifs du sang, des deniers1, des privilèges et des franchises des pays, soumis aux mêmes devoirs cl armés des mêmes droits que par Je passé. Le nombre des villes députant demeure de quarante-deux. Les commissaires du roi maintenaient le règlement, présentaient les demandes de Sa Majesté, recevaient les représentations des Etals et les reportaient au roi. L'évèque diocésain, ou l'aîné des évèqucs, présidait. Le clergé ne pouvait se représenter par procureur. Les chevaliers de Malle siégeaient avec l'épée. Les deux premiers ordres continuaient d'élire leur* présidents et siégeaient suivant l'ancienneté de la noblesse. La présidence du tiers appartenait au sénéchal du ressort où se tenait l'assemblée. Mais les bourgeois finirent par élire aussi leur président, pour enlever celte place aux gentilshommes. Les trois ordres se partageaient pour leurs travaux : en commission des finances, chargée des comptes de la province;

Tannegui dll Chastel, alors grand maître d'hoslel, qui port oit le baslou haut sur l'épaule. La marche esloil fermée par un grand nombre de conseiller*, lurons, kinnerel*. chevalier*. escuiers cl autres des Estais. »r— D. Morice décrit ainsi la salle des filai», après I union à la France Rica n Y-Uil changé à l'ancienne décoration : il n'y avait que les Heurs de lis de plus « C'est une crande salle où l'on élève un théâtre, auquel on monte par plusieurs degrés. An Tond de ce théâtre est un grand dais de velours violet et blanc, orné de fleurs de lis jaunes sur le fond violet, et d hermines sur le fouit blanc, avec des franges de soie de mêmes couleurs. Sous ce dais sont deux fauteuils, l'un à droite. |»our le président du clergé, et l'autre à gauche, pour le président de la noblesse. L espace qui reste dans le fond de la salle est garni de bancs couverts de tapisserie, sur lesquels sont assis, du coté de l'évèque qui préside , les autres évèqucs de la province; du coté du baron qui préside , les autre» barons et d'anciens gentilshommes. Dans le retour de chaque côté, sont des bain s élevés les uns au-dessus des autres en forme d'amphithéâtre »

' Des deniers surtout, qu'ils défendirent jusqu'au fond des prisons et devant la hache des bourreaux, sous Louis XIV. Louis XV et Louis XVI. Les ducs et les rois les plus absolus ne parvinrent jamais à lever impunément les moindres impôts en Bretagne sans le consentement des Klnls Toutes les hd qu'ils le tentèrent, le pays se souleva, et le parlement fut incorruptible C'était là le pilljdium nalion.il : Mauclerc se perdit pour y avoir touché ; se* successeurs profitèrent sagement île sou exemple : r< à ce pnvijége sacré du pays, ITnioii ne put rien changer en droit, » sons quelque couleur que tt fut » Les paroisses elle même* ne pouvaient s'imposer la moindre cotisation, pour l,i ron«tnsrtia* de h iirs relises ■ et mires besoins rmiinmns. >> sans l'aven rlu parlement

commission des baux et adjudication, chargée des fermes générales et particulières; commission du commerce et des ouvrages publics, doul le nom seul explique les fonctions; commission des impositions; des étapes et casernements; des domaines et contrats; enfin commission des contraventions, chargée des remontrances et doléances à faire au roi sur Ici droits et les liherlés de la province et l'exécution du contrat passé entre la Bretagne et la France. Toutes ces commissions, et surtout la dernière, étaient en dépulalion permanente auprès des commissaires du roi; ou verra qu'elles savaient défendre, au prix de leur sécurité, au prix de leur vie, les derniers lambeaux de la nationalité bretonne.

La cour de magistrature et de justice, érigée par Alain Fcrgent et confirmée en 1485. fut nommée, comme les Etals, parlement, parce qu'elle émanait en effet des Etats. Nous avons dit plus haut sou organisation. Le parlement de Bretagne ne fut rendu permanent qu'après l'Union, sous le roi Henri H. Ce prince en miligea l'indépendance en y incorporant quelques magistrats français. Il y avait alors deux chambres de parlement . l'une à Bennes et l'autre à Nantes. Mais Bennes finit par les absorber toutes les deux, lorsqu'elles fureut déclarées sédentaires. Leurs premiers actes, eu ce temps-là, furent ; un don de vingt mille écus à Henri 11, la substitution du français au latin dans les actes judiciaires, et la confirmation d'unédil royal déclarant que les fonctions déjuge et d'avocat ne faisaient point déroger la noblesse. C'était l'anoblissement du barreau et de la magistrature.

SCIENCES. - LETTRES. - IîEA I X- ARTS.

La Bretagne a donné aux sciences, aux lettres et aux arts , pendant lesdouzième, treizième, quatorzième, quinzième et seizième siècles, Marhodus [Marbœuf), évèque de Bennes, orateur et poêle, auteur des Pierres précieuses (1144); — Abailard, dont nous avons dit la gloire; — Guillaume l'Armoricain, auteur des Gestes de Philippe-Auguste; — Pierre de Dreux, célèbre en son temps par ses poésies; — Hervé de Broyé, carme de Léon, poète et orateur (121)2); — Nedellec, de Morlaix, général des dominicains, auteur de divers écrits de controverse; — Henri Itohic, célèbre jurisconsulte qui professa le droit à Paris (1520) ; — Cîuillaume de Saint-André, donl nous avons cité le poème sur Jean le Conquérant ; — Guillaume de la Ferenue, auteur des Cette* des Bretons en Italie; l'Homère de Bertrand Du Guesclin. que les uns appellent Cuvelier, les autres Truellei ; — Jean Boutciller. auteur de la Somme rurale*; — l'Anonyme de la Chronique dr Sainl-Brieuc ; — Pierre Kt-rmainguy, docteur en Sorbonue, auteur d'une Mis

' Oui écrivit dans mhi testament : « Veux et ordonne que. moi trépassé, soit au plutosl qu'on pourra commencé à dire et à célébrer nuises pour l'âme de moy, par un soigneur île pre-Ire le plu», demi que à conscience on pourra trouver, lequel dira el célébrera «nilant de ines^ei rie toorirn . et i biM'un jour une, comme je nuroy vécu d'un» « ' Miorcec de Kerdanel, Notices i

Mi LA BU ETA UNE MOI» bit .NE

toire ecclésiastique, de Y Histoire dis carmes, etc.; —Yves le Grand, autllônk'l de François 11, auteur des Mémoires sur le Léonnai*, —Alain de La Hoche, prédicateur renommé en France et en Allemagne; — Jean C.rez. Robin Fouquet, Colinée et Etienne Larclier, premiers imprimeurs de Bretagne .'• Loudeacet àNantes;— Pierre Le Baud, l'historien protégé par la reine Anne. — Jean Mesehinot, de Nantes, son poète ordinaire, auteur des Lunettes des princes, surnommé pour sa mélancolie \cliannyde lijessr; — Anne de Bretagne elle-même, dont nous avons signalé les Mémoires, et dont Motifaucoii noti^ a conservé les Lettres en vers latins'; — Alain Bouchard» auteur des (îrandc* Chroniques et Annales de la Bretagne depuis Urulus jusqu'il l'runçois 1 / . historien peu scrupuleux, mais digue écrivain de la langue de Marol et de Bran tôme; —Guillaume le Cruel, biographe du connétable de Richcmonl — Nou> citerons encore, pour aller jusqu'à la lin du treizième siècle,— Jean Picard, auteur des Trois Miroirs du monde; — Egrusiel Baron . jurisconsulte léonnais, surnommé par Cujas le Yarron de la France; — Olivier Goliin.de l'aimhœuf, auteur du Mespris et Contemnement de tous jeux du sort . en neuf chapitres \ espèce d'enquête sur les ruses et les fourberies du jeu ; les Penfenlenio (Cheffontaincs), savants légistes de Léon ; — Noël «lu Fail. publiciste distingué qui débuta, comme Montesquieu, par des œuvre* légères: — Bertrand d'Argenlré, notre historien national, qu'il suflit de nommer pour sa gloire; — . le chanoine Moreau de Ouimper. qui va nou> raconter la Ligue en Bretagne; cl tant d'autres, pour lesquels nous reu voyons le lecteur aux notices de M. .Miorcec de Kerdanet.

Loin d'effacer l'originalité du génie breton, l'Union ne lit que lui donner •un relief et un éclat nouveau. Le règne si populaire de la duchesse Anne fut par excellence l'époque de la poésie et des arts en Bretagne. La littérature nationale des Bardes se rajeunit en empruntant à la France ses mystères et ses drames bibliques. Les kloër qui les traduisaient leur imprimèrent un cachet mélancolique et profond, dont on peut juger encore aujourd'hui ; car CCS comédies religieuses se représentent quelquefois dtnis les pardons de la Cornouaille et du Léonnais.

Ce fut alors aussi que l'architecture et la sculpture, prenant un essoi miraculeux, couvrirent la Bretagne de cette multitude d'églises, de chapelles, de calvaires, de fontaines et de statues, qui arrêtent à chaque pas) le voyageur émerveillé. Ces innombrables chefs-d'œuvre, transition de l'art gothique à la Renaissance, sont presque tous éclos sous les ciseaux des

■ Une «le ces lettres, adressée àl.otm XII en Italie, commence jwr ce préambule |ussnuiué « tue é|KHl*C Icfldft: et chérie écrit a soli é|inu\ encore |>!un chéri, l'objet à la lois «le ses regrets et «le mmi i. liinrilM.il, conduit \ar la gloiie. loin «le si |iali ie Amante iulbiluik'-i-, il n'est im.ui elle aucun m»lani -ans alarmes Ijuel inalheui illi. uv que celui il étie |in»é «I un |»riuce '|ii< I on ihuc. «l'un |«uiice |»lu

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