‹ La Bretagne ancienne et moderneChapitre 74 sur 103 · I.A PRET Ad NT. Mt»DKH>K · texte numérisé non relu

I.A PRET Ad NT. Mt»DKH>K

Lamimm avs , vasle association de « tailleurs d'images. »> ayant m.s lois cl ses réglementa, ses chefs et ses soldais, comme nous l'avons raconte ailleurs sous la forme animée du roman '.

Le chef et le maille souverain des Lam|iallays. le Michel-Ange «le nos (ailleurs d'images, fut ce grand homme inconnu, dontl'ingrale histoire ne nous a conservé nue le nom et (iucl(|ues « mémoires de journées, » le Léonn.iis Mi ni i Coi.rMn. railleur d'un monument (|iii n'a peut-élre pas d'égal dans l'école française, et qui n'a certainement de supérieur f|uc dans les palais «le l'Italie. Nous voulons parler du loin beau de François II et de Mar puérile de Fnix, célèbre à Nantes sous le nom de lomheau des Cannes \

' Voir Mwim. Cotnta, U TaiUEFH d'Imces, F.ludc sur les arts cl les articles bretons, nu seiziè

-ur\c, particulièrement les rhap. i-v «lu tome I", et le rnmplémcul dutuiuc II

* Le tombeau île François II, transporté de l'ancienne église ili s Carmes dans la c.illu'-ilr.-ilo ila-Ssint- IVrio, forme un massif rectangulaire en marbre btanr, couvert d'uni' énorme table ili' marbre noir Il a neuf pieds (rois |h>ucos neuf lignes de long, sur quatre pieds cinq pouces de large, el plus île cinq pie.ls d'élévation II es| posé sur un socle en marbre blanc, de quinze pouces, ipij en fail complète meut le linir Lr Couronnement a dix pieds de longueur sur une largeur de iun| pieds, cl forme dans lOUl son pourtour une saillie de huit à neuf pouces. Ccl ensemble, cl, en ipiclipic sorte, rc corps du mausolée, csl garni : de deux si al lies colossales, de quatre statues de fraudeur naturelle, de cinq sla lues de moyenne çrandeur. el île Irenle-deux slahicllcs de deux pieds île liant, en tout qu uaiile-lroi-, «t.ilue* en marbre. |«es arabesques, accessoires et ornements qui cnlourcul ces ligures sont iunnmhra Ides, cl enveloppent comme un réseau le monument dans son entier, Ce lonilH'au du dernier due, commandé par la dernière du« liesse, devait élie relui de la nationalité bretonne elle-même Aussi estil tout rouvert des attributs qui conviennent à un peuple fort et respecté, .à un peuple qui avait poui -es rois cl ses ducs la même dévotion que pour ses plus grands saints |,edur François II cl la dm liesse Marguerite de Foix, étendus de leur long sur la table de marine noir, les yeux fermés et li s mains (ointes sur la poitrine, portent la couronne en Icle el le manteau sur les épaules, m er toutes les insignes de la dignité royale i |.eur ligure est d'une admirable expression, el celle de la duchesse sur I ont es| ■ligne d'être méditée. tin comprend, en la considérant, dit le docteur (iiiépiii, toute la pensée de l'arli-ste chrétien Celle mort dans laquelle repose Marguerite n'est pas eu elîct ce sommeil agité que nous coûtons sur la terre Son calme, sa sérénité font penser à I éternité du bonheur dans nui- autre vie Trois anges agenouillés soutiennent les oreillers à broderies, sur lesquels reposent le duc et la duchesse de Hretaïne Le statuaire ne s'est pas inspiré ici des amours de la sculpture grecque, mais bien plutôt îles plus jolies ligures d'enfants de son pays natal. Ix» troisième migc a, par sa tête, élevée vers le ciel, l'avantage de varier les poses, d'unir le souvenir de la vie terrestre à celui de la vie étemelle, de rappela I idée de la Trinité, et peut-être aussi de représenter les trois vérins théologales : la bu, l'espérance el la ih.irilé Aux pieds de François II et de Marguerite de Foix, un lion et une levrette attestent que tous deux ont possédé les vertus de leur état : la magnanimité dans la force et la fidélité dans la soumission Aux quatre angles du tombeau sont représentées, debout, les quatre vertus cardiualesdos rois : la Justice, la Prudence, la Tempérance et la Force, dont l'ensemble forme la Sagesse. La Justice n'est autre chose qui- le poitrail de la duchesse Anne ; de la main gauche, elle tient la balance et le livre des lois ; de la main droite, le glaive qui les fail respecter. Ses yeux sont fendus en amande, son front est pur et large Au-dessus des tempes sont des traits caractéristiques qui se rattachent à h llrelagne. La Prudence est la prévision de l'avenir , fondée sur l'expérience du passé, aussi | artiste lui a-t-il donné deux visapes Par derriète une coiffe toute bretonne entoure h tète d'un vieillard, dont les traits rappellent aussi la basse llrelagne. L'on dirait un de ces pins voyacenrs à longue barbe et a longue mémoire, qui n'ont rien ouMiédes traditions de leurs pères, ni des souvenirs de l'enfance La figure de devant est encore une figure bretonne; elle rappelle les plus jolies femmes de l'évêrhé de S liut-Pol |,i Tempérance lient un mors de bride dans une main et dans l'autre une horloge. Ses habits sont des babils religieux La Force a une petite tour à créneaux dans la main gauche, et de la main droite elle élianjle un monstre, •pli est la personnification du mal Cet emblème la caractérise beaucoup plus que la cuirasse qui recouvre s, poitrine et «nr laqtielli les veux «ont m été' pal un «If >ill VwtT élégance prodigieuse (lu voil

:isi LA Kn ETA UNE MODERNE.

Les plus grands maîtres «lu grand siècle «le Léon X no désavoueraient p«* la majesté sublime, la grande simplicité d'ordonnance, l'union de In puissance et de la grâce, la pureté des lignes cl la beauté des formes, l'ampleur et l'aisance des draperies, l'élégance exquise des attributs et dos ornements, qui rappellent, dans le tombeau de François II, les pures traditions de l'antique. Et cependant, si on rapprochait cette œuvre de celles des sta-

tuaires grecs ou italiens, on reconnaîtrait toujours le génie et le ciseau d'un Breton. C'est là ce qui fait du mausolée de notre dernier duc un chefd'œuvre à part, un monument national, une chose sans analogue au monde

tout de stiîttr que ce n'est |>as la force physique, mai* la force morale dont il s'apil. noie el le peste Je la main droite expriment merveilleusement une volonté qui apit sans effort, parre qu'elle est loutepuissante. I/" mouvement île In tète a été étudié dans un sentiment semblable »l/esdeu\ faces latérale» ■lu tombeau sont divisées en deu\ étapes : le premier contient les douze apôtres dans autant de niche» e.t\ marbre ronpo : le second renferme sei*c pleureuses dans autant de médaillons en marbre blanc l.es a|K»lres sont de» statuettes délicieuse» de caractère, de potït, de naïveté et de travail, lys fijwre» et les mains des pleureuses sont en marbre blanc, tandis que les draperies qui les enveloppent sont en marbre vert, diflirulté vaincue à plaisir par une patience que rien ne décourageait ! Knfm celte «ruvrr effrayante est complétée par les statuettes de saint François el de sainte Marguerite, de f.harleinapne et de v.iint l.ouiv, placé» irai deux bouts du tombeau sur la même lipne que les douze apôtres, et .hune* Ml tullt p. nul d'être mi» en parallèle avec rn\ ' Mi< un Gin «n. I II, p /WO à .W I ]

Michel Columb a su concilier, dans les quarante-trois figures sorties de ses mains, l'idéal le plus transcendant et la réalité la plus frappante. Ces figures sont évidemment des portraits, et appartiennent toutes au type celtique si fortement conservé chez les hommes, et surtout chez les femmes de notre basse Bretagne.

Outre les chefs-d'œuvre de l'architecture et de la sculpture, on sait les merveilles de la peinture sur bois et sur verre, aux quinzième et seizième siècles. Nos cathédrales et nos églises sont là pour montrer qu'à cet égard aussi h Bretagne avait suivi de près la France et l'Allemagne.

MOEURS ET DSAGES.

Entre les milliers d'usages publics et particuliers que les mœurs bretonnes nous offriraient du douzième au seizième siècle, et qui seraient échappés au courant de notre récit, nous ne pouvons que citer un petit nombre d'exemples.

La recherche des noyés sur les côtes se faisait, comme aujourd'hui, au moyen d'un cierge lancé à la mer avec un pain noir.

Au treizième siècle, on choisissait le lundi pour faire dire des messes aux défunts, parce que leurs peines recommencent ce jour-là dans le purgatoire, après le soulagement du dimanche.

Le mercredi des Cendres, on portait à la procession des cierges allumes pour rappeler l'cpéc flamboyante qui chassa nos premiers parents du pa-

radis terrestre. — Au quatorzième siècle, on condamnait les faux monnayeurs « à cire bouillis en eau chaude, jusqu'à la mort endurée. » C'était depuis longtemps la coutume de promener nus par les rues, et de porter ensuite sur l'autel de la cathédrale où on les aspergeait d'eau bénite, ceux que Ton trouvait au lit le lendemain de Pâques, et de mettre à l'amende ceux que l'on y trouvait le 1" mai. Cet usage fut aboli en 1451 par le concile provincial , qui se tint à Nantes , sous la présidence de Philippe de Coctquis-, archevêque de Tours. La fête des fous, cérémonie scandaleuse, vraiment digne de son nom, fut supprimée à la même époque, ainsi que le droit que les archiprêtres s'étaient arrogé depuis longtemps sur le lit des curés décédés. Cependant, l'année suivante, « les gentilshommes de monseigneur le duc le prirent au lit et le rançonnèrent ; et, quelques années plus tard, son lils éprouva le même sort, dont il ne se tira qu'en baillant cent écus- » Les farces du carnaval se développèrent considérablement après la suppression de la fête des idiots. Chassez la folie humaine par la porte, elle rentre par la fenêtre. Les princes et les seigneurs payaient des chanteuses appelées fauvettes, pour se faire entendre, aux grandes fêtes, sur des théâtres élevés dans les carrefours ; ce qui prouve que la musique était cultivée en Bretagne (outre les chants populaires dont nous parlerons spécialement). La tradition nantaise rapporte qu'on chanta au second mariage de la reine Anne, dans le français du quinzième siècle, la fampuse chanson de la Mariée qui retentit encore à toutes les noces de la haute Bretagne.

En 1518, les confréries et corps de métiers, organisés en compagnies à la façon des Lamballays, se disputaient vivement sur le rang des bannières de leurs patrons et sur la grosseur des cierges qu'ils avaient droit de porter aux cérémonies. La paroisse de Saint -Nicolas, à Nantes, fit porter par quatre hommes un cierge de quatre-vingts livres. — Ces rivalités ensanglantèrent souvent les processions. — Il fallut régler les rangs cl remplacer les cierges par des torches en bois.

Bien que l'année ne commençât qu'i Pâques en Bretagne et eu France, les étrenness'y distribuaient déjà le premier jour Je janvier. C'était une journée de grande largesse pour les riches, et de grande liesse pour les pauvres.

11 y avait au pays de Bohan trois grandes foires { la Noyai, la Houssaye cl la Brolade) où se négociaient plus de trois mille chevaux. Mais pas un seul ne pouvait être vendu sans que le. receveur de la vicomté de Bohan eût levé son gant devant tout le monde. Les maquignons défilaient alors avec leur marchandise en présence du vicomte ou de son commis, qui retenait tous les chevaux à son gré, au prix fixé par son écuyer d'écurie.

Les paysans de la basse Bretagne avaient, dans leur vie publique et privée, dans leurs foires et dans leurs pardons, dans leurs travaux et dans leurs plaisirs, dans leurs cérémonies civiles cl religieuses, mille autres coutumes que l'histoire a négligé de nous transmettre; mais ils les ont conservées

eux-mêmes si fidèlement, que nous les retrouverons presque toutes dans les chaumières du Morbihan, de la Cornouaille et du Léounais. lorsque nous décrirons les mœurs et les costumes de ces trois évêchés, au dernier chapitre de cet ouvrage'.

MONNAIES BRETONNES

Nous ne pouvons terminer ce tableau national sans parler des monnaies,— signes de la nationalité par excellence. — Les rois et les ducs de Bretagne battaient monnaie comme souverains, à leur coin et à leur effigie, spécialement à Hennés, à Nantes et à Redon*. La livre bretonne, disent

' D. Morice— Actes de Bretagne, 1. 1, II et III. — Préface. I I, col. 1008 — Itl ,t. II, col. 1675, 1691, etc. —M., I. III, col. 343, 478 — Lobineau, t. I, col. 734, 853. — Micbelet, Mut de France, I. H, III, IV et V. — Chateaubriand, Étude» historiques, préface cl analyse raisonnée (Mœurs générale» des douzième, treizième et quatorzième siècles) — Frcminville, Antiquités des Câles-du-.Nord, ,,. 84 — M., Histoire de Du Guesrlin. — Courson, Essai, p 513. Note sur les monnaies osimiennet. — Daru. Histoire «le Bretagne, t. I et II, p. 312, etc ; t III, p. 272 — liérin, Droit public de Bretagne — Archives de .Nantes, armoire G, cassette D, F-A. N-A, Q-F, R-D, S-C, N-H. — Guépin, Hist. de Nantes ( douzième, treizième, quatorzième, quinzième et seizième siècles — La Yilleiuarqué, Chants populaires, t. I, p. 36; t. II, p. 99.

* Les opinions sont très-diverses sur les monnaies de Bretagne parvenues jusqu'à nous. Les Bénédictins ont commis ée graves erreurs en reproduisant et en expliquant les pièces du cabinet de M. de ilobien. D'autres erreurs non moins graves ont été commises à propos des monnaies récemment découvertes à Flounéour et ailleurs. N'ayant pas la prétention de trancher une question si débattue, nous nous sommes adressé à M A. Chabouillet , attaché au cabinet des médailles à la Bibliothèque royale. Avec une obligeance qui n'a d'égale que sou érudition , il a bien voulu surveiller la composition de la pbnclic ci-jointe et nous communiquer les explications et les renseignements qui suivent :

« N° I ÉtOB« ccLTiotz.— Les monnaies de l'époque gauloise ou critique peuvent se diviser eu deux grandes classas: les pièces muettes et les pièce* a légende ; celle que nous donnons ici est malheureusement de la première rUss*'. comme toutes celles attribuées jusqu'à présent a l'Armoriquc; mais, routine on irouve des quantités de pièces M-mblaliles en Bretagne, on attribue généralement a cette contréè les pièces analogues a Celles que nous publions ici, ainsi que diverses autres variétés peu importantes de ce type. Kn 1833, endéfrictunt une lande inculte dans le village de Creuut-sur-Yves, commune de Plounéoor, arrondissement dcUuimper, ou a trouvé 900 de ces pièces, renfermées dans un vase de terre bruue qui elait protégé par quatre pierres plates posées de coté et par une cinquième qui les recouvrait.

Ces pièce» sont d'un métal mélange d'or, d'argent, mais surtout de cuivre. Il y en a de deux modules; celles du I", de 20 à St millimètres, pèsent un peu plus de 6 grammes ; celles du second, de ta a 15 millimètres, pèsent le quart des autres. La pièce que nous reproduisons, dont le Dan est rogné, pesé 6d.it; elle a été douuéeau cabinet des médailles par M. de La ViUemarqué.

Elle représente, d'un coté, une létc d'homme tournée I gaurhe. avec trois grandes boucles de rbeveuxeulourees d'un cordon |ierle. Dans le champ, a gauche, lechiflre X, emprunte aux deniers romains, bieu que, par un amalgame Moite, ces pièces soient imitées des staicres macédoniens. Au revers, on voit un cheval a lète humaine lance as galop ; au-dessus, uu oiseau de proie. Devant le poitrail, on voit le même rhiffre qu'au droit sur les exemplaires non rognes comme le n-Mre; sous le ventre du cheval, un quadrupède, marchant en sens inverse, que I on regarde comme un Ui-ui sauxage. Ces figures symbolique», selon M. Laml»-u. qui le |iremicr a fait roonaitre ces pièces, indiquent la force, le courage et la rirbeîse de la nation qui 1rs émettait. Ce* pièces peuvent remonter à 200 ans atant J.-C.; elles appartiennent certainement aux temps de l'indépendance de la Gaule.

N° 2. — Epoque ■eaoviM&iïsst. — Les rois mérovingiens ont possède quelque temps, en Bretagne, |>lusteurs grandes villes; le* pièces que nous donnons ici sont sorliesdes ateliers royaux, aiusi qu'une curieuse pièce qui porte pour légende Rkmjms risa. Du ft$c de Hennt*.

N° 2. REDOMS. t /(<•'«•'•<• Personnage assis tenant une rroix.

It. CANTERELLVS. t Signe indéterminé.

Tiers de sot d'or frapi* a Heunes, avec le nom de ïofBcicr monétaire Canirnllus. Le personnage assb, tenant une rroix, est sans doute uu saint breton.

N" î. t NAMXETIS. tfiitat. Buste royal, avec la couronne de laurier, tourné a droite. H. t HDIGIVS. Croix sur deux degrés.

Tiers de sol d'or frappe a Nantes, avec l efBgie royale et le nom de l'ofucier monétaire Fidigiu». N° 4. CHAHLEMACNE.

BMtH C vnLovwciESîir. — CARIAS. Karl. C.c nom est écrit en deux lignes dans nn cercle perlé. II. REDNIS. Rennes. Ce nom est écrit également en deux lignes daus un cercle perle. Denier d'argent.

Si les rois mérovingiens flrenl frapper monnaie dans les principales villes de Bretagne, a plus forie raison itevail-on >'ai tendre a trouver le nom de Cbarlemagne sur des monnaies bretonnes. L'autorité du maître de l'Orckdeni tout entier nr |k>u\.hi pas être méconnue di>ns l'Armorique. On trouve aussi des mounaies aux noms de Louis le Débonnaire rl de Charles le Chaave. Nous en donnons une de te dernier prince.

les Bénédictins, Valait un cinquième de plus que celle de Tour-. Il ne fallait donc que quatre livres bretonnes pour faire cinq livres tournois. Les principales monnaies de cours au coin des ducs étaient les royaux d'or, les francs à cheval ou à pied, le gros, le demi-gros, le Qux, le florin, le double, le denier et l'obole. La valeur de toutes ces monnaies a varié plusieurs fois par des

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