CHAPITRE DIX-HUITIÈME
l a Réformation ri la Ligue. -Fr.sçois II. -Charuis IX.-Hism III. - U raWinisme rn Bretagne. - La Ligue y est toute nationale. — Projets dV détjrhemenr. — Ls piy. ok Mmcorm. — Lutte des ligueur» eldes royalistes. — Fidélité de Renne».— BOW IV — Les Malouins en république. — La Noue Bravde-Fer. — Abjuration de Henri IV. — La Fonlenrlle et les brigand*. — Pacificuiom nr. t» Bi»KT»r.>E. — — Henri IV a Nantes et a Renne». — Désolation de la Bretagne par la Ligue. — Lan» XIII. Lwis XlV.-Imp.'.ts du timbre et du tabar -Soulèvements du peuple et lutte» parlementaire*.
^^Kmw»i;mik sur ses franchises et gardée par ses États, la Bretagne s'habituait m repos sous le sceptre des Valois .
orsqu'elle fut réveillée en sursaut par Bia Réformation. On connaît Luther cl Calvin, leur vie, leurs doctrines et eurs progrès. En France comme en Allemagne , le protestantisme naquit patricien, il envahit l'édifice social cuu.» à, u...... par ses points les plus élevés, gagnant
d'abord les princes et les seigneurs, puis les magistrats et les prêtres, puis les savants et les gens de lettres ; puis enfin les classes inférieures
où il pénétra difficilement. Cette religion nouvelle s'arma, pour faire son chemin, ilu sceptre «les rois, de l'épéc des gentilshommes, de la parole des docteurs, de la plume des scribes; en un mot, de tous les instruments humains dont elle put disposer. Quelle marche différente et admirable avait suivie le catholicisme ! Jésus nait dans une élable. travaille et enseigne, souffre et meurt en croix : — Allez et instruisez les nations, dit-il à douze pêcheurs. El ces pêcheurs, se partageant le monde, sans autre arme qu'un bâton, sans autre instrument que leur éloquence, parlent d'abord aux petits et aux pauvres comme eux, attaquent la vieille société dans sa base, entrent dans Home par les catacombes, confessent et meurent comme leur maître, et voient du haut du gibet leur foi s'élever de la crèche natale au trône des Césars. Où serait le cachet divin s'il n'était ici ? Aussi, le calvinisme dans ses plus grands résultats et dans ses plus grands triomphes, en dépit de ses héros et de ses martyrs, resta toujours humain et ne devint jamais populaire ; il n'eut jamais pour lui cette voix de la foule, qui est la voix de Dieu, vox Dei. Comment le peuple de France, qui est tout cœur et tout imagination, eût-il aimé une religion qui lui arrachait sa bonne Vierge et ses saints, l'étoile matinale de son ciel et les fleurs de son paradis; une religion qui tarit dans le calice avec sou souffle glace le sang du Rédempteur immortel ; une religion qui met un ministre solennel et raisonneur à la place du moine et du cure, successeurs des pêcheurs galiléens. pères et compagnons des plus humbles fidèles ; une religion qui substitue la famille particulière à la famille générale, qui fait taire les morts bien-aimés dans leurs tombeaux, qui éteint les cierges sur l'autel, l'or et la pourpre aux babils du pontife, le soleil aux vitraux des cathédrales, le son des cloches dans leurs cages de pierre. — en même temps que l'enthousiasme et la charité dans les âmes. Car, qu'est-ce que la charité du protestantisme? Elle s'est condamnée elle-même en s'appelanl la philanthropie. Elle prodigue au malheureux des Bibles et des sermons ; elle lui jette les miettes de sa table et la moitié de son manteau ; mais va-t-t'llc chercher jusqu'au fond de l'abimc la brebis égarée? la réchauffe-t-clle dans ses bras en pleurant comme elle-même? Rctrouve-t-elle dans les haillons du mendiant, sur la paille des cachots, dans les plaies du lépreux, ces parfums épanchés par l'amour de Madeleine sur les pieds de Jésus-Christ ! Non! ceci est le privilège de la charité catholique.
Ce qui fit le succès du calvinisme en France, c'est qu'il promit à la noblesse « un gouvernement à principautés fédérales.» c'est-à-dire, une sorte de renaissance de la féodalité. A cette promesse, les gentilshommes se levèrent en masse, les princes du sang se firent huguenots ; et la lutte de l'aristocratie et de la royauté recommença sous forme de guerre religieuse. Le récit des fureurs de cette guerre appartient à l'histoire de France. Entretenu successivement par la faiblesse ou la violence de Henri II. de
François 11. de Charles IX cl de Henri III, l'incendie se lut éleinl sans doute avec le dernier Valois, si le premier Bourbon n'eût pas été calviniste. De là le revirement. fatal qui ôta le beau rôle aux catholiques pour le donner aux protestants ; de là la célèbre Ligue formée contre le Béarnais Henri IV. Certes cette ligue aurait pu s'appeler la Sainte-Union, si elle n'avait eu réellement d'autre objet que d'empêcher la Réformation d'arriver au Irène; mais, comme l'a dit un homme qu'on peut en croire, Bossue! lui-même, « la Ligue ne fut une affaire de religion que pour le peuple abusé; pour les Guises, ses chefs ambitieux, elle fut une odieuse révolte colorée du beau nom de la religion qui leur était très-indifférente : religionis absente studio. » Au milieu des débordements du fanatisme public, excité par ces rebelles « plus Espagnols et plus Lorrains que Français, plus hérétiques que les hérétiques eux-mêmes (c'est toujours Bossuet qui parle), les meilleurs Français et les meilleurs catholiques furent réduits à se féliciter secrètement de la résistance opposée à la cour de Borne par Henri IV, le plus clément et le plus brave des enfants de Hugues Capel et de saint Louis : rlemetitissimm aV\ue fortissimus 1 . » On peut donc dire que le catholicisme ne prouva pas moins sa divine puissance, en survivant aux excès des Ligueurs, qu'en recevant l'abjuration du Béarnais.
Si cependant la Ligue pouvait être sincère et pure quelque part, ce devait être en Bretagne, cette patrie du vrai catholicisme. File y eut du moins un caractère tout opposé à celui qu'elle prenait en France : elle y fut nationale.
Lorsque la postérité màlc des Valois et de la reine Claude s'éteignit avec Henri III, l'union de la Bretagne à la France n'était pas tellement consacrée, qu'elle ne pût être remise en question ; et, pour échapper à l'embrasement des guerres religieuses, notre province n'avait pas de meilleur moyen que de se détacher du royaume. Kllc y serait assurément parvenue, si elle eût trouvé un chef digne dej elever la couronne d'Anne de Bretagne. Les princesqui pouvaient y prétendre étaient : d'abord les maris des trois filles de Henri II, petites-filles de la reine Claude et arrière-pelites-filles de la reine Anne. Isabelle, l'ainée, avait épousé le roi d'Kspagne, Philippe II, à qui elle avait laissé deux filles, dont l'une était mariée à Charles Emmanuel, duc de Savoie. Le roi d'Kspagne et le duc de Savoie réclamaient donc tous deux la Bretagne. Le troisième prétendant était Charles II, duc de Lorraine, mari de Claude, seconde fille de Henri II. Le quatrième était Henri IV en personne, qui réunissait au titre d'époux, de Marguerite, troisième • petite-fille de la reine Claude, le titre d'héritier de la couronne de France, à laquelle était incorporée la couronne de Bretagne. Knfin. le cinquième prétendant était Philippc-Kmmanuel de Lorraine, duc de Mercieur et de Penlhièvre, prince du saint-empire, issu d'une princesse «le la maison de Blois et marié à la dernière héritière des Penlhièvre, Marie de
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LA Rit ET Ali NE MOPEHNE.
Luxembourg, duchesse d'Klampes et de Marligues. Aux termes de l'acte dTninn, signé par les Étals, le droit véritable était assurément relui de Henri IV: mais, bien plus encore que la France, la Bretagne repoussait un prince calviniste. Les sympathies populaires se prononcèrent donc pour le représentant des Penthièvrc. Bien qu'une exclusion de deux centfl ans eût périmé les droits de cette maison, les Bretons ne pouvaient oublier qu'elle avait été la maison nationale par excellence, et que la force plutôt que la justice l'avait dépossédée au profit de la maison de Montfort. Le duc de Mcrcœur, homme indécis, mais ambitieux, poussé par une femme énergique et séduisante, avait d'autant plus de chances, qu'il tenait les clefs de la Bretagne. — Henri III ayant eu l'imprudence de lui donner le gouvernement de celle pro\incc. où il avait déjà trois places fortes : Guingamp, Lamballe et Moncontour. Lié aux Guises par l'intérêt non moins que par le sang, Mcrcœur prépara le détachement de la Bretagne, tout en y organisant la Ligue. Les plumes entrèrent alors dans la lice en même temps que les épées. L'histoire si courageuse et si éloquente de Bertrand d'Argcntré fut le plaidoyer de l'indépendance bretonne. L'historiographe du roi, .Nicolas Vignier. répondit avec la froideur savante d'un écrivain aux gages. Aujourd'hui, Vignier n'a plus de nom, d'Argenlré est immortel, et cependant la Bretagne est française.
t'es événements s'étaient passés de 1558 à 1585: remontons le cours de
ces années. Dès l'an 1558, le calvinisme, prêché par Bandelol. frère de l'amiral de Coligny, avait envahi quelques cités bretonnes. La vicomtesse de Rohan. sœur du roi de Navarre, lit de son château de Blain le quartier général (lu nouveau culte. Là se rendaient, de tous les points de la haute Bretagne, les gentilshommes calvinislcs, avec leur petit feutre à plume, leurs sombres habits et leurs tigures plus sombres encore. En 15t>0. on comptait, au pays de Nantes et de Bennes, vingt-huit églises réformées.
L'évèquc de Nantes assiégea en personne et lit rationner et brûler le refuge des calvinistes. A Bennes, leur temple fut incendié trois fois. Os deux villes curent leurs disputes en pleine rue, leurs émeutes sanglantes, leurs processions armées, leurs barricades et leurs chai nés. leurs hugue-
nots pondus et grillés, toutes les scènes de violence et de scandale qui déshonoraient alors la France. Ajoutons cependant, à la gloire de la Brelagne. qu'elle se refusa aux massacres de la Saint-Barthélémy. Le duc de Bourboii-Montpcnsicr/qui en était alors gouverneur, écrivit aux magistrats bretons, le 2ti août 1572, d'imiter l'exemple de la capitale, en assassinant les hugucnols.iM.de Bouille, lieutenant général, ne tint compte de cette injonction, et le sénéchal de Nantes Du IMessis-Guerrif, le chef du corps municipal Leloup Du Breil, eurent le courage de désobéir. Il faut dire que les réformés étaient alors si peu nombreux et si tranquilles en Bretagne, qu'ils ne pouvaient donner aucune inquiétude sérieuse.
Le mouvement de la Ligue, dans cette province, fut donc surtout politique, et il se serait peut-être arrêté de lui-même sans cet hameçon du détachement, présenté par l'ambition du duc et de la duchesse de Mereœtir. Ce prince, après l'assassinat du second duc de Guise, se sépara ouvertement du roi. et proclama la Sainte-Union en Bretagne, trahissant ainsi un parent pour en venger un autre, car il était beau-frère de Henri 111. Le premier président du parlement, Faucon de Bis, fut arrêté avec son lils el son gendre, se vit enfermé à Ancenis, et paya dix mille écus sa lidélilé au roi. Séduite par les intrigues et les cajoleries de la belle duchesse de Mercomr, la ville de Nantes, où commandait (îassion, donna l'exemple de la révolte à toute la province. Les moines de Bedon ouvrirent les portes de cette place aux Ligueurs. L'évèquc de Bennes en lit autant, secondé par l'évèquc de Uol, par les présidents Velly et Carpentier. par le conseiller Launay Sainl- Germain. par le seigneur de Talhouel et par Bertrand d'Argcntré. Le gouverneur .Montbarrot se jeta vainement dans la tour Morlaise, il fallut capituler avec Mcrcœur. .Mais celte surprise ne devait servir qu'à rendre plus éclatante la fidélité de la ville de Bennes. Pendant que les Ligueurs enlevaient le commandant de Fougères et assiégeaient celui de Vitré, les Bcnnais se rassemblèrent au cri de vive le roi, le sénéchal Guy-Lcmeneust de Bréquiguy, les présidents Harpin et Barrin s'unirent au gouverneur Monlbarrot; le parlement presque tout entier se déclara royaliste; une foule de gentilshommes vinrent à son aide; les Ligueurs, battus à leur tour, furent expulsés, el rien ne put désormais reprendre la capitale de la Bretagne au roi de France'.
Les chefs des Ligueurs , Guebriant d'OIivct, Saint-Laurent-d'Orvaux, Bonpas, Villeserin, (îassion, Kcrgouet, Vauvert, Kerdrell, La Vieux Ville, Keralio, Malenoé, Iliguenaie, La Chesnaye, Vallouet , Miterie, Loisel , de France, les Baucez, furent déclarés criminels de lèse-majesté. On dévoua leurs personnes aux fers el leurs biens à la conliscalion « sans forme de jus-
1 Le* Kl ils de tû'Jô consacrèrent cet événement |>.u une médaille décernée à Lcmoncu<t île Brequigny et uvrl uit ces inuts ; Ut olim i»e m: pi m u. \ hchiti*, uc et cr»u.lu>rrctwu r.vrw» comxut.
:mi LA BRETAGNE MODERNE
lice. » Quant aux évèques de Hennés et de Dol, leur temporel fut saisi pour l'exemple ( 1Ô89).
Malgré cette victoire du roi, leduede Mcrcœur était encorcsi redoutable, que Henri III lui envoya, pour le gagner, jusqu'aux pierreries de sa royale sœur, ce qui prouvait, du reste, le peu de cas qu'on faisait de son caractère *. Le fait est que toute la Bretagne était à lui, soulevée par l'espoir tic reconquérir son indépendance; — à l'exception de Rennes, Vitré. Sainl- Malo, Chateaubriaut, Monlfort, Josselin, Ploérmcl, Maleslroit, Brest, Ouirnper et Guérandc. L'alliance jurée, vers ce même temps, contre les (luises, ligue royale organisée contre la ligue populaire, entre le Béarnaise! Henri III . acheva de déconsidérer celui-ci dans l'esprit des Bretons. Ce fut alors que le comte de Soissons rerul le gouvernement de la province, avec des troupes pour châtier le duc de Mcrcœur; mais il se laissa enlever comme un enfant aux portes de Bennes, cl il fut remplacé par un enfant véritable, le priiuv de Dombcs, âgé de dix-sept ans; — un de ces capitaines enrubannés qui s'en allaient en guerre avec une troupe de petites maîtresses, mais qui savaient mourir à l'occasion comme les mignons à la bataille de Coulras.
Henri 111 fui assassiné sur les entrefaites devant Paris assiégé, et la couronne tomba enfin sur une tête digne de la porter. Mcrcœur se flatta qur Bennes ne reconnaîtrait pas le roi huguenot, et envoya tout triomphant le sénéchal de Fougères annoncer au parlement la mort de Henri III. Mais le parlement indigné, et croyant la nouvelle fausse, lit pendre l'émissaire ligueur et prêta serment à Henri IV, le 22 octobre 1589, « à la condition que la religion catholique serait maintenue, et que le nouveau roi serait supplié d'abjurer le calvinisme. » Ainsi se conciliaient le principe politique et le principe religieux. Mcrcœur se vengea en faisant pendre à son tour un juge de Laval qui élail en son pouvoir. Puis il leva le masque, et afficha ses prétentions à la souveraineté de la Bretagne. Tout rapprochement fut dès lors impossible entre les deux partis, et la province roula plus profondéim-ut (pie jamais dans l'abîme de la guerre civile.
Les premiers succès furent pour les royalistes; le ligueur Calhouet abandonna Vitré, défendu par Derlac avec une poignée de braves, cl Le (iousl.
1 Mcmeur eût peut-être brillé comme savant plus que comme politique cl comme (ruerrior Digne élève du célèbre Broscius, il était versé à fond dans les sciences physiques et mathématiques. «bn< les langues anciennes et moderne». Il lisait et écrivait couramment. Voici le fac-similé île *n signature :
Ce précieux autographe a été calqué sur l'original d'un mandement du .lin de Mercœur, du I8ui.ii l.Vs> au seiaiieur 'le Drue, commandait pour le roi au château du Gavre.
partisan du roi, entra et se maintint dans le château de Hlaiu par des prodiges de valeur. La Ligue se dédommagea par l'occupa lion de (Juimper, que le clergé livra malgré l'évcquc et le sénéchal de La Porte. « Quand le roi Henri serait un diable incarné, disait celui-ci. et quand il aurait sur la léle des cornes longues comme le bras, je serai toujours son serviteur. »
Vers ce même temps ( 1500), les Malouins signalèrent, par un nouveau Irait, cette audacieuse indépendance qui n'appartient qu'à eux. Les troupes du roi occupaient l'énorme château que les ducs avaient imposé à la ville, et que la reine Anne avait encore fortilié d'une grosse tour malgré les bourgeois et l'évèque. « Qui qu'en grogne, c'est mon plaisir » ('cite domination «le la pierre et du canon offensa nos hardis corsaires, et ils résolurent de se rendre les maîtres chez eux. Les chefs de complot répandent le bruit qu'un trésor est caché dans la tour de la reine Anne, et ciuquanic-einq hommes, l'épée aux dents, le pistolet au poing, escaladent les murailles, égorgenl les sentinelles, massacrent le gouverneur et désarment la garnison, — pendant que leurs complices enfoncent les portes et envahissent la citadelle. L'n tel exploit n'était déjà pas mal ; mais voici le plus curieux : Le duc de MefCœnr, enchanté de celle révolte et croyant en profiter, envoie ses félicitations aux Malouins, comme à «le bons et lidèles Ligueurs. Or, que lui répondent les Malouins? (Ju'i Is ne veulent pas plus de lui que de Henri IV. «|u'ils se moquent de la Ligue et du roi, et <|u'ils entendent se gouverner à leur fantaisie. En effet, ils organisent dans leurs murs une sorte de république, ils emprisonnent leur évéque et proposent une confédération neutre aux villes «h; Sainl-Brieuc, Lannion, Tréguier, Morlaix et Hoscoff.
Mcrcœur se dédommagea en exerçant ailleurs la souveraineté. Au milieu «le beaucoup d'hésitations, son acte le plus déiisif fut la création, à Nantes, d'un parlement de la Ligue, en opposition avec les Klats royalistes de Hennés. Os deux chambres luttèrent à coups d'arrêts et se menacèrent réciproquement de la potence, pendant que les princes de Dombcs et de Mercosur se battaient avec d'autres armes ( 1500).
Les royalistes enlevèrent Ilenncbon, surprirent Quîmpcrlé, entrèrent à Moncontour, pillèrent llarhaix, écrasèrent les paysans rassemblés au son du tocsin, cl délirent à IMcsliu l'arrière-bau de la ('ornouaillc. Les Ligueurs étaient perdus sans les cinq mille Espagnols que leur envoya Philippe II. Ce monarque jouait, dans cette guerre, le même rôle qu'Edouard III dans la guerre de succession. Il visait à s'emparer de la Lîrclagnc sous prétexte de la secourir, et Mercosur était son instrument, en attendant qu'il devînt sa dupe, comme Montfort avait élé celle du roi d'Angleterre. Le débarquement des Espagnols, à l'embouchure du Blavcl, ouvrit dignement cette nouvelle invasion. Les Ligueurs, pour leur frayer un passage, avaient assailli le bourg de Locpéran. Les habitants, repoussant à tout prix l'étranger, firent une résistance héroïque. Les femmes et les enfants se bat-