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La savantcct dcs|ioti(|uc administration de Napoléon, imposée à la Franco maigre l'épéc île Morcau cl la plume de M. de Chateaubriand, acheva de
lagne : ce fut celle du corsaire malouin Robert Surcoût de Roisgris, «ligne parent et continuateur de l'immortel Du Guay-Trouin, Il fdlnit un volume pour raconter les incroyables exploita de cei Achille de la course, et M . Ch Cunat, de Si.int-Malo, * étant chargé d'accomplir cette tâche, nous ne pouvons que renvoyer à son excellente histoire. I.a famille Surcoût de Boisgris, fidèle au rocher paternel, est encore une de* plus importantes du pays malouin ; et comme toutes les gloires de la Bretagne sont faites pour se donner la main, comme l'héroïsme de la fidélité plait à l'héroïsme de la bravoure, mie descendante de Robert Stireouf est aujourd'hui mariée à H. A. Guibourg. à <jui l'histoire à venir, ipielijue opinion <|ui l'écrive, réserve une page si honorable au chapitre de* dévouements bretous.
A côté du capitaine Surcoût ne doit-on pas citer, parmi les gloires impériales, le général Cambronnc. de Nantes, cet Ajax de la garde à Waterloo, devenu si populaire pour un mot qu'il a démenti, mais que rien ne pourra jamais effacer de son histoire : « La garde meurt ; elle ne se rend pas ! »
En remontant jusqu'au point où finissait notre dernier tableau, et en parcourant les dû-septième et dix-huitième siècles, on trouve parmi les illustrations données par la Rretagne à la France (outre les guerriers de terre et de mer que nous avons cités entre mille), une nombreuse pléiade de savant*, d orateurs et d'écrivains de tout genre: notamment Gdel de U Noue, fils du célèbre Rras-de-Fer, auteur d'un livre sur la tyrannie, etc. ; — liai du Ghaslelcl, jurisconsulte, philosophe, historien, biographe de notre grand connétable; Henri de Rohan et sa sœur, chefs des calvinistes bretons, auteurs de mémoires et de poésies fort curieuses sur la guerre de la Valtcline, sur la mort de Henri IV, etc. :
— Albert le Grand, notre charmant légendaire dont nous avons cité les pages inimitables; — le ^rand philosophe Besé Descuites, fils d'un conseiller au ikarlcmcnt de Rretagne, et parlant né Rrelon, quoique sa mère l'ait mis au monde en Tourainc ; — Micbel le Nobletz, ce dernier apôtre de la basse Bretagne, qui trouva, en plein dix-septième siècle, et détruisit par ses prédications les restes du paganisme dans les îles d'Ouessant, de Molènes et de Bats, au cap Saint -Mathieu , sur les côtes de Léon, etc. H mourut au Gonquet en Itlîi. On voit , dans l'église de Lockrisl , sa statue sur un tombeau de marbre noir. — Guy le Borgne, auteur de l'Armoriai de Bretagne ; — René de Rruc, marquis de Monlplaisir. qui, après s'être battu avec le grand Gondé , correspondait .en vers avec lui, et ne fut pas étranger, dit-on, aux tendres élégies de la comtesse de la Suzc ; — Julien Maunoir. jésuite, le Rriilaine de la Bretagne: — René le Pays, dont les Amitiés, Amours et Amourettes, firent lïdolc de toutes les dames ; — Pieiwk IUvts, l'oracle du droit public de Bretagne ; — Toussaint de s i n il - 1 m* . historien que nous avons cité quelquefois: — le P. Pcxron, savant défenseur de la langue celtique: Charles de Se vigne, né aux Rochers d'une mère immortelle, que peut aussi revendiquer la Bretagne; — le P. Nepveu, pieux moraliste ; — Sauvageau, célèbre avocat de Vannes ; — l'illustre missionnaire Grignon de Mont fort ; — I). Ixwtxi u>, notre éloquent historien ; — l'abbé Gallet, qui a jeté la lumière dans nos origines: — la Gibonays, historien, jurisconsulte et moraliste; — le singulier P. Hardouin. qm attribuait au treizième siècle tous les écrits de l'autiquité; — De Gcu-THorrs. dont les mémoires son! un chef-d'asuvre de simplicité ; — Grégoire de Boslrencn, le docte philologue breton : — le P. Tournemine, rédacteur du journal de Trévoux ; — Le S*ce, auteur de l'immortel Gil BU*, maître nV tous les romanciers français, né à Sarzeau (Morbihan), dans une maison qu'on montre encore aux voyageurs: — Travers, l'érudit monngraphede Nantes; — I). Momce, auteur de U grande histoire do Bretagne : — le philosophe matérialiste La Meltrie ; — l'illustre président de Robicn : — le poète hermaphrodite Desforges-Maillard: — Mahé de la Bourdonnaye, le fameux navigateur et guerrier malouin, qui nout a laissé de précieux mémoires sur l'Inde: — Bouguier, le célèbre ingénieur cl géographe: — le voyageur Maupertuis, aussi bon philosophe qu'habile écrivain, dit Sabatlier: — l'historien du Tertre; — le P. André, auteur de l'Essai sur le Beau; — le docte abbé Trublet, si maltraité par Voltaire j — le traducteur I Blelteric ; — le fameux Duclos, auteur des Considérations sur les Mœurs ;
— Saintefaix ( Essais sur Paris): — le critique Fréron, le plus grand ennemi de Voltaire après Dieu; — l'habile anatomislc Berlin ; — le jurisconsulte Poulain du Parc (Coutume de Bretagne ): — Ogéc, l'auteur de notre beau Dictionnaire historique* — la Chalotais, dont les livres vaUicnt les discours: — Charles de Kcranflcrh, philosophe et astronome distingué; — l'avocat Gcrbicr, l'oracle du barreau .
— l'antiquaire Savary : — Dcric, auteur de notre histoire ecclésiastique, excellente, sauf les étymolosjics ; le journaliste Boyou : — le Chapelier, collaborateur de Condorcet : — La Tocb-d'Ai veucxe, qui maniait la plume comme l'épéc, et dont les travaux sur nos origines se lisent encore avec fruil, etc.
passer le niveau de l'uni le sur la Bretagne; et quoique l'oublieuse restauration, si bienfaisante pour ses ennemis, n'ait presque rien Tait pour les fils des Vendéens cl des Chouans ; quoique le gouvernement actuel ail plutôt comprimé que développé le bien-être et le progrès de notre province : chicanant(pourchoisirdctix cxcmplescntrc vingt) , quelques centaines de mille Francs au port cl au llcuvc de Nantes, tandis que les millions pleuvaicnt sur le Havre et sur Marseille, nous promettant à peine quelques tronçons de chemin de fer, el les derniers classés dans l'avenir ; malgré tout cela, la Bretagne est restée docilement française depuis le commencement du dix-neuvième siècle, et n'a cessé de prodiguer à la mère pairie le plus pur de son sang, de son or et de ses sueurs, en même temps que l'élite de ses lils dans toutes les carrières libérales. Nous passerons en revue ces honorables enfants de l'Armorique, après avoir jeté un coup d'œil sur les divisions territoriales, sur les villes et les campagnes, sur les monuments et les costumes, sur la langue et les mœurs des déparlcmenlsqui formenl la Bretagne actuelle.