‹ La Bretagne et le duc d'Aiguillon, 1753-1770Chapitre 14 sur 174 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

administration de la bretagne depuis les états de 1754 jusqu'à ceux de 1756

Le meilleur moyen de maintenir la noblesse dans les bonnes dispositions où elle était à la lin des Etats était de donner h. l'administration, et principalement à la levée du vingtième, un caractère de modération et de douceur tel qu'aucune plainte vraiment fondée ne pût s'élever contre elle.

En l'absence de d'Aiguillon, qui revint à Versailles trois semaines après la clôture, cette tache incombait à un homme qui y était éminemment disposé. L'intendant Le Bret apparaît dans sa correspondance comme un agent rempli de bonnes intentions, mais timoré, de naturel pessimiste et craignant à l'excès de se faire des afï'aires avec ses administrés; disposition d'ailleurs la plus fréquente parmi ces fonctionnaires, auxquels a été faite une réputation de despotisme absolument contredite, en général, par l'examen attentif des faits et des documents. Le Bret ne cessait dans ses lettres d'intercéder pour obtenir des décisions favorables aux réclamations des Etats sur le vingtième, demandait toujours pour eux de nouvelles grâces, laissait le recouvrement traîner et les arriérés s'accumuler jusqu'au point de s'attirer des observations sévères de la part du contrôleur général, et critiquait amèrement, comme entachées de trop de rigueur, les opérations des contrôleurs du vingtième et de l'administration qui avait précédé la sienne. A peine les Etats de 1754 étaient-ils séparés, qu'il commençait déjà ù s'inquiéter de ceux de 1756, et qu'il insistait sur la nécessité de faire le plus possible de concessions sur l'article du vingtième : « Je ne puis vous dis- » simuler, écrivait-il au contrôleur général le 8 décembre 1754, » que le vingtième formera toujours une grande difficulté dans

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