‹ La Bretagne et le duc d'Aiguillon, 1753-1770Chapitre 32 sur 174 · OPÉRATIONS MILITAIRES EN · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS MILITAIRES EN

Pendant ces événements, notre rupture avec l'Angleterre étant devenue un fait accompli, d'Aiguillon allait se trouver appelé à prendre à la guerre une part active. La tâche qui lui incombait était difficile : il s'agissait, avec des forces qui ne dépassaient pas au début 7 à 8,000 hommes, de défendre contre toute tentative de l'ennemi des ports aussi éloignés que Brest, Lorient et Saint-Malo, et de protéger une immense longueur de côtes, sur toute l'étendue de laquelle une descente à l'improviste était toujours possible. Les fortifier, les pourvoir de batteries et d'ouvrages qui pussent sur chaque point permettre quelque résistance et donner aux renforts le temps d'arriver, était la tactique tout indiquée : ce fut la tâche à laquelle d'Aiguillon consacra de persévérants efforts. Après avoir, quelque temps après la clôture des Etats, pris quelques semaines de repos, il revint dans la province au commencement de mai 1757, et recommença sur les côtes la tournée déjà faite en 1756. Il séjourna à Nantes en mai, en juin à Vannes, Belle-Ile, Auray, Concarneau, Quimperlé, en juillet à Brest, à Saint-Mathieu, en août à Saint-Brieuc, Saint-Malo, Dinan et Bennes, puis retourna à Brest où il passa la fin de l'été et le commencement de l'automne, tout entier à des projets d'attaque contre les ports militaires anglais qu'il avait vivement conseillés et qu'il souhaitait extrêmement de voir aboutir. Se borner à une défensive pénible lui semblait intolérable : il jugeait l'olfensive plus conforme à notre génie national, plus exigée par les longs outrages que l'Angleterre nous avait infligés, plus capable surtout de relever le moral du pays et de rehausser notre considération en Europe. Le succès ne lui en paraissait nullement impossible : une tentative sur Portsmouth ou sur Plymouth, en profitant de la supériorité éphémère (juc l'escadre de M. de Gonflans, qui

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