LE BAL DE NUIT ET LA FUITE DES EPOUX
La lutte aux enchères terminée, les chansons et les rires reprennent de plus belle et se continuent encore quelque temps; mais enfin, Madame la
La fuite des époux.
Les IsLoces de nos Grands-Parents. 37
mariée se lève : à ce signal aussitôt compris, une joyeuse exclamation retentit du côté des jeunes gens.
« Oui ! oui ! allons danser. »
Et tout le monde, en effet, se lève pour quitter la table.
La nuit étant venue, on abandonne le gazon vert pour Taire d'une grange ou le sol inégal d"un vaste hangar , et l'on s'y livre aux divertissements chorégraphiques les plus variés. Pendant le bal, — si toutefois le marié n'a pas consenti à racheter sa femme, — les jeunes gens acquéreurs de l'épousée veillent à ce que celleci ne danse pas avec son mari , n'approche pas de lui, ne lui parle même pas; et si, durant le cours de la soirée, il se décide enfin à couvrir suffisamment la dernière enchère, on lui cède son épouse; mais la surveillance ne fait que s'élargir, et c'est avec le plus grand soin que l'on épie le- moment de leur départ. Aussitôt qu'ils s'éclipsent du bal, cinq ou six garçons par-
38 La ^rie d'autrefois.
tent sans bruit derrière eux et les suivent de loin; car il est de toute importance de savoir où ils vont passer la nuit.