‹ La Brie d'autrefoisChapitre 3 sur 33 · MATINEE. — L AUBADE · texte numérisé non relu

MATINEE. — L AUBADE

Six heures du matin n'ont pas encore tinté à la vieille horloge du village, que déjà, d'une rue bordée d^aubépines et de sureau, débouche une troupe de jeunes gens en blouse et marchant deux à deux. Un violon et une clarinette tiennent la tête et jettent crânement leurs notes discordantes à tous les échos endormis. Ce cortège matinal est celui de Taspirant au mariage allant faire ses dernières invitations. Arrivés près d'une maison voisine, musiciens et jeunes gens s'arrêtent, et, tandis que les premiers exécutent un morceau de circonstance, le futur marié se détache du groupe, pousse l'huis entrebâillé et pénètre à l'intérieur.

« Bonjour, dit-il au maître venu à sa rencontre, le déjeuner est pour huit heures, et le mariage à dix; n'y manquez pas. »

L'invité promet, offre à tous un verre de vin

qu'on accepte, et l'on se remet en route; mais, avant de franchir le seuil, le fiancé trace à la craie et en lettres d'un demi-pied sur la porte : Obade donné , preuve certaine , quoique mal orthographiée, de son récent passage.

Pareille scène se répète non seulement chez tous les invités habitant le pays même, mais encore chez ceux des pays voisins, quelquefois éloignés de plusieurs kilomètres, 'et cette visite est tellement de rigueur qu'à moins d'avoir été prévenue à l'avance la personne qui n'a pas reçu Taubade se croit gravement offensée et se venge en ne venant pas à la noce.

Obofle donné.

Les IsLoces de nos Grands-Parents. ii

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