PRONOSTIC
Le pronostic de la broncho-pneumonie du nourrisson est extrêmement grave, la mortalité est énorme.
La statistique d'Emmet Holt (Marfan), donne une mortalité de 66 % dans la première année, et 55 % dans la seconde, Renard indique une mortalité de 70 %.. À la Maternité, en 1921, 22, 23, la mortalité a atteint 70 % de o à 3 mois, 70 % de 3 à 6 mois et 50 % de 6 à 12 mois.
Les proportions sont sensiblement les mêmes, que le nourrisson soit débile, ou d’un poids normal, que
la broncho-pneumonie soit contractée à l'hôpital ou en ville. |
Il ressort de ces chiffres que l’âge est le principal facteur du pronostic.
Le pronostic dépend aussi de l'intensité de signes généraux et fonctionnels. Les signes physiques ont beaucoup moins de valeur et la grande étendue apparente des foyers ne comporte pas un pronostic fatal. L'hyperthermie, l'intensité de la dyspnée, le foie gros et dur, sont des signes de la gravité de l’affection, mais le pronostic se déduit surtout de l’aspect général du petit malade.
Si l’aspect général est relativement bon, si l’enfant s'intéresse à ce qui l'entoure, sourit, boit, on peut espérer la guérison. Mais la cyanose, la prostration, le faciès, si particulier, amaigri, indifférent, le refus de boire, les convulsions sont l'indice d'une fin prochaine.
Certains signes sont les témoins de cet et acquièrent, de ce fait, une importance pronostique : la chute du poids sur laquelle nous reviendrons et l’azotémie. Le professeur Nobécourt a insisté sur la valeur de cette donnée. Une azotémie supérieure à 1 gr. accompagne une toxi infection mortelle.
Nous verrons que la physio pathologie contribuera
peut-être à éclairer le pronostic.
Physio-Pathologie de la Broncho- Pneumonie
De nombreux problèmes relèvent de la physiolo-
gie. Elle doit expliquer les lésions anatomiques, les signes fonctionnels, et connaître des grandes réactons organiques qui constituent les bases des syndrômes cliniques.
Nous nous attacherons à l'étude des 2 syndromes que la clinique isole . l’asphyxie et la toxi-infection. Nous grouperons autour d’eux tous les problèmes accessoires, et nous verrons comment les types des réactions physiologiques répondent aux formes cliniques. j
1) SYNDROME ASPHYXIQUE.
L'asphyxie domine la pathologie des bronchopneumonies. Elle est plus ou moins accentuée, mais chez les sujets les moins atteints on constate pourtant des signes de l’insuffisance de la fonction respiratoire. Polypnée et cyanose ne font jamais défaut, mais il faut parfois les chercher car la polypnée peut être modérée et la cyanose peut être voilée par la va-
ne Es
so-constriclion cutanée qui donne à l’ensemble du tégument une teinte pâle qui paraît grisâtre au visage. Il faut la chercher aux muqueuses, car les 1èvres et la langue prennent précocement une coloration cyanique.
Cette asphyxie atténuée est un phénomène absolument constant au cours des broncho-pneumonies. Indépendamment de toute discussion pathogénique, il est évident qu’elle se rattache à un manque d’oxygène.
Le terme « anoxhémie » traduit ce trouble de l’oxygénation et devient l'équivalent du terme asphyxie.
Nous rappellerons succinctement les données concernant l’hématose à l’état normal, et nous étudierons la conception actuelle de l’anoxhémie, ses signes, ses causes et les modes de réaction de l’organisme.