MODES DE RÉACTION DE L'ORGANISME
L'organisme oppose peu de résistance à l’anoxhémie. Toutefois, il réalise une meilleure utilisation de l'oxygène qui lui est trop parcimonieusement alloué.
a) L’augmentatiôn de la teneur du sang en gaz carbonique entraîne par action bulbaire une augmentation de la ventilation pulmonaire.
b) Cette augmentation, comme nous l’avons vu, abaisse la concentration de l’hémoglobine en oxyoène, pour une même tension de l'oxygène dans le plasma : ceci permet le dégagement d'un plus grand volume de ce gaz.
c) L'hyperthermie. agit dans le même sens, en abaissant la courbe de tension de dissociation de
l’oxyhémoglobine.
d) Enfin, d’après Meckins, aux basses tensions de l'oxygène dans le sang artériel, correspond un abaissement parallèle de la tension dans le sang vei-
RES es
neux ; les tissus tendent à mieux capter l'oxygène, malgré la chute de la pression.
Ces réactions permettent à l'organisme une certaine résistance contre une anoxhémie modérée, mais si l'équilibre se rompt entre la chute de tension de l'oxygène et les ressources de la résistance organique, l’anoxhémie se précipite, et la tension de l'oxygène du plasma tombe brusquement et approche de 20 mm. de Hg, valeur qui comporterait un pronostic fatal.
Avec une anoxhémie modérée, l'excès de gaz carbonique entraînait d'abord une polypnée favorable, mais maintenant l'excès même de la polypnée va diminuer la ventilation ; les efforts respiratoires contribuent à l'épuisement du cœur, et aggraventk la stase pulmonaire.
C'est ainsi que l’anoxhémie croissante déclanche irrésistiblement la défaillance de l'organisme.
Nous montrerons plus loin comment la thérapeutique par l’oxygène s'oppose à l’anoxhémie.
2) Syndrome Toxi-Infectieux
Il ne nous est évidemment pas possible de passer une revue générale de toutes les données biologiques concernant le syndrome toxi-infectieux au cours des : broncho-pneumonies. D'ailleurs, les broncho-pneumonies apparaissent souvent comme une infection compliquée d’un état pulmonaire et c’est toute la pathologie générale des infections qu'il faudrait re: prendre.
Nous nous sommes placés à un point de vue particulier, celui du bilan des échanges hydriques, ou en d’autres termes, du métabolisme de l'eau.
Voici pourquoi nous nous sommes cantonnés à ce point de vue
Nous avons vu que 3 symptômes capitaux dominent le tableau clinique
l'oligurie,
l’anorexie,
la dénutrition.
L'oligurie est bien plus marquée dans les formes toxiques que dans les formes purement asphyxiantes, quel que soit le degré thermique.
4 Mey
L'anorexie s'accompagne d’une diminution de la soif. L'enfant refuse l’eau, même par petites cuillerées, alors qu'avec une égale dYspnée, il l'acceptait encore les jours précédents.
La dénutrition se décèle par la chute rapide du poids et par l'apparition clinique de signes de déshydratation ; la peau garde le pli, les fontanelles se dépriment, les yeux s’enfoncent dans l'orbite. Mais la profondeur du tégument semble garder encore son pannicule adipeux. À l’autopsie on trouve encore une certaine couche de graisse dans les parois, si toutefois l’évolution n'a pas été trop longue.
Bref, la déshydratation précède la fonte du pannicule adipeux et le tableau clinique se rapproche de celui du choléra infantile. Le refus de l’eau, l’anurie, la diarrhée d’ailleurs inconstante, la déshydratation, tout cet ensemble de symptômes met en relief un vice du métabolisme de l’eau. ;
Certes, ce n’est là qu'une des manifestations de l’altération des fonctions tissulaires. L'eau n’est pas le seul aliment refusé : les autres le sont également. Les injections sous-cutanées de tous produits, de tous sérums, s'opposent à l'intolérance des tissus qui n'absorbent qu'avec peine. Mais c’est le trouble du métabolisme de l’eau qui nous paraît le fait dominant, au point de vue clinique, c'est à celui-là que nous nous sommes arrêtés.
Nous étudierons d’abord les techniques employées, nous exposerons les résultats obtenus ; mais la détermination du bilan des échanges hydriques ne
donne pas, par elle même, de renseignements suflisants : il est indispensable d'en rapprocher les bilans des sels, et celui des matières combustibles, c'est-à-dire le bilan calorique. Or, les données concernant le bilan calorique et l’élimination de l’eau, nous permettent quelques conclusions concernant l'équilibre calorique et l'équilibre thermique et nous sommes amenés à des données sur les variations thermiques, c'est-à-dire sur ce symptôme capital qu'est la fièvre. Nous verrons chemin faisant que toutes ces données sont présidées par un fait essentiel, l'insuffisance de l'apport alimentaire.
Métabolisme de l’eau, échange des sels, métabolisme calorique, équilibre calorique, régulation thermique et enfin insuffisance de l'appareil alimentaire, tels sont les buts successifs dont nous essayons de dégager les abords.