À) LE MÉTABOLISME DE L'EAU, — GÉNÉRALITÉS
La détermination des échanges hydriques nous conduit à préciser 2 données : l'apport et l’éliminalion.
1° L'apport est mesuré par l’eau des aliments.
Le lait ingéré en contient environ 88 % de son poids.
Mais là n’est pas toute l’eau formée : les matières solides en s’oxydant dans l'organisme y déversent une certaine quantité d’eau. La combustion de 100 grammes d’albumine en donne go grammes ; celle de 100 gr. de graisse, 100 gr. ; celle de 100 gr. d’hydrates de carbone, 60 gr. La quantité totale d’eau
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absorbée ou formée est donc presque égale au poids des aliments ingérés. Nous verrons pit loin comment elle en diffère.
2° L’'élimination est jugée par deux procédés une détermination globale et une détermination particulière de chaque mode d’excrétion.
a) La détermination globale est fournie par la différence de l’eau ingérée ou néoformée, et du gain de l'organisme. Elle est très difficile à préciser. Il faudrait tenir compte séparément de l’eau ingérée et de l’eau néoformée.
L'eau absorbée représente les 89 % du lait.
L'eau néoformée n’est calculable que si on connaît exactement la quantité d’albumine, de grais-
, d'hydrates de carbone comburés, et qui se déane en eau et gaz carbonique.
Nous verrons que pour une étude clinique, une précision pareille n’est pas indispensable. On commet une erreur négligeable en comptant pour l’eau éliminée : le poids de lait ingéré moins le gain de l'organisme, moins l'excès de gaz carbonique dégagé (environ 20 gr. pour 1 litre de lait chez un nourïisson bien portant). En effet les constituants solides des fèces et des urines du nourrisson ne dépassent pas une quinzaine de grammes.
b) Détermination de chaque mode d’excrétion.
Il existe > grands modes d'élimination : les excréla (urines et selles), et l'évaporation cutanéé et pulmonaire (perspiration).
tous
Nous passerons successivement en revue les techniques permettant l'étude de ces 2 modes.
Urines. — Le problème se résume à mesurer les urines de 24 heures. Autant c’est facile chez l'adulte, autant c'est difficile chez le nourrisson.
Divers procédés permettent de recueillir les urines ; pour les garçons, on peut leur fixer au pli de l'aîne et au pubis par trois bandes collantes, un tube à essais en guise d’urinal, ou encore un petit urinal en caoutchouc. Mais il est malaisé de le laisser en place 24 heures, car il faut obtenir une immobilité relative et certains nourrissons en souffrent. De plus, on renverse souvent, lors du change, une partie des urines. Bref, il est très facile de recueillir un échantillon des urines, mais jamais nous n'avons eu celles des 24 heures.
Finkelstein utilise un lit particulier comportant un réservoir où se collectent les urines.
Selles. — I] n’y a qu’un moyen de recueillir les selles à l’état de pureté, c’est de laisser un urinal à poste fixe, qui permette d’en séparer les urines. Reste à peser les couches au préalable, et à les repeser aussitôt après la selle, pour en éviter l’'évaporation. On conçoit aisément que cette mesure n’est qu'exceptionnellement praticable.
D’après Finkelstein, les fèces quotidiennes pèsent une trentaine de grammes dont 8o % d’eau.
RIRE Transpiration et respiration.
La perte d’eau par perspiration cutanée et pulmonaire est difficilement dissociable.
Pour déterminer la perspiration pulmonaire, il faudrait un masque respiratoire, appareil qu'un nourrrisson ne supporte pas sans cris et sans agitation.
La perte globale est connue par différence entre l'élimination d'eau des 24 hèures et l'élimination par les urines et les matières.
Langstein et Meyer, donnent quelques nombres obtenus par cette méthode ; mais ils ne tiennent compte que de l’eau ingérée, et oubient totalement l’eau néoformée aux dépens des substances solides. Cet oubli retentit entièrement sur la grandeur qu'ils cherchent à mesurer, et ils commettent ainsi une erreur de près de 20 %.
Langlois à mesuré par pesée la perte de poids des petits animaux, admettant que, compte tenu des excréta, et à une petite erreur près, la différence entre deux pesées successives, donne uniquement la perspiration pulmonaire, la perspiration cutanée étant négligeable.
MM. Marfan et Dorlencourt ont employé une autre ! méthode qu’ils ont appliquée à l’étude des diarrhéiques.
Ils enferment le sujet dans une caisse de verre hermétiquement close, y injectent de l'air desséché, recueillent après ro minutes un échantillon de