PROPHYLAXIE
La prophylaxie de la broncho-pneumonie vise donc essentiellement à isoler les contagieux.
Il est facile de séparer les bronchopneumoniques et même les malades atteints de rhinopharyngite ou de bronchite. On pourra, selon les locaux disponibles, leur attribuer un box ou une salle séparée.
Mais il est bien plus difficile d'éviter l’introduction dans une crèche d’un porteur de germes, ou même d'empêcher la contamination par la famille des malades. Il faut donc chercher à localiser une affection malheureusement inévitable, et à empêchér le dévelopement d’une épidémie.
8 Mey
Deux méthodes peuvent être employées et le se- ‘ront de préférence concurremment : une large aération et l'isolement individuel.
L’aération n’est jamais suffisante. Elle nécessite un cubage d’air considérable et un bon renouvellement de cet air. Le cubage préconisé est de 40 m. cubes pour les adultes, 15 m. cubes pour les nourrissons, à l'hôpital, 9 m. cubes seulement dans les pouponnières.
Si on ne tient compte que du volume d'oxygène nécessaire pour assurer la fonction respiratoire, c'est largement suffisant. Mais il faut tenir compte des émanations des malades ; on sait que dès que la teneur en gaz carbonique dépasse 7/10.000, l’atmosphère, sans être toxique, n’est plus propre au développement normal de l'enfant. De plus, il nous semble qu'il faut tenir compte de la perspiration. Un nourrisson élimine, par cette voie 1/3 de la quantité d’eau éliminée par un adulte.
On ne peut affirmer qu'il faille en tenir compte, mais c'est vraisemblable car on connaît la toxicité de l'air confiné.
I faut donc prévoir au moins 15 mètres cubes par nourrisson ; mais les nourrissons ne sont jamais seuls. Il y a toujours un adulte pour 6 enfants, dans la salle. Une salle de 6 nourrissons sains doit ainsi cuber : 15 x 6 — go mètres cube pour les enfants ; ho mètres cubes pour la soignante, soit 130 mètres cubes, plus de 20 mètres cubes par enfant.
Ce cubage doit être accru dans les salles de mala-
des, car la ventilation et les échanges d’un broncho-pneumonique sont sensiblement augmentés, et car il y a souvent un adulte pour 4 enfants dans une salle, | ;
Pour {4 malades, nous comptons 20 x 4 mètres cubes + 4o mètres cubes pour la soignante = 120 m“ soit 30 m° par malade.
Il nous semble donc qu'il faut prévoir 20 m° par nourrisson sain, 30. n° par malade.
Un tel cubage est d'autant plus nécessaire que le renouvellement de l'air est généralement défectueux. M. Renault a montré qu’une bonne aération doit être assurée par une prise d’air au ras du sol, air qu'il faut réchauffer au préalable, et par une évacuation de l’air à la partie supérieure des fenètres. Il est certain qu’une aération comme celle du service d'enfants de l’hôpital Saint-Louis, peut permettre une diminution du cubage de la pièce. L'emploi des boxes disposés en arête de poisson, séparant chaque enfant semble également un excellent moyen de lutte contre la contagion.
Une condition est toutefois essentielle : un volume d'air suffisant et suffisamment renouvelé, car les boxes nuisent à la circulation de l'air.
Les deux méthodes : aération et isolement doivent donc être employées simultanément.
En dehors de ces conditions d'hygiène, la lutte contre la broncho-pneumonie peut utiliser préventivement certains agents spécifiques : vaccins el sérumns.
MM. Lereboullet, Apert, font faire des injections de sérum, sinon à tout entrant, du moins à tout fébricitant. C’est surtout chez les rougeoleux et coquelucheux qu'une telle action préventive est utile.
La vaccinothérapie a aussi été tentée ; elle aurait donné de bons résultats dans l’armée américaine et dans l’armée coloniale française.
Quelques vaccinations ont été pratiquées à la Maternité en 1921, mais parmi les vaccinés, il y eut plusieurs cas de broncho-pneumonies ultérieures. Conclusions.
Quel que soit le mode de propagation de la broncho-pneumonie, la contagion est indiscutable. L'aération réalisée tant par la grande capacité des salles que par le renouvellement rapide de l’air, est le prin- Cipal agent préventif que l’on puisse lui opposer.
L'isolement individuel dans des boxes étant bien entendu de règle toutes les fois que le cubage de la salle est suffisant.
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Traitement Curatif
Le traitement de fond de la broncho-pneumonie du nourrisson comporte, avant tout, l'application des méthodes classiques. Avec une hygiène et une diététique convenables, il est stimulant. Dans ces dernières années, il s’est complété par la vaccinothérapie et la sérothérapie spécifique et par l’utilisation de plus en plus large de l’oxygène pour lutter contre l’asphyxie.
Nous devons, malgré ces incontestables progrès, constater ce qu'a de navrant une telle thérapeutique appliquée aux enfants du premier âge, puisque la mortalité atteint les proportions élevées que nous avons données plus haut. |