‹ La Bronchio-Pneumonie Du NourrissonChapitre 43 sur 56 · EE · texte numérisé non relu

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être le fait d’une action spécifique, et que nous avons recherché une action tonique ou siimulante, d'ordre général et non plus antitoxique. On a d’ailleurs déjà signalé le succès de la sérothérapie non spécifique par le sérum antidiphtérique (Briz Hernandez). La sérothérapie fut donc appliquée à des malades en voie de dénutrition par suite de troubles digestifs primitifs ou secondaires à des infections diverses. Dans un assez grand nombre de cas, la chute de poids a été arrêtée et nous avons observé une amélioration clinique immédiate. 8 de ces observations ont été publiées, et nous nous contenterons d'en donner une qui nous semble plus particulièrement typique (n° XP:

L'enfant P...,àâgé de 2 mois, atteint de pyodermite

généralisée, présente une fièvre oscillant entre 38 et 39 avec baisse de poids de 300 gr. en 4 jours. Dès le lendemain de la première injection de 4o env, le poids remonte ; on répète les injections, il s’améliore de plus en plus, : On les cesse, le poids baisse, on les reprend, le poids remonte ; cette véritable expérience fut ainsi renouvelée plusieurs fois, jusqu'au moment où l’enfant contracta une broncho-pneumonie suraiguë et fut emporté en 3 jours.

Dans un tel cas, chez des sujets qui n'étaient pas atteints de pneumococcie, le sérum ne pouvait avoir qu'une action tonique générale comparable à celle des sérums glycosés et chlorurés sodiques, mais incomparablement plus franche.

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Le sérum injecté, comme d'ailleurs tout sérum de cheval, renfermait 5/1000 de chlorure de sodium : el 76/1000 d’albumine. Il semble que tout se soit passé comme si le nourrisson avait directement assimilé les albumines injectées, bien que cette pathogénie soit fort invraisemblable. Berger a repris l'étude des modifications du sérum après injection sérique, faite déjà par Castaigne et Chiray, puis par Achard. Il insiste sur l'augmentation de la teneur du sérum en protéines. À côté de son action tonique, le sérum nous à paru jouir d’une action spécifique incontestable dans les pneumococcies, action qui comme nous l'avons signalé, nous a paru intermittente.

Nous avons systématiquement employé le sérum II de Pasteur, puisque selon des travaux antérieurs, c’est le seul qui paraïsse doué d’une action spécifique efficace. Nous pouvions toujours espérer s’il ne s'agissait pas de pneumocoque If, tirer parti de son action tonique. Au cours de l'année 1922, nous avons suivi ainsi environ une trentaine de malades dont 1/3 a guéri. Sur ce nombre, 25 étaient des pneumococcies démontrées par l’inoculation des selles à la souris. Voici le résumé de quelques observations caractéristiques.

1° observation (présentée à la pédiatrie 1° avril Do) ;

.: Enfant de 6 kilos, âgé de 8 mois, entré avec un

syndrome cholériforme et un foyer broncho-pneu-

monique. Inoculation à la souris positive. Reçoit une injection de 8o cc ; dès le lendemain, cet enfant mourant est métamorphosé, reprend 150 grammes et il finit par guérir.

2° Observation (n° IX).

Enfant Th..., âgé de 2 mois, pesant 3.300 gr. Broncho-pneumonie, fièvre oscillant de 38 à 4o. Poids tombé de 300 grammes en 5 jours.

Le lendemain de la première injection la fièvre baisse, le poids remonte de 100 grammes et continue à monter les jours suivants. Guérison en 4 jours. |

3° Observation (n° X).

Enfant L..., âgé de 2 mois, pesant 3 k. 700, est traité au 3° jour d’une broncho-pneumonie, température à 4o, chute de poids de 300 gr. Le lendemain de la première injection de 8o cc. la fièvre baisse,

le poids commence à remonter. Guérison en 4 jours.

Dans ces cas, après cessation du sérum, le poids a continué à s'élever. re

Cet accroissement n'a pas entraîné d'œdème apparent. Chez plusieurs enfants, au contraire, sont apparus des œdèmes des membres inférieurs et de la bouffissure du visage ; tantôt ils se sont résorbés sans chute de poids, tantôt la cessation du traitement s’est accompagnée d’une légère chute de poids. Dans l’ensemble, les résultats obtenus sont relative. ment satisfaisants, mais pour réaliser cette double action tonique et anti-toxique, nous avons eu recours

à des doses extrêmement élevées. Au lieu des 10 à 20 cc répétés tous les 2 jours et qui sont habituellement conseillées, nous avons injecté 4o à 80 cc par jour et certains nourrissons ont ainsi reçu dans le cours de leur maladie jusqu’au 1/10° de leur po en sérum. a Ce traitement était pratiqué par injections de 20 ce sous la peau de la région scapulaire. Le sérum albumineux est entièrement résorbé en 2 ou 3 heures et ne laisse aucune inflammation au niveau de l'injection. Les réinjections, lorsque l'intervalle dépassait une semaine, ont élé pratiquées selon la méthode de Besredka : de 1/2 heure en 1/2 heure, quelques gouttes puis &, puis r, puis 5 ce, puis le reste de la dose.

Accidents sériques.

Nous avons observé des accidents bénins dans presque tous les cas. Ceci n’a rien d'étonnant Jousset a montré que la proportion des accidents sériques croît avec la dose. Au lieu de 28 %, chiffre habituel, elle s'élève à 56 % quand la dose atteint > grammes par kilo. Or, nous sommes allés jusqu'à 20 grammes par kilo. Jousset décrit des accidents immédiats généraux comparables à une crise nitritoïde, et locaux, véritables phénomènes d’Arthus, conditionnés par la petitesse et la répétition des do-

Plus tard, s’observent les érythèmes et arthropathies habituels ; il a vu, en outre, 2 cas de néphrite caractérisés par de l’anasarque, sans albuminurie,

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Dans un cas où il y a eu de l’albuminurie, celle-ci a guéri par la sérothérapie et ne peut donc être comptée au passif du traitement.

Ces accidents sont bien plus accentués au cours des réinjections. | MM. Péhu et Durand, dans 120 cas ont observé

1° Des réactions sériques immédiates, exanthème prurigineux et tachycardie. Ce sont des accidents passagers et l’on peut, au bout de quelques minutes, poursuivre l'injection.

2° Des réactions locales. ;

3° Des accidents séro-toxiques, urticaire, etc..…., plus précoces et plus violents qu’à la suite d’une première injection.

Nous allons décrire en 2 groupes, les accidents que nous avons observés : bénins et graves.

1° Accidents bénins. — Ils sont immédiats ou tardifs.

A) Immédiats. Assez rares.

Constatés deux fois à la première injection et 5 ou 6 fois à la suite d’une réinjection après un arrêt de quelques jours. Ces accidents peuvent débuter dans les minutes qui suivent l'injection, mais plus souvent après une ou 2 heures. Brusquement le nourrisson se couvre de placards érythémateux, les paupières sont enflées, le visage bouffi, quelquefois mème apparaissent des œdèmes des malléoles ; il semble en proie à un prurit intense, crie sans interruption et refuse le biberon. |

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Ces accidents revêtent parfois une allure dramatique. Il survient un sifflement inspiratoire puis une dyspnée avec ralentissement de la respiration, tirage sus-sternal, permettant de diagnostiquer un obstacle glottique, œdème ou spasme.

Abandonnés à eux-mêmes, ils rétrocèdent en quelques heures et le lendemain matin il n’en reste plus: trace mais l’adrénaline a sur eux une action spécifique comparable à celle qu'elle a sur les crises nitritoïdes des arsénobenzènes. Nous l’avons administrée par injections sous-cutanées de 2 gouttes.

En quelques minutes, dyspnée, érythème, prurit s’atténuent.

En une heure ou deux tout est fini.

B) Tardifs. — Survieunent du 5° au 8° jour et dans la moitié des cas. Nous n'insisterons pas sur leur description : larges placards d’urticaire, ou bien érythème scarlatiniforme généralisé. On note presque toujours un prurit intense, une élévation thermique, des vomissements ou le refus du biberon, et tantôt de l’oligurie avec œdème, tantôt une chute de poids. Ces accidents durent 2 ou 3 jours ; nous n’avons observé que deux fois un gonflement articulaire. :

Nous avons traité ces éruptions par l’adrénaline, mais avec un résultat minime ; elles semblent diminuer le prurit et atténuer l’exanthème, encore est-ce douteux et elle n’influe en rien sur la diurèse etsur la température.

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2) Accidents graves.

Nous en avons deux observations, une de congestion rénale suraiguë, l’autre de gangrène diffuse de la peau et des muqueuses. Dans ces 2 cas, la gravité antérieure de l’état du malade ne permet évidemment pas de rattacher la mort à la sérothérapie, mais les accidents sériques n’en furent pas moins des plus sévères.

La première observation, déjà présentée à la Société de pédiâtrie, ne concerne pas un bronchopneumonique. L'enfant L. Roger, âgé de 2 mois et pe-' sant 3.600 gr., bec de lièvre, mal portant depuis une dizaine de jours, subfébrile, anoxerique, poids stalionnaire.

Le 13 avril, ascension thermique à 39,5, soumis à une injection de 4o ce de sérum anti-pneumo, présente, une demi-heure après, un urticaire généralisé avec dyspnée qui cède à une goutte d’adrénaline. Le lendemain, fièvre à 39, vomissements, teint gris, mort en quelques heures.

Autopsie : Les 2 reins sont le siège d'une infiltration sanguine diffuse intéressant les 2/3 inférieurs de chaque organe, respectant les pôles supérieurs, avec thrombose veineuse ; pas de lésions des autres viscères. ;

Cette mort ne peut être attribuée qu'à un infarctus rénal bilatéral et on doit se demander s’il n’est pas en rapport avec l'injection de sérum.

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L'enfant G..., âgé de 6 mois, pesant 5 ne contracte à la crèche une broncho-pneumonie, à pneumocoques d'apparence sévère, qui, traitée par 6 in- Jections de 4o ce de sérum, guérit.entièrement en 9 jours. La dernière injection a été suivie d'accidents urticariens passagers et sans gravité. Mais, 3 jours plus tard, survient un œædème localisé au membre supérieur gauche avec purpura, alors que toute fièvre et tout symptôme pulmonaire avaient disparu, et qui relève très vraisemblablement de ia sérothérapie.

Après un mois, nouvelle broncho, d’allure suraiguë. Le pronostic est si sévère, que, malgré les accidents sériques antérieurs, on tente de reprendre le traitement, mais en réinjectant avec prudence, selon la méthode de Besredka. Le lendemain, une érythrodermie généralisée éclate et s'éteint en 24 heures, mais fait place à une gangrène diffuse dont les placards couvrent la muqueuse buccale et la peau. Mort en 3 Jours,

Les accidents graves de la sérothérapie restent en somme rares, et, si on met en balance la gravité d’une maladie qui comporte une mortalité de 70/100 chez le nourrisosn, et de rares accidents sériques graves, on ne peut hésiter à employer cette thérapeutique. Mais elle ne doit être instituée que contre des pneumococcies avérées, d’allure grave. Il faut alors administrer de fortes doses, 4o ce par jour; sinon 86, et poursuivre le traitement sans interruption pendant 8 ou 10 jours s’il y a lieu. En prévision

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