RÉSULTATS
Les résultats de la séro et de la vaccinothérapie dans la broncho-pneumonie infantile ont été discutés au Congrès de pédiâtrie de 1922, à la suite de la communication de MM. d'OElsnitz et Colle.
Ceux-ci, par la thérapeutique mixte que nous
avons résumée, associée aux méthodes usuelles, ont guéri 1 nourrisson de moins de 1 an, sur 2, et 11 de Ta 9 ans Sur T0:
M. Netter déclare avoir employé sans succès la
sérothérapie mixte anti pneumo et anti strepto, et a guéri 1 cas d'abcès pneumococcique du poumon par injections de stock-vaccin.
M. Guinon pense que la sérothérapie mixte anti pneumo et anti streptococcique a amélioré depuis 2 ans la statistique de son service, mais la mortalité atteint encore 5o % de o à 6 mois, 33 % de 6 à 12, 27 % de 1 à 2 ans. |
M. Comby a utilisé le sérum antipneumococcique après le lantol et l’électrargol ; les résultats obtenus n'ont pas été meilleurs.
M. Noguéras de Valladolid a abandonné la séro et la protéinothérapie. :
À la Maternité, la sérothérapie anti pneumococcique a été employée pendant l’année 1922, au traitement de 38 cas Il est mort 27 enfants, soit 70 %. Mais la plupart étaient amenés mourants. Toutefois, il convient de signaler qu'en mars, avril et mai la mortalité était de 60 %, au cours d’une épidémie très meurtrière, qui à tué 8o % de ceux qui n’ont pas reçu de sérum. A
Indépendamment de la notion statistique, il nous semble que le sérum a permis la guérison de quelques enfants, pour qui, en entreprenant le traitement, nous portions un pronostic fatal. Nous avons
Es
été frappés, à plusieurs reprises, par la netteté et la rapidité de son action.
Est-ce une action spécifique, une action tonique et stimulante, est-ce une action de choc protéinique ?
Nous ne pouvons résoudre le problème, mais nous avons montré, dans certains cas, à là vérité assez rares, que le sérum jouissait d’une action quasi providentielle; s'il n’améliore guère une statistique, il n'en permel pas moins certains « sauvetages » qui valent toujours la peine d'être tentés au cours d’une maladie aussi grave.
SÉROTHÉRAPIE LOCALE.
MM. Nobécourt et Paraf, s'appuyant sur les travaux expérimentaux de Flexner et de Besredka, ont préconisé la sérothérapie locale, en plein foyer. Ils enfoncent une aiguille fine, aspirent une goutte de sérosité dont la culture montre la richesse en pneumocoques, puis injectent 5 à io cc de sérum. Une petite quinte de toux favorise la diffusion dans l'arbre broncho-pulmonaire. Ces injections ont été répétées jusqu'à 6 fois. Ils ont obtenu 60 % de guérisons, même chez des nourrissons de quelques semaines. Quand il y a une pleurésie purulente, ils se contentent d’évacuer le pus et d'injecter du sérum dans la cavité pleurale.
Ces auteurs ont étudié la diffusion du liquide dans le parenchyme pulmonaire sur un mourant à qui ils ont injecté du bleu de méthylène quelques heures evant la mort. Le liquide ne diffuse que sur une
dizaine de ce. Il faut done, s'il ÿ a plusieurs foyers, les injecter séparément.
Sloboziano a fait une étude un tr des injections intrapulmonaires sur des chiens chez qui il avait réalisé des foyers de congestion ou de bron. cho-pneumonie expérimentale par injection intratrachéale de substances irritantes, puis de pneumocoques. Il trouve que le sérum produit des lésions pulmonaires importantes : déchirures, hémorragies, congestion et æœdème, au point injecté. Il se produit même des lésions congestives à distance, voire de l’autre côté (constatées sur des chiens indemnes antérieurement de toute pneumopathie provoquée).
Ces expériences ne sont que partiellement comparables à la clinique et la question reste en discussion. :
B) OXYGÉNATION.
La possibilité d'améliorer une dyspnée par loxygène est consacrée par l'usage et par l'opinion générale. Mais elle ne ressort pas nettement de nos connaissances physiopathologiques : en effet, la pression de l'oxygène dans l'air suffit à la saturation de l’hémoglobine, et on voit mal comment un excès d'oxygène en augmenterait la teneur. Il est de fait que chez le sujet sain, l'augmentation de la pression de l'oxygène n'’entraîne aucune modification respiratoire. On a toutefois noté une action générale stimulante de ce gaz, indépendante de son rôle dans la respiration.
val 20
Il n'en est cliniquement pas de même chez les as-
phyxiques. On peut supposer que son action est variable suivant la nature des lésions.
. En cas d'œdème pulmonaire, c’est-à-dire d’un épaississement des parois alvéolaires que les gaz traversent, On conçoit que cette traversée est d'autant plus rapide que la pression est plus élevée ; on réalise une hématose qui était impossible à la pression ordinaire ; c'est en effet dans de tels cas que nous avons observé les meilleurs résultats cliniques.
Par ailleurs, l'enrichissement de l'atmosphère en oxygène, en élève la teneur, non dans l’hémoglobine déjà presque saturée, mais dans le pläsma ; on calcule que les disponibilités totales en oxygène s’accroissent de 10 à 20 %. Quant à la toxi-infection, elle échappe complètement à l’'oxygénation ; jamais nous n'avons relevé d’action anti-toxique manifeste.
Il résulte donc des données théoriques concernant l’action de l'oxygène que c’est dans les bronchopneumonies avec œdème pulmonaire que son action thérapeutique peut être la plus efficace.
Mais l'oxygène ne saurait enrayer la progression inexorable de certains foyers à extension rapide. Il ne favorise en rien la résorption d’un foyer bronchopneumonique, mais il est capable de retarder la progression de l’asphyxie. En outre, il possède un pouvoir anti-toxique et tonique, qui est loin d’être négligeable. Nous avons donc entrepris cette thérapeutique dans un double but : combattre les asphyxies aiguës des formes suffocantes, en particu-
lier quand elles sont dues à une poussée d'œdème infectieux, et prolonger le-plus possible la durée des formes aiguës, dans l’espoir de leur permettre, à la longue, une guérison spontanée ou réalisée par la sérothérapie.
Il existe actuellement deux voies d'administration de l'oxygène : voie sous-cutanée et respiratoire. Nous passerons sous silence la voie intraveineuse et la voie rectale, que nous ne croyons pas avoir été utilisées chez les nourrissons.
I. VOIE SOUS-CUTANÉE. — La première injection sous-cutanée a été pratiquée par Spallanzani, en 1776, Domiité, en 1900, a préconisé cette méthode à la suite de la grande amélioralion obtenue chez un typhique par une injection accidentelle.
Ramond la met au point en 1910. Depuis lors, la méthode s’est vulgarisée, et Bayeux a fait construire un appareil pratique.
L'oxygène injecté se résorbe plus où moins rapidement, selon sa quantité et peut-être selon le besoin de l'organisme. Des échanges respiratoires se font au niveau de la poche, et le gaz y renferme une proportion croissante de gaz carbonique.
Technique. — L’injection peut-être pratiquée soit avec l’appareil de Bayeux, soit avec un appareil de fortune. On interpose une soufflerie de thermocautère isolée par 2 robinets entre un ballon et une aiguille fine. On remplit les poires de la soufflerie, on ferme le robinet qui la sépare du ballon, on ouvre
celui qui la sépare de l'aiguille, et on injecte doucement, par-petits coups. Pour injecter la plus grande quantité possible d'oxygène, il faut éviter la formation de grosses poches, et multiplier les piqüres ; on les fera dans les tissus lâches des régions scapulaires et des faces externes des cuisses. Chez l'adulte, Prével a injecté ainsi plus de 1 litre à l'heure: Chez le nourisson, on ne dépasse guère un demi-litre sans amener une distension considérable du tissu celluaire, et qui paraît douloureuse. Nous ne croyons pas qu'on puisse injecter plus de 1 litre ou 2 par 24 heures.
Ces injections peuvent être efficaces, mais restent singulièrement minimes eu égard aux 50 à 1co litres quotidiennement absorbés par un nourrisson
sain.
2. VOIE RESPIRATOIRE, — On utilise couramment l’inhalation directe du gaz prélevé à un ballon que l’on emplit à une bombe d'oxygène comprimé. On renverse au-dessus du visage de l’enfant un entonnoir par lequel s'échappe l’exygène. Nous ignorons quel est le débit respiratoire du nourrisson, mais on peut admettre qu'il est proportionnel à la quantité d'oxygène absorbé. Un adulte inhale 100 litres par heure, pour une absorbtion de 12 litres. Il est probable qu'un nourrisson de 5 kil. qui en absorbe 3 litres, en inspire 25. Il faudrait donc, pour doubler la teneur de l’air respiré en oxygène, et si celui-ci était inhalé en totalité sans aucune déperdition dans
l'atmosphère de la chambre, la valeur de 2 ballons par heure. C’est pourquoi le Professeur Weil, de Lyon, alimente continuellement le ballon au moyen d’une bombe, ce qui use plusieurs milliers de litres par jour.
Chez l'adulte, on remédie à ces inconvénients par l'usage de masques ou de pièces buccales, auxquels arrive l'oxygène pur. De tels appareils sont inutilisables chez le nourrisson, aussi avons-nous fait construire une « chambre d’oxygénation ».
Une chambre d’oxygénation a déjà. été édifiée pour le traitement des adultes à l'hôpital Rockfeller. Elle permet d'y maintenir en permanence, pendant plusieur jours, un malade et une infirmière.
C’est une chambre de 18 m° en panneaux de bois percés de larges fenêtres de verre, et pratiquement imperméables aux gaz. Le personnel et le matériel y pénètrent par des sas, qui réduisent au minimun la déperdition d'oxygène. Le brassage des gaz et la réfrigération sont assurés par des appareils électriques, l'absorption de gaz carbonique est réalisée par des récipients bourrés de tablettes de soude anhydre à travers lesquels on insuffle l’air de la chambre ; l'humidité est suffisamment tempérée par la réfrigération des parois à 18 degrés, ce qui y provoque la condensation de la vapeur d’eau. L’humidité relative ne dépasse pas 68 %, valeur couramment trouvée dans les locaux d'habitation.
La chambre ainsi équipée est alimentée par un réservoir d'oxygène branché sur un mano détendeur
à ouverture et fermeture automatiques dont le débit est réglé par un analyseur automatique.
On voit qu'il s’agit d’un appareil délicat, coûteux, encombrant.
Au contraire, les chambres que nous avons fait construire par Spengler, ne permettent pas une oxygénation ininterrompue de plusieurs jours. Nous pouvons, sans inconvénient, y laisser nos petits malades 1 heure sur 2, et, grâce à ces intermittences, le matériel, simplifié à l’extrème, ne comporte presqu'aucun accessoire. Nous avons supprimé ventilateur, réfrigérant, absorbants de gaz carbonique et de vapeur d’eau. Il ne reste qu’une caisse, étanche, alimentée par une bombe d'oxygène comprimé, dont le débit est réglé au moyen d’un simple manomètre.
Description de la chambre d'oxygénation pour nourissons. — Notre premier modèle, qui a été présenté à la Société de pédiâtrie, est une simple couveuse, dont les joints sont imperméabilisés au mastic, et dont les ouvertures sont obstruées par des plaques de tôle. Nous ne sommes jamais parvenus à assurer une étanchéité absolue au couvercle. Mais ceci n'a pas présenté une aussi grande importance que l’on pourrait croire. En effet, comme l’on injecte continuellement de l'oxygène, il faut, pour le maintien de l'équilibre entre les pressions de la caisse et de l'atmosphère, qu'une égale quantité du mélange air-oxygène s’en échappe. Nous avons vérifié par les dosages, qu'à moins de fuites excessives, on réalise