‹ La Brucellose Bovine: Son DiagnosticChapitre 45 sur 51 · CARRE · texte numérisé non relu

CARRE

paroi du tube ne puisse plus être lu. Une goutte de sang de l'oreille est recueillie dans la boucle, et celle-ci est mise dans le tube qui est bouché et agité de façon à ce que le mélange du sang et de l’émulsion soit très intime. On laisse en place dans un endroït chauffé pendant 18 heures. Si au bout de ce temps, ou avant, le mot « infecté » est lu clairement, la réaction est positive, la partie solide étant tombée au fond.

Ce procédé a été utilisé par l’auteur et dans plusieurs pays, notamment en Angleterre. Il a donné des résultats acceptables pour la prophylaxie. Malheureusement, le matériel est délicat ; de plus pour éprouver un troupeau, il faut disposer de nombreux tubes.

Si la méthode supprime quelques inconvénients, en particulier celui de la séparation du sérum, la lecture demande un délai, de 18 heures en moyenne, pendant lequel il faut laisser l’appareil en place. De ce fait, le procédé perd beaucoup de ses qualités, en particulier celles qui pouvaient en faire envisager l’utilisation directe à la ferme. D'autre part, ses résultats sont certainement faussés par les agglutinations non spécifiques.

En 1928, Bévan a modifié sa méthode en recueillant

une petite quantité du mélangë de l’abortoscope pour l’examiner au microscope dont la platine est chauffée par une lampe à alcool.

Cette technique a peut-être l'avantage d'accroître la précocité du diagnostic, de le rendre plus sûr, mais elle le complique beaucoup et lui ajoute presque tous les inconvénients du procédé de Widal.

CONCLUSION

L'Hémoagglutination peut rendre des services, mais la part supplémentaire d'erreurs qu'elle apporte n’est pas négligeable, nous ne la retiendrons pas.

Réaction allergique

On s’est efforcé, par tous les moyens, de développer les méthodes d'identification des sujets atteints de brucellose. On a cherché un procédé susceptible de différencier les animaux infectés des immunisés, et aussi, on pourrait dire surtout, un procédé pratique et simple.

Les succès donnés par l'emploi de la tuberculine et de la malleïne, tant en sous-cutanée qu’en intradermo, comme moyens de diagnostic de la tuberculose et de la morve, ont naturellement suggéré l’utilisation d'un matériel sem-

blablement préparé, en partant de culture de brucella abor-

tus, comme instrument de recherche de l'infection qui nous occupe.

Mac Fadyean et Stockmann à la Commission Anglaise, en 1909, les premiers, emploient en intraveineuse ou souscutanée cet extrait, qu'ils appellent Abortine, maïs qui a quelquefois reçu le nom de Bangène.

Brulle, Belfanti, Zwick, Wedemann essaient peu après de vérifier la méthode. Selon Hutyra et Marek ils n’aboutissent qu'à montrer la contradiction fréquente de ses résultats et de ceux de l’agglutination.

Meyer et Hardenbergh, en 1913, expérimentent en intraveineuse une abortine purifiée et déclarent obtenir des résultats encourageants.

En 1917, Reïchel et Harkins injectent une abortine intradermique au pli caudal. Ils sont satisfaits de ce réactif, mais seulement en tant que révélateur de l'état sanitaire d’un troupeau. |

En 1920, Stafseth expérimente différentes abortines intra-

dermiques, sur des cobayes infectés par ses soins. Il donne

un COLE

la préférence à la préparation décrite par Reichel et Harkins. Il trouve la réaction excellente pour le cobaye et en déduit qu’il doit en être de même pour la vache.

Holtum, en 1928, emploie la double intradermo inoculation. D'après lui la méthode dépiste plus d'’infectés que les épreuves sérologiques.

Edgington et Broerman, en 1930, confirment ces expériences et montrent en outre que la double injection n’est pas nécessaire.

PRÉPARATION DE L'ABORTINE.

Différents modes de préparation, se rapprochant de celui qui donne la tuberculine et la malleïne, ont été essayés.

On utilise d’abord une culture d’un mois, en bouillon sérum glycériné, glucosé, chauffée pendant deux heures à 100°, puis filtrée.

Meyer et Hardenbergh préconisent une abortine purifiée, obtenue en précipitant par l’alcool une culture d’abortus, qui leur a paru satisfaisante.

Reichel et Harkins, puis Stafseth, ont retenu une suspension de bacilles tués et lavés, exempte des débris de milieu de culture.

Holtum, Edgington et Broerman obtiennent de bons résultats avec un réactif préparé en partant d’une culture ancienne sur gélose, émulsionnée en solution salée phénolée et chauffée pendant 1/2 heure à 65°.

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