‹ La bruyèreChapitre 30 sur 81 · Tome II, p. 5i · texte numérisé non relu

Tome II, p. 5i

2. Voyez la Nouvelle Revue encyclopédique, mai 1847, P- 486. Galand date cette note du 12 septembre 1714- — «Ils ôtent de l'histoire de Socrate qu'il ait dansé, » dit la Bruyère en parlant des esprits bornés (tome I, p. 164, n» 34). — Comme M. de Fougères, Ménage n'estimait pas que la Bruyère fût homme de conversation (SIenagiana, éd. de I7i5, tome III, p. 382) : « Il n'y a pas longtemps, lui fait-on dire, que M. de la Bruyère m'a fait l'honneur de me venir voir; mais je ne l'ai pas vu assez longtemps pour le bien connoitre. Il m'a paru que ce n'étoit pas un grand parleur. » Un autre contemporain, l'abbé Fleury, trouvait aux entretiens de la Bruyère un intérêt que n'y pouvait découvrir M. Fougères : « On y entrevoit, disait-il en parlant des Caractères devant l'Académie, cette érudition qui se remarquoit, aux occasions, dans ses conversations particulières.... » (^Recueil des Itarangues prononcées par Messieurs de l'Académie française, 1714, tome IV, p. 71.) — Dans les publications où l'on a recueilli les paroles des grands écrivains du temps, il n'a été cité qu'un mot de la Bruyère : « Ces personnes, est-il dit dans le Fureteriana (1696, p. i58), qui briguent tant le nom de bel esprit, M. de la Bruyère les appelle garçons bel

Lxxxvi NOTICE BIOGRAPHIQUE v

Ce n'est rien encore. Un homme que l'on représente comme d'un caractère bienveillant, M. de Valincourt, qui du moins était un lettré, fait du la Bruyère de la maison de Condé, dont il dit avoir été « fort l'ami, » le portrait suivant :

« La Bruyère pensoît profondément et plaisamment; deux choses qui se trouvent rarement ensemble. Il avoit non-seulement l'air de Vulteius', mais celui de Vespasien, faciem nitentis'^, et toutes les fois qu'on le voyoit, on étoit tenté de lui dire :

UCere lactucis et mollibus, etc^ ....

C'étoit un bon homme dans le fond, mais que la crainte de paroître pédant avoit jeté dans un autre ridicule opposé, qu'on ne saurolt définir, en sorte que, pendant tout le temps qu'il a passé dans la maison de Monsieur le Duc, où il est mort, on s'y est toujours moqué de lui*. »

Combien les réflexions que la Bruyère a écrites sur les sots, les mauvais plaisants, leurs railleries, leurs pièges et leur indigence d'esprit ', sur les précautions qu'il faut prendre pour

esprit^ comme qui diroit garçon tailleur. » Nous l'avons rappelé ailleurs (tome III, i^e partie, p. 227), ce mot a été judicieusement rapproché des caractères de Cydias et d'Eiirjpile. Il y a un autre écho des entretiens de la Bruyère dans les Souvenirs du président Bouhier (récemment imprimés) : « J'ai ouï dire à la Bruyère, écrivait-il (p. 10), qu'il avoit vu à Chantilly un jésuite qui soutenoit que les synonymes faisoient la meilleure et la plus agréable partie de l'éloquence. Et, en effet, le jour des Trépassés, il commença ainsi son sermon : «Messieurs, le jour d'aujourd'hui est un jour où « l'Eglise et la congrégation des fidèles célèbre et solennise la mé- « moire et commémoration des morts, des défunts et des trépassés.»

1. Quein simul aspexit scahrum intonsuinque Philippus : « Durus^ aitj f^ultei^ nimis attentusque videris

Esse mihi. n

(Horace, EpClres^ livre I, vu, ad Mxcenatem, \ers 90-92.

Page 1