Tome I, p. 364, n» 5. — 5. Tome I, p. 196, n
6. Le portrait aurait donc pu être écrit en 1687, date même de l'impression de la i" édition, car Varillas a vécu jusqu'en 1696. Cette interprétation nouvelle, qui s'appuie sur une note manuscrite de Félibien qu'Éd. Fournier a relevée dans une note de la 2'" édition (tome II, p. 696, note i) de sa Comédie de J. de la Bruyère (voyez notre tome III, i'"^ partie, p. 229, et conférez p. 2o5), est très-plausible. La Bruyère a déjà raillé plus haut le style de Varillas (tome I, p. 149, note 2).
xciv JVOTICE BIOGRAPHIQUE
Mais, bien mieux encore qu'un plus ou moins grand nombre d'allusions à des faits de vieille date, la lecture de chaque page même du livre peut nous convaincre qu'il a été lentement écrit, avec des pauses qui en ont prolongé la rédaction pendant plusieurs années. Un ouvrage de ce genre n'est pas de ceux que l'on puisse composer de suite, sans intervalles, comme l'on écrirait un traité sur un sujet précis et déterminé. C'est au jour le jour, à mesure que les événements, les conversations, les lectures les font naître en lui, que le moraliste exprime ses réflexions sur le papier, les élaborant, les modifiant suivant son humeur', les ciselant sans cesse. Comparez les lettres que la Bruyère, bien que le st\le de quelques-unes paraisse si cherché, si pénible, écrivait au courant de la plume, et ces Caractères ^ d'un art exquis et parfait, où l'auteur, variant ses tours à l'infini, montre une souplesse et une habileté si merveilleuses; comptez les variantes qui, le livre imprimé, se multiplieront encore d'une édition à l'autre, les retouches incessantes que n'arrêteront ni l'impression, ni même le tirage des feuilles de l'édition sous presse^ : tout ne concourt-il pas à démontrer que peu d'écrivains ont dépensé autant de temps et de labeur pour amener le premier jet de la pensée à la rédaction définitive? Nous n'avons sous les yeux que les corrections suprêmes, et de peu d'importance en général, introduites dans le texte déjà publié, ou du moins déjà imprimé des Caractères; mais combien de remaniements plus graves, plus réfléchis et plus intéressants, chaque alinéa n'avait-il pas traversés avant que le manuscrit fût remis au libraire!
Les Réflexions de la Rochefoucauld ont paru en i665; les Pensées de Pascal en 1670: la lecture de ces livres impérissables, celle du premier surtout, ne fut peut-être pas aussi étrangère que veut bien le dire la Bruyère' à l'habitude qu'il prit de condenser ses méditations sous une forme rapide et presque sentencieuse. Depuis longtemps déjà Mme de Sablé