Tome II, p. 91-93, n
cxxxvi NOTICE BIOGRAPHIQUE
ses OEuvres^. Maîtresse, et maîtresse peu fidèle, de ce trop galant abbé qui la chanta successivement sous les noms d'Iris, de Catin et de Ricanète, elle eût été cependant ignorée des biographes de Ghaulieu et des biographes de la Bruyère, si cette note, longtemps inaperçue, ne l'eût présentée tout à la fois comme la Ricanète de l'un et YJrténice de l'autre : deux noms qui étaient l'anagramme du prénom de Mme de Boislandry, Cat[h)erine.
La vie de Mme de Boislandry a été l'objet de bien des recherches depuis le jour où Aimé-Martin a fait la découverte des trois ou quatre lignes que nous venons de rappeler, unique souvenir que nous renc(mtrions d'elle dans les imprimés du dix-huitième siècle. Nous connaissons aujourd'hui dans tous leurs détails la scasdaleuse querelle que lui chercha son mari et l'histoire de ses tristes amours avec Ghaulieu. Est-elle bien l'héroïne de ce fragment de roman que la Bruyère a enchâssé dans ses Caractères? Des critiques ont voulu douter que tant d'éloges aient pu s'adresser à une femme si compromise : Sainte-Beuve leur reprochait de n'apprécier qu'à demi la générosité de la Bruyère, qui lui semblait le chevaleresque vengeur de Mme de Boislandry contre les injures de son mari et les railleries du pubhc. « Quel plus touchant dédommagement, disait-il en parlant du caractère de Mme de Boislandry sous le nom à^Artéjiice, et quelle revanche immortelle contre l'opinion qui la maltraitait et l'insultait^! j)
Pour Edouard Fournier, le caractère ùHArténice est la leçon d'un ami, qui, afQigé des galanteries de celle qu'il avait connue si pure, rappelle ce qu'elle avait été, pour la punir d'avoir cessé de l'être*. On lira dans ses développements ce commentaire très-étudié, un peu subtil, et que Sainte-Beuve, dans une lettre familière, déclare « des plus cherchés et des plus tirés*. » A l'interprétation d'Éd. Fournier Sainte-Beuve préférait la
I. Nous ne reviendrons pas ici sur les détails, les citations et les renvois que contient notre appendice du tome II, p. 3a2-337, au sujet d'Arténice et de Mme de Boislandry.
a. Nouveaux lundis^ tome I, p. i34.