‹ La bruyèreChapitre 70 sur 81 · Tel est l'ouvrage de cet ami dont nous regrettons la · texte numérisé non relu

Tel est l'ouvrage de cet ami dont nous regrettons la

perte si prompte, si surprenante, et dont vous avez bien voulu que j'eusse l'honneur d'occuper la place. » (Discours de M. l'abbé Fleury prononcé à l'Académie française le 16 juillet 1696, deux mois après la mort de son successeur, dans le Recueil des harangues^ etc., tome III, p. 71.)

2. Voyez tome I, p. 898. Dans son Poète sans fard^ 17^0, p. i54, Gacon fait allusion à ce bruit, précédemment recueilli par l'imprimeur d'une clef :

C'est ainsi que Brillon, pour voler lu Bruyère, Attend que cet auteur ait fini sa carrière, Et qu'un fatal poison, l'envoyant au tombeau, Ait vengé les méchants dont il étoit le fléau....

3. Il avait soupe « avec appétit, » dit Antoine Bossuet; a avec un appétit extraordinaire, » écrit le Mercure galant.

4. Histoire des rues de Versailles^ par J.-A. Le Roi, conservateur de la Bibliothèque de la ville, a"= édition, Versailles, 186 1, p. a8, note I, et p. 61 et suivantes. L'église Saint-Julien, construite en 1678 dans le voisinage de la rue qu'on ouvrit en 1742 sous le nom de rue Sainte-Geneviève, servit de lieu de réunion, de 1791 à 1797, pour la Société des Amis de la Constitution.

SUR LA BRUYERE. clxv

l'hôtel de Condé, à Versailles, et au Petit-Luxembourg, à Paris. L'un et l'autre logis se composaient d'une chambre, d'un cabinet tapissé de livres, et d'une garde-robe. A Versailles, oîi la Bruyère avait son principal établissement, la chambre était éclairée par une fenêtre unique, s'ouvrant sur les plombs d'une gouttière'. A Paris, la chambre était petite^ au second étage, sur la rue de Vaugirard. On lira dans l'un et l'autre inventaire-, au milieu de détails de ménage, la description de ces deux logis peu somptueux, où l'auteur des Caractères, servi par deux domestiques', vivait auprès d'une bibliothèque dont nous regrettons de n'avoir que l'estimation en bloc*. A travers les objets énumérés par les experts, on remarquera un portrait de Bossuet et une guitare'.

I. « Avant-hier, Monseigne'or, sur les sept heures du soir, les plombs de la gouttière qui est sous la fenêtre de ma chambre se trouvèrent encore si échauffes du soleil qui avoit brillé tout le jour, que j'y fis cuire un gâteau, galette fouée ou fouace, que je trouvai excellente. » (Lettre du i6 juillet ifigS, adressée à Phélypeaux de Pontcliartrain, tome III, i""» partie, p. 238.) En iSSj, l'administration municipale a fait placer une plaque de marbre sur la maison formée de ce qui reste de l'hôtel dans la rue des Réservoirs, n° 14. Elle est ainsi conçue : Ici Jean de la Bruyère, hôte et ami des princes de Condé, a écrit son livre des Caractères. On ignore le lieu de sa naissance; mais il a longtemps vécu en cette demeure^ ou, il a livré sa pensée aux hommes et rendu son dme à Dieu, "j" 1 1 mai 1696. — Ce n'est que trois ans après la rédaction de cette inscription que M. Jal a découvert le lieu de naissance de la Bruyère.

3. Voyez, ci-après les Pièces justificatives, p. clxxxiii et suivantes.

3. Une servante, qui savait écrire, et un serviteur illettré.

4. A Versailles le cabinet de la Bruyère contenait i45 volumes, prisés, le tout ensemble, 100 livres; sa bibliothèque de Paris, rangée sur sept tablettes de bois de sapin, était estimée par Michallet fils à la somme de 288 livres, y compris les tablettes, qui étaient du reste de peu de valeur. Michallet s'était acquitté de sa tâche avec plus de soin et de compétence que l'expert de Versailles. Si l'on pouvait supposer qu'il eût estimé chaque volume à près de 14 sols en moyenne, comme l'huissier de Versailles, l'une et l'autre bibliothèque eussent formé un total de 55o volumes environ.

5. Nous y cherchons en vain la belle tapisserie de 1400 livres qu'il avait achetée à la vente des meubles de son oncle.

cLXvi NOTICE BIOGRAPHIQUE

Robert-Pierre de la Bruyère demeurait alors à Saint-Denis, dans l'enclos des Annonciades. Sa protestation contre la publication de la Suite des Caractères sous le nom de son frère ^ est la seule marque qui ait été recueillie de l'intérêt qu'il dut prendre à sa gloire. Il mourut dans les premières années du dix-septième siècle, très-rcgretté de sa sœur Elisabeth, qui s'était retirée dans ses dernières années au couvent des Bénédictines du Val d'Osne, à Conflans, près de Charenton; elle y vécut, comme pensionnaire, jusqu'en 1725.

Au moment de la mort de l'auteur des Caractères, le nom de la Bruyère était, de plus, porté par la veuve de son frère Louis, qui mourut, en lyBo, au monastère de Saint-Thomas de Laval-lès-Lagny, et par ses enfants survivants, c'est-à-dire par trois filles, dont l'aînée, la seule qui n'ait point prononcé de vœux, mourut célibataire en 1732 ^, et par un fils, Louis III de la Bruyère. Ce dernier, qui avait survécu à son frère Denis- Claude, n'existait plus en 17241 ou était entré en religion, car nous lisons, dans un document de cette date, que les deux filles non religieuses de Louis de la Bruyère étaient « seules habiles à hériter 3) d'Elisal)eth-]Marguerite de la Bruyère, leur tante ^.

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