BÊTISE, RUDESSE, MALIGNITÉ, AVARICE
Refusez-vous, disent Lavater et Herder, à toute prévention contre une personne qui, soit qu'elle se taise, qu'elle parle, qu'elle écoute ou qu'elle interroge, qu'elle réponde ou qu'elle raconte, qu'elle crie ou qu'elle pleure, conserve toujours une bouche gracieuse, ou du moins inoffensive, une bouche qui se maintient toujours dans les plus belles proportions, et ne laisse jamais voir une fatale dent caustique.
Mais la personne dont les lèvres tremblent, surtout dans la moitié de la lèvre supérieure, et qui cherche à cacher ce tremblement, est prête à lancer sur vous les traits acérés de son ironie.
Le trait qui va de la narine à l'extrémité de la bouche est toujours un des plus significatifs.
Sa forme plus ou moins voûtée, sa longueur, sa distance de la bouche sont autant d'indices du caractère entier de l'homme.
Si ce trait est arqué et sans nuances, ni ondulations, il est un signe de sottise.
La même chose a lieu, dit Lavater, lorsque l'extrémité de ce trait touche, sans intervalle, à l'extrémité de la lèvre supérieure; ou bien si elle s'en éloigne considérablement.
Si vous tenez à savoir ce qu'un homme ou une femme sont de leur nature, ou ce qu'ils pourront devenir en raison de cette nature , observez, disent lesphysiognomonistes, leur bouche fermée, en état de repos.
i a bouche ouverte marque le moment présent de leur état habituel.
Regardez comme un sanctuaire une bouche calme, fermée sans aucune gêne, sans tension, avec des lèvres bien proportionnées, sous un front caractéristique, penché en arrière, aux linéaments fins et délicats , à la peau douce et mobile , dépourvue de rudes sillons.
Quiconque sourit sans sujet avec une lèvre de travers est presque atteint de démence.
Plus la bouche est fermée et le menton large, plus le caractère est entêté, ratde et opiniâtre !