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Je place au rang des lois éternelles , s'écrie le père de la physiognomonie, celle-ci :
La première impression est la seule vraie.
Pour soutenir cette proposition, il me suffit d'ajouter que j'ai la croyance du fait, et que je m'en rapporte à la croyance des autres.
Un homme qui m' apparaît pour la première fois et qui m* affecte , est pour moi être sensible , ce que l'image du soleil peut être pour un aveugle-né, qui recouvre la vue.
Rousseau disait avec raison d'un homme célèbre :
« Cet homme me déplait, et cependant il ne m'a fait « aucun mal. Avant qu'il en vienne là , je dois rompre « avec lui. »
Appliquant à la buccomancie étudiée et reconnue comme science, les préceptes de physiognomonie cités par Lavater, je dis avec assurance, avec certitude à mes lecteurs :
« Si tel sourire vous déplait, si telle forme de bouche, si a telle conformation ou disposition des dents d'une personne « vous inspirent de la méfiance ou de la répuIsioD à pre- <* mière vue, imitez Rousseau, coupez avec elle avant « qu'elle ait eu le temps, l'occasion ou l'idée de vous faire « du mal. »
La physiognomonie est aussi nécessaire que le langage, à l'homme qui fréquente le monde et veut le connaître. La buccomancie qui embrasse la plus grande partie des
études physiognomoniques est aussi indispensable pour celui qui veut sonder , avec le double flambeau de l'observation et de la science, les secrets que la nature a cachés dans la bouche de chaque individu.
La buccomancie est un miroir : le sage le consultera et s'efforcera de corriger ses défauts ; le sot se détournera après s'être contemplé, et restera ce qu'il était auparavant.
Chaque bouche a son bon et son mauvais côté : celle-ci a des dispositions que celle-là n'a pas : toutes ne possèdent pas une portion de bien égale.
Certaines femmes ont naturellement quelque chose de si grand et de si noble dans la bouche, surtout dans le sourire, qu'elles inspirent le respect au premier abord.
J'ai constaté quatre espèces de sourires : le vif, V affectueux, le moqueur , X indifférent. Pour déterminer avec facilité et précision ce qu'il y a de vrai ou de faux, de précis ou de vague dans une assertion buccognomonique, il suffit d'en faire l'application à un visage connu, à celui d'un ami ou d'un ennemi,
Le premier moment où une bouche se présente à vous dans son véritable jour, vous prévient-il en sa faveur? Cette première impression vous est-elle agréable? Vous sentez-vous , après avoir examiné le contour et la forme des lèvres , l'expression du sourire , la forme et la disposi-
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tion des dents, plus content de vous-même? Soyez sur que la personne dont la bouche vous a ainsi séduit, ne perdra jamais dans votre estime, ni dans votre affection. La nature vous a formés l'un pour l'autre.
Un petit nez, un long pallium, un teint pâle, des lèvres toujours agitées, dénotent des caractères multiformes, actifs, exercés à tout, même à l'intrigue; d'un esprit quelquefois très clairvoyant, quelquefois très faux, même jusqu'à l'absurde.
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Une bouche ordinairement fermée et un menton large dénotent un caractère entêté, rude, opiniâtre.
Une femme dédaigneuse et caustique , dit Lavater , n'est jamais propre à l'amitié ;
Aucune femme, quelles que soient sa ruse et sa prudence, ne parvient à cacher de pareilles dispositions ;
Vous n'avez qu'à observer le profil , le mouvement des ailes du nez et de la lèvre supérieure, toutes les fois qu'il est question devant elle d'une de ses rivales ou de toute autre femme qui fait sensation, quand même elle ne serait pas sa rivale.
On doit toujours être fort circonspect avec toute femme qui rit peu, mais sourit beaucoup, et dont le fréquent sourire est empreint d'un dédain ironique.
La femme dont la physionomie gagne par le sourire, sans que le rire dérange le moins du monde la parfaite harmonie de la bouche ; celle qui , sans le vouloir, sourit gracieusement et répand autour d'elle une confiante sérénité , est presque infailliblement douée d'un noble caractère.
Si une femme du grand monde sait à son gré tendre et et détendre sa bouche, et la tenir, pour ainsi dire, en bride, au moment même où votre œil se fixe sur elle, méfiez-vous : c'est un caractère équivoque ; vous pourriez trouver chez elle l'amabilité, les grâces, mais, dans aucune circonstance, vous ne devez vous attendre de sa part à des témoignages d'une amitié constante et fidèle
Un caractère dur chez la femme se reconnaît aux signes suivants :
Un petit nez court et très-pointu , ou grossièrement arrondi, avec de larges narines ;
Des traits fortement gravés , longs et non interrompus dans les joues, à côté du nez et vers les lèvres ;
Des dents inférieures fort avancées sous des dents supérieures fort longues ou fort courtes ;
Un front perpendiculaire très-haut ou très-court
Les femmes ambitieuses, d'une nature portée à la galanterie, et qui , malgré toutes les règles de la prudence, s'oublient très-facilement, ont des yeux roulants, un nez arqué, les joues rougeâtres ; leur bouche est rarement tranquille ;
le bas de leur menton est fortement prononcé , leur front très-arrondi , d'une peau douce et plissée, molle et presque pendante.
Des lèvres sensiblement rentrantes, ni ouvertes, ni closes, ni très-petites, ni très-grandes, un nez un peu recourbé et à large dos, dénotent un caractère mâle, une fermeté active et prudente.
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La femme qui porte sa tête en arrière et la relève, et dont la bouche est continuellement contractée par un sourire forcé, dont les incisives supérieures s'avancent sur les inférieures , surtout si elle admire avec complaisance ses petits pieds, est entêtée et orgueilleuse. Si, outre ces signes, vous remarquez encore qu'en élargissant ses yeux déjà grands, elle regarde tout par-dessus l'épaule , qu'elle répond toujours sèchement et brièvement, et qu'elle termine sa réponse par un sourire froid et ambigu , méfiez-vous : cette femme a le goût du mensonge; elle est même fourbe et avare, impérieuse.
Si la démarche d'une femme est sinistre et décidément fatale , disent Lavater et Hammer , si elle a coutume de s'avancer avec une précipitation dédaigneuse, méfiez-vous ; tenez- vous en garde contre les grâces de son esprit et contre l'attrait de la confiance qu'elle paraît vous témoigner. Ayez surtout recours aux indices que vous fournit la buccomancie : étudiez sa bouche que vous trouverez en harmonie avec sa démarche , et vous ne tarderez pas à vous convaincre que sa conduite est dure et fausse comme sa bouche. Corn-
parez sa démarche et les plis de sa bouche , et vous serez étonné de l'accord qui régnera entre ces caractères.
Une bouche horizontale dans l'ensemble , dont la lèvre supérieure et la ligne centrale s'abaissent au milieu, et cependant à quelque profondeur , et dont la lèvre inférieure n'est pas plus grande que la supérieure , indique une nature élevée, un caractère noble et ferme.