‹ La Bulgarie chrétienne, ètude historiqueChapitre 11 sur 50 · Idem, ibid., III, page · texte numérisé non relu

Idem, ibid., III, page

m PREMIER EMPIRE BULGARE. 17

les autres, par saint Méthode lui-même, ce qui paraît probable. La cérémonie eut lieu de nuit, mais quand le peuple en fut instruit, il s'insurgea. Le roi sut imposer piar son courage , et la nation ne tarda pas à suivre son exemple '.

Les rapports que les Bulgares entretinrent ainsi avec Gonstantinople ne les plaçaient pas en dehors de la communion avec Rome. Pliotius occupait bien alors le patriarchat, mais la rupture des Grecs avec le Saint-Siège n'était pas consommée : elle sommeillait, suivant Texpression de Benoît XIV •. On sait, du reste, que saint Méthode, comme son frère saint Cyrille, a toujours reconnu la suprématie romaine dans le cours de ses nonibreuses missions. Le pape Jean Vllï, auprès duquel il fut accusé pour avoir célébré en langue slave, finit par lui donner gain de cause ' et le nomma archevêque de la Moravie. Quant à saint Cyrille, il est mort à Rome même en odeur de sainteté, et fut enterré dans Téglise de Saint-Clément. Une légende très -significative rapporte que la mère de Cyrille ayant demandé la trans-

i. Assemani, tome II, pages 168 et suivaDtes; tome III, pages 45 et suivantes.

2. Dans le bref sur les rites orientaux , qui commence par ces mots : Allatœ sunt ad congregationem.

3. L*on trouvera dans le tome III d*Assemani liC lettre écrite à ce sujet par Jean VIII au roi de Moravie. Page 152. Nous en donnons une traduction à Tappendice de cette étude, lettre A.

lation de ses reliques à Thessalonique, le corps du saint leva la main pour indiquer qu'il voulait rester à Rome ^

Le monde chrétien doit honorer la mémoire de ces deux grands hommes *. A leur génie est due la fondation de l'Église slave, qui est comme le trait d'union entre l'Occident et l'Orient, aussi longtemps qu'elle reste fidèle au double caractère que lui ont imprimé ses saints fondateurs, à savoir : l'union avec Rome et l'observation de la liturgie orientale.

1. Cyprien Robert, le Monde slave, tome II, page 264 et passim.

2. Sur saint Cyrille et saint Méthode, voir Assemani, tome HI, 1" partie, et V Histoire universelle de V Église catholique^ par l'abbé Rohrbacher, tome XII de la 2* édition.

Les Bulgares n'avaient pas tardé, on ne sait pas au juste pour quel motif, à se fatiguer des missionnaires grecs. Au mois d'août 866, ils envoyèrent une ambassade au pape Nicolas!®^ avec des présents, pour consulter Sa Sainteté sur divers articles et lui demander s'il ne leur serait pas permis de créer un patriarchat indépendant *.

La chrétienté d'Occident s'intéressa alors vivement à la conversion des Bulgares dont cette ambassade apportait probablement la première* nouvelle. Ainsi Charles le Chauve établit une dîme sur le clergé de France pour venir en aide à TÉglise naissante de la Bulgarie *.

Quant au pape Nicolas l®^ il en ressentit une grande

i. Assemani, tome II, F® partie, chap. v. — Illyricum sacrum, page 182, et TAppendice du tome Vin.

2. Idem, tome II, page 169, Ab episcopis regni sui non parvam summam accipiens.

joie; il retint quelque temps auprès de lui les délégués bulgares qu'il traila honora! )lcment *, et s'empressa d'envoyer dans leur pays des missionnaires latins qui remplacèrent les missionnaires grecs. On différa malheureusement de constituer une hiérarchie indépendante comme les Bulgares le demandaient. Nicolas l®"" leur avait écrit qu'il ne pouvait pas encore leur répondre définitivement à ce sujet, mais qu'ils auraient au moins un archevêque. Ce retard eut les plus fâcheuses conséquences.

La rentrée de la Bulgarie sous la juridiction du siège (le Rome, le renvoi des missionnaires grecs, le dédain que l'on montra pour le chrême qu'il avait consacré, poussèrent jusqu'aux dernières limites l'exaspération de Photius ^, Dès lors, la question de la juridiction sur la Bulgarie devint l'un des éléments de discorde les plus irritants entre Rome et Constantinople, et ce fut peut-être la cause qui contribua le plus à amener cette séparation qui a été et qui est encore si funeste aux deux Églises.

L'on était au plus fort de cette querelle. A l'instigation de Photius, les empereurs de Constantinople, Michel et Basile, écrivirent à Michel Bogoris une lettre pleine d'accusations contre l'Église romaine. Le roi des Bulgares s'empressa d'envoyer c^tte lettre

1. Anastase le Bibliothécaire, dans la Vie de Nicolas /«% cité par Assemani, tome II, page 171.

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