La capitale serbe était à Prisrend, auprès dlpek
2. Le patriarchat serbe a été, à la vérité, transporté en Au-
d8 LA BULGARIE CHRETIENNE.
de leur Église. On se convaincra encore davantage de la nécessité de cette coïncidence, en remarquant que là où il s'est établi, dans l'empire turc, une demi-indépendance politique, la conséquence na-» turelle et immédiate a été le demi-affranchissement de rÉglise. Ainsi les métropolitains serbe, valaque et moldave, se trouvent aujourd'hui, au vis-à-vis du patriarche de Gonstantinople, nécessairement et rigoureusement dans les mêmes rapports que les hospodars à l'égard du sultan turc. En 1857, lorsque les Moldo-Valaques ont demandé l'union politique des deux principautés, ils ont réclamé en même temps l'union des deux Métropolies de Bucharest et d'Iassy *. Si les deux principautés devenaient un seul État indépendant, nul doute qu'à l'instant même ces deux sièges ne soient réunis et que l'Église commune ne devienne autonome et autocéphale. C'est ce que nous avons vu arriver de nos jours pour le royaume de Grèce.
On ne saurait nier que cette union forcée et inégale, dans laquelle l'Église n'a pas au sein de l'État une existence assez indépendante, ne produise des résultats déplorables*. Non-seulement l'influence du
triche, mais son existence y est pleine de vicissitudes et livrée au contre-coup de toutes les révolutions politiques.
1. Ubicini, la Question des Principautés devant l'Europe, page 286, et la note de la page 288.