‹ La Bulgarie chrétienne, ètude historiqueChapitre 19 sur 50 · DEMEMBREMENT DES EGLISES D'ORIENT · texte numérisé non relu

DEMEMBREMENT DES EGLISES D'ORIENT

souverain pèse alors, outre mesure, sur Tordre ecclésiastique, mais elle envahit même le dogme. Ainsi, Byzance a eu, comme le califat musulman, ses empereurs théologiens et persécuteurs. Du reste, certaines Églises protestantes n'ont rien à envier sous ce rapport à celles de TOrient.

Est-il besoin de rappeler que l'Église romaine a toujours combattu cette plaie? A l'époque dont nous nous occupons ici, Nicolas I®*" a posé des principes admirables dans une lettre adressée à l'empereur Michel : « Avant Jésus-Christ, il y avait des rois « qui étaient aussi prêtres, comme Melchisedech. Le « diable l'a imité en la personne des empereurs « païens qui étaient souverains pontifes. Mais , « après la venue de Celui qui est véritablement Roi (( et Pontife , l'empereur ne s'est pas attribué les « droits du Pontife, ni le Pontife les droits de l'em- « pereur. Jésus-Christ a séparé les deux puissances « afin que les empereurs chrétiens eussent besoin « des pontifes pour la vie éternelle et que les ponce tifes se servissent des lois des empereurs pour les « affaires temporelles. »

Certainement, dans une certaine limite , il convient , pour l'organisation des Églises , de tenir compte des considérations ethnographiques et politiques. Aussi la cour de Rome, tout en maintenant avec raison la rigueur du principe qui laisse les juridictions ecclésiastiques indépendantes des

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circonscriptions politique^, ne manque jamais, quand son droit n'est pas méconnu , de faire coik corder les circonscriptions des deux ordres.

Mais, pour qu'une Église jouisse sérieusement de rindépendance qui lui est indispensable, il fâut qu'il y ait au-dessus d'elle, en dehors du pays où elle se trouve, une autorité religieuse supérieure, et que cette autorité elle-même soit placée de plein droit dans une complète indépendance.

Ces conditions sont si favorables à la dignité da clergé et à son indépendance vis-^-visde l'État, qu'on ne s'expliquerait pas l'isolement actuel de la plupart des Églises d'Orient , si l'on ne se rappelait que des considérations politiques ont souvent prévalu, et qu'il est survenu, à diverses époques, de déplorables malentendus entre les Occidentaux et les Orientaux. Il faut reconnaître, du reste, que, dans cette malheureuse voie, il y a eu également des fautes des deux côtés. Ainsi , la conquête de Constantinople par les Latins , dont nous aurons à parler dans la suite de cette étude , contribua beaucoup à entretenir l'animosité des Grecs contre Rome. L'on a vu aussi, pair la faute des Latins, des Hellènes préférer la domination turque à celle de Venise. Il y a eu malheureusement à quelques époques de fâcheux égarements d'un zèle inintelligent ; l'on n'a pas toujours suffisamment respecté les rites orientaux, qui ont été cependant institués par les Apôtres et que Pie IX a

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