SITUATION ACTUELLE
clergé grec. L'on doit être convaincu à Constantinople qu'en présence d'une telle animosité, justifiée ou non, le clergé grec ne peut plus remplir utilement pour les populations une mission apostolique en Bulgarie. Dans l'intérêt même de la religion, et s'il ne veut être accusé de tenir à sa juridiction pour des motifs Jiumains, lui reste-t-il autre chose à faire qu'une honnête retraite, en laissant renaître en Bulgarie l'Église indépendante à laquelle, on l'a vu historiquement, les Bulgares ont le droit de prétendre 7
Quant aux Bulgares, du moment qu'ils ont conçu de leur haut clergé actuel une telle opinion, à tort ou à raison, et que ce clergé est étranger, peuventils avoir un autre désir que celui d'en être délivrés? Ils veulent, d'un autre côté, être rassurés sur les tentatives de l'hellénisme contre leur culture nationale; où peuvent-ils aller chercher cette garantie, sinon auprès du chef de l'Église universelle, auprès de celui qui n'est ni Français, ni Grec, ni Germain, ni Slave, mais véritablement catholique ? Où trouveront-ils la liberté pour leur clergé, si ce n'est en le rattachant au pontificat qui est le seul libre, moins encore par sa position matérielle, quelquefois menacée, que par la tradition vraiment apostolique, qui est la vie même de la papauté * ?
1 . Voir à l'appendice Tacte par lequel les Bulgares établis à
Que ressort-il, en effet, de cette étude historique? A deux reprises, TÉglise bulgare a reçu une hiérar- j chie indépendante, et au ix« comme au xni® siècles, 1 c*est par le Saint-Siège de Rome qu'elle a été consti- \ tuée. A deux reprises, la Bulgarie s'est laissé entraîner par des considérations politiques à se rattacher au patriarchat de Gonstantinople ; et à deux reprises, celte défection a eu pour résultat une absorption si complète de TÉglise bulgare, que les écrivains grecs nient aujourd'hui qu'il ait jamais existé une Église bulgare. La destinée religieuse de la Bulgarie est écrite dans son histoire : si elle ne redevient pas catholique-unie, elle fuiira bientôt, sous quelque titre pompeux qu'elle se laisse enguirlander, par être absorbée dans l'Église grecque, et si ce n'était pas dans l'Église grecque, ce serait dans l'Église russe.
Gonstantinople se sont réunis à l'Église catholique et leur supplique adressée à Pie IX. Lettres G et D.
LETTRE DU PAPE JEAN VllI A SVENTOPLtK, ROI DE LA GRANDE MORAVIE, AU MOIS DE JUIN 880
(Extrait.)
Nous approuvons, pour rendre à Dieu les louanges qui lui sont dues, les lettres slaves inventées par le philosophe Constantin (saint Cyrille), et nous ordonnons que la gloire et les œuvres de Notre-Seigneur Jésus-Christ soient racontées dans cette même langue slave. Car ce n'est pas seulement dans les Irois langues hébraïque, grecque et latine, mais 3ans toutes les langues, que l'autorité sacrée de ['Écriture nous avertit de louer le Seigneur en disant : « Louez le Seigneur, ô toutes les nations;
peuples, louez-le tous \n Et les Apôtres, après avo été remplis de T Esprit-Saint, ont répété les grandeu de ]}ieu dans toutes les langues. Aussi saint Paul a-tdit : « Oue toute langue confesse que Nôtre-Seigneur h sus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père^. » A pr( pos des langues, dans sa première épître aux Corir thiens\ cet apôtre nous engage surabôndammer et manifestement à édifier l'Église de Dieu en nou servant des diverses langues. Ni la foi ni la doctrin ne s'opposent donc en rien à ce que les messe soient chantées en langue slave, ni à ce qu'on lis en cette même langue le saint Évangile, ainsi qu les leçons divines de l'Ancien et du Nouveau Tests ment bien traduites et bien interprétées, ni à ( qu*on chante ainsi tous les autres offices. Car celi qui a fait les trois langues principales, à savo l'hébraïque, la grecque et la latine, a créé aus toutes les autres langues pour sa louange et poi sa gloire.
Nous ordonnons , cependant, que dans toutes 1 Églises de votre royaume, l'Évangile soit d'abord dans la langue latine^ pour lui rendre bonnet L'Évangile, traduit en langue slave, sera ensu annoncé aux oreilles du peuple qui ne comprei pas le latin...