SEPULTURES TU RACES
peu près du même point, mais seulement plus ou moins avancées dans leurs étapes, était-ce communauté possible d'origine première impliquant certaines similitudes de moeurs^ ; ou le contact prolongé des envahisseurs successifs sur leur limites amenait-il de tels rapprochements ; ou tout simplement y a-t-il là des idées toutes naturelles pour un sauvage, quelle que soit d'ailleurs sa patrie?...
Si nous voulons nous représenter le costume de ces Thraces, il faut recourir à Hérodote, qui nous les peint, au v« siècle avant Jésus-Christ, avec une coiiïure de peau de renard, une tunique recouverte d'un manteau bariolé, des brodequins de peau de cerf, une javeline, un petit bouclier et une épée courte.
Ils étaient, d'après tous les historiens anciens, grands, alertes, gais, entreprenants, belliqueux; on nous les montre même, comme j'aurai l'occasion de le redire plus tard, épris des chants ot de la musique. C'est en Thracc que Strabon fait naître les premiers musiciens et le premier de tous, celui qui, par les accents de sa lyre, arrêtait les oiseaux du ciel et apprivoisait les lions, Orphée.
N'oublions pas, en lisant cette histoire légendaire, qu'au temps des invasions perses encore, ces lions, qui avaient besoin d'un Orphée pour s'attendrir, existaient réellement dans les montagnes de Macédoine et qu'Hérodote nous les montre effrayant les chameaux de Xerxès à la traversée de la Chalcidique^. Les lions d'Orphée n'étaient pas des lions en cage comme ceux d'Androclès.
Hérodote nous décrit encore, à propos de certains
1. Hérodote IV, 65, 71 et 9i. Les Scythes, d'après les vases de Nikopol et de Kertch, que l'on fait remonter presque au temps d'Hérodote, auraient eu un type arien très prononcé et . sans doute, une communauté d'origine avec les Hellènes.