‹ La Bulgarie d'hier et de demainChapitre 11 sur 198 · ViI · texte numérisé non relu

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Thraces, appelés Gètes,que Darius rencontra au nord du Danube, un service de correspondance original : « Ces hommes, dit-il, s'imaginent que celui qu*ils perdent ne meurt pas, mais va retrouver le dieu Zalmoxis. Tous les cinq ans, ils envoient l'un d'eux, qui est désigné en agitant des sorts, auprès de Zalmoxis pour lui exposer leurs besoins. Ils le dépêchent de cette manière: les uns se rangent tenant trois javelots, les autres saisissent les mains et les pieds du messager ; puis ils le lancent en l'air, de manière qu'il retombe sur les dards ; s'il expire transpercé, c'est, selon eux, qu'il est agréable à Zalmoxis ; s'il ne meurt pas, ils le traitent de méchant homme et en expédient un autre... Ils ne pensent pas qu'il existe un autre dieu que le leur. »

Malheureusement, dans les écrivains grecs les plus anciens, quand on nous parle de cette Thrace qui allait ^ du Danube à la mer Noire, à la mer Egée et au Rhodope, c'est presque toujours des côtes qu'il s'agit, et non de la région bulgare qui nous intéresse. Sur la côte, en effet, étaient les villes grecques et, sur la côte aussi, les routes des armées. Depuis des siècles, les colonies hellènes peuplaient déjà les rives de la mer Noire jusqu'en Grimée, que l'intérieur de la Bulgarie, la Bessarabie, la Podolie apparaissaient encore comme des pays sauvages et à peu près inaccessibles. Les armées y passaient, mais ne s'arrêtaient pas; ainsi Darius partant de Gonstantinople pour sa « campagne de Russie» par cet éternel chemin des armées, réputé dès lors pestilentiel, la Dobroudja. On voit bien, à un moment, Mardonius faire don à Alexandre, fils d'Amyntas, un des premiers rois macédoniens, de toute la Bulgarie du sud jusqu'aux Balkans; mais c'est là, sans doute, un de ces cadeaux « d'hinterland » que les pays ont toujours échangés assez volontiers, en s'encourageant mutuellement à les aller prendre.

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