‹ La Bulgarie d'hier et de demainChapitre 105 sur 198 · SOPHIA · texte numérisé non relu

SOPHIA

de 1907), une cathédrale, des ministères qui sans doute auront, pour les hommes des siècles futurs, cette auréole des souvenirs, sans laquelle les pierres entassées en bâtisses nous semblent mortes et décolorées.

LB TORRENT I)K TVAMDITZA KT LA DESCKNTE DES BALKANS DANS LA VALLÉE DES ROSES (page 243).

Nous visiterons bientôt la Sophia moderne'; mais, auparavant, jetons un coup d'œil en arrière sur ce passé qui, méprisé, jeté au tombereau de l'oubli avec les vieilles briques et les pierres ruinées, n'en fait pas moins la force et la valeur historique, la raison d'être même d'une capitale.

Ce passé de Sophia remonte aussi loin que l'h\^tç>vc^

de la Bulgarie. Dès le temps des Thraces, il y avait là une ville des Serdes, que les Romains conservèrent après la conquête et que Trajan nomm^ Ulpia Serdica. Sa position était, dès lors, tout indiquée à Tintersection des deux routes naturelles qui, pour nous, conduisent : l'une, de Belgrade à Byzance, l'autre de Bukarest et Routschouk par l'Isker à Salonique ou à la côte Adriatique, et qui existaient déjà dans l'antiquité : la seconde même beaucoup plus importante alors qu'elle ne l'est maintenant, quand les communications, aujourd'hui si difficiles par les pays albanais, étaient courantes vers l'Illyrie, et, par Dyrrhachium, vers l'Italie. D'après une tradition très probablement légendaire, cette situation favorable aurait si bien frappé Constantin le Grand qu'il aurait songé à y transporter la capitale de l'Empire. Quoi qu'il en soit de cette légende, le fait historique est que Dioclétien établit à Serdica le centre de la Dacie inférieure. Plus tard, il s'y tint, en 349, un concile. En 466, les Huns dévastent la ville et s'y font vaincre par Anthémius. En 809, elle devient bulgare et prend le nom de Sredez (Triaditza des Byzantins). Puis, à la fin du xe siècle, quand Jean Tzimiscès conquiert la Bulgarie danubienne, ce coin de Sophia reste indépendant et devient bientôt le foyer de la rébellion ; pendant les guerres de Basile II, on voit alors, en 986, le Basileus venir l'assiéger sans succès et se faire battre au retour à la porte Trajane. Quinze ans après, il revient victorieux par la même route et s'en empare. A l'époque des croisades, Sophia est sur la route des Croisés, qui subissent, dans ce trajet aujourd'hui si facile de Nisch à Sophia et Philoppopoli, les privations les plus grandes et les pertes les plus affreuses. En 1382, Sophia est prise par les Turcs, un moment reconquise par Wladislaw III, roi de Pologne et de Hongrie en 1443, et dès lors, définitivement asservie jusqu'à l'émancipation de 1878.

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