‹ La Bulgarie d'hier et de demainChapitre 14 sur 198 · Balgari, BojXyapot, BouXy«P£Î;» OjojXyapot · texte numérisé non relu

Balgari, BojXyapot, BouXy«P£Î;» OjojXyapot

WISIGOTHSy HUNS ET BULGARES. 35

ticulièrement par leur cousinage avec le peuple actuel, étaient d'abord descendus de l'Altaï vers la Volga, qui leur doit son nom et où ils laissèrent, dans la grande Bulgarie ou Bulgarie noire, un rameau de leur race, devenu au x« siècle une nation puissante avec une riche capitale, Bulgarie près Kazan^ Les Grecs, les voyant arriver, furent frappés d'épouvante.

Quand les chroniqueurs, Théophanes, Zonarchos, Procope nous en parlent, ce n'est jamais qu'avec horreur et dégoût. Pour eux, maudit de Dieu, (theomisètos) est synonyme de Bulgare. C'est la race impure, diabolique, sordide et immonde, aux vices honteux, à la lubricité bestiale, aux enchantements magiques, qui détruit tout pour détruire. On nous montre en tremblant ces sauvages allant au combat avec leur arc énorme, leurs flèches empoisonnées, leur filet dont ils enveloppent l'ennemi en courant, leur coutelas de cuivre rouge dont ils l'égorgent, tandis qu'on nous peint le Slave, tapi en embuscade dans son marais, de l'eau jusqu'aux yeux et ne respirant qu'avec un roseau, guettant ainsi son adversaire des jours entiers pour bondir sur lui comme un tigre !

Et, quand Slaves ou Bulgares ont fait des prisonniers, ils inventent pour eux des supplices inconnus. Avec les Slaves, ce sont ces rangées de corps agonisants, empalés sur des (îles de pieux, ce sont ces hommes attachés des quatre membres à quatre poteaux, dont on brise le crâne à coups de bâton ; les Bulgares plus rapides passent comme une nuée de sauterelles, laissant les moissons brûlées, les vergers détruits, les

1. Voir (Mém. publiés par la Soc. de gôogr. t. IV. 1839 p. 264 et 275) le récit du moine voyageur Guillaume de Rubruk, envoyé en 1253 en Tartarie par Louis IX auprès du grand Khan, dont un neveu passait en Occident pour s'être fait chrétien . Des inscriptions démontrent que les Tchuvachs actuels de cette région perpétuent la vieille langue bulgare primitive.

maisons rasées, prenant les hommes au lazzo et les traînant suspendus à leur cheval par une courroie jusqu'à ce qu'ils tombent en loques. Le désert inculte, le steppe embroussaillé remplacent les plaines de froment ; voilà, dit alors le Romain, la «forêt du Bulgare ».

C'est en 499 qu'on vit d'abord toute cette horde apparaître sur les rives du Danube. L'empire de Byzance était, à ce moment, occupé de bien autre chose que de les combattre ; il s'agissait de savoir si Nestorius était dans le vrai en déclarant que la divinité avait seulement habité le corps de Jésus-Christ comme un temple sans s'y incarner, ou si Eutychès avait eu raison en faisant mourir la divinité elle-même sur la croix. Cependant, comme on commençait à sentir jusqu'à Byzance le souffle précurseur des orages, Athanase en 507 fit commencer la muraille de la capitale. En 531, une invasion bulgare traversa comme un flot la Dobroudja et la Bulgarie pour s'en aller jusqu'en Grèce. Puis le gouvernement plus fort de Justinien fit redresser toutes les forteresses de Trajan sur la rive gauche du Danube, ou dans la Dobroudja et l'on eut un certain répit jusqu'à la grande invasion bulgare de 557, que Bélisaire dispersa sous les murs mêmes de Byzance.

Ces premières expéditions du vi« siècle n'étaient que des avant-gardes.

En 562, arrivent, toujours dans le même pays de la Dobroudja, des Ouar-khouni chassés par les Turcs (qui eux-mêmes atteignaient à peu près, à cette époque, le Turkestan) . Ces Ouar-khouni, qui usurpent le nom des Avars, fondent un grand royaume sur la rive gauche du Danube, le royaume de Baïan, sans se gêner pour aller dévaster souvent la rive droite, jusleur anéantissement, à la fin du viiio siècle, par agne.

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