LA CULTURE DES ROSIERS
obtenir un kilogramme d'essence de roses, la récolte d'un hectare dans une année est d'environ 1 kilogramme d'essence. Heureusement le kilogramme d'essence de roses, à son tour, arrive à valoir plusieurs centaines de francs : 674 francs en moyenne pour les six dernières années d'après les tableaux de la douane, 800 à 1 000 francs d'après des renseignements moins officiels ; ce qui, malgré les commissions perçues par les intermédiaires et malgré les frais spéciaux de la culture, représente encore, pour le paysan, quand sa récolte a réussi, un joli bénéfice.
La production d'essence de roses est comptée, dans les statistiques, en muscals, petits flacons qui contiennent 4 grammes 1/2. En 1897, on a atteint 3 192 kilos; en 1898, 3430; en 1903, 6 210; en 1904, 4 394; en 1905, 5316, valant 3 712 000 fr. On tire des rosiers bulgares un revenu annuel moyen de 3 à 5 millions.
Les exportations de la Bulgarie sont montées, en 1900, à 5546 kilogrammes, dont la France a pris la plus forte part (1548 kilogrammes), puis l'Angleterre 1174, la Turquie 886, les États-Unis 849, l'Allemagne 568, etc. Un tiers de la production bulgare est donc envoyé à nos parfumeurs par les négociants de Kasanlik et utilisé par eux, notamment à Grasse, pour exalter et fixer les divers parfums.
Élevage; commerce des Œufs.
L'élevage semble, en Bulgarie, susceptible d'un assez grand développement; mais la plupart des espèces animales domestiques y apparaissent, comme dans les autres pays balkaniques, sous des formes dégénérées. Les dernières guerres contre les Turcs et contre les Serbes avaient, en outre, très fortement diminué le nombre et la valeur des chevaux; on s'occupe actuellement de reconstituer des races en faisant venir des
types étrangers et sélectionnant ; on a établi des haras depuis 1895, etc.
La statistique de 1900 comptait, en chifi^s ronds, 7 millions de moutons, 1 400000 chèvres, 1800000 têtes de gros bétail et 360000 porcs.
Dans les fermes, on utilise à la fois les buffles et les bœufs pour les usages différents. Le buffle est plus fort et indispensable pour les transports ; mais il est plus délicat, surtout plus sensible à la chaleur. On mange sa viande après avoir laissé la béte à Tengrais pendant un mois dans les pâturages. Cette viande est seulement séchée au soleil, comme celle du renne en Laponie.
Le développement des chèvres est une véritable calamité dans les régions forestières, où ces bêtes malfaisantes contribuent beaucoup au déboisement et aux ravages qui en résultent pour toutes les régions fertiles de la plaine. Mais, d'autre part, les chèvres constituent une grande ressource pour les paysans de la montagne ; il est très difficile de les interdire et encore plus de les surveiller. On a adopté un moyen terme, en les chargeant d'un impôt de un franc par tète pour amener les paysans à en réduire spontanément le nombre.
Enfin, la présence des porcs établit une démarcation immédiatement visible entre les villages encore habités par des Turcs, où l'on n'en voit pas trace, et ceux occupés par des Bulgares.
On peut rattacher à l'élevage, une industrie agricole florissante en Bulgarie, c'est le commerce des œufs, qui aboutit à une exportation de 6 millions de francs. Dans les villages bulgares on rencontre le « marchand d'œufs » : personnage, qui prend des airs astronomiques bizarres en regardant la clarté du ciel au moyen d'un long tube de métal, dans l'intérieur duquel il a commencé par introduire l'œuf dchit il veut apprécier la fraîcheur; celle-ci se distingue aisément quand on voit ainsi l'œuf par transparence. D'autres « mireurs », qui