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LA BANQUE AGRICOLE

fonctionnent à Sophia, examinent une seconde fois les œufs à la lumière d'une lampe au moment où on va les expédier à Tétranger.^

Banque agricole.

J'ai déjà fait allusion à l'importance que présente, pour l'agriculture bulgare, le développement très grand des Caisses agricoles. Cette organisation est fort intéressante par elle-même et pourrait être imitée dans beaucoup d'autres pays.

Le problème à résoudre était de fournir du crédit à la population locale en lui permettant à la fois d'éviter l'usure et de pouvoir attendre, pour la vente de ses récoltes, une occasion fructueuse. On a vu précédemment combien, favorisée par le caractère économe et prévoyant des Bulgares, cette institution avait donné de bons résultats et mis en relief le contraste que présentent les riverains des deux rives du Danube : d'un côté, les Roumains toujours pressés de vendre à tout prix, amenant aussitôt leur grain sur le marché et mis dans la gène dès la première mauvaise récolte; de l'autre, les Bulgares attendant sans impatience un relèvement de cours et gardant toujours une réserve pour parer à la disette.

L'institution du crédit agricole en Bulgarie est ancienne, car elle remonte à Midhat-pacha, le père de la constitution turque et elle a déjà passé par trois . phases principales :

Dans la première, qui a duré de 1863 à 1894, les caisses agricoles se bornaient à constituer un capital avec les dépôts des habitants et à prêter sous caution. Le client, qui empruntait, devait laisser en gage ses titres de propriété ; la durée des prêts ne dépassait pas un an ; le taux d'intérêt était de 12 pour 100 avant 1879, de 9 pour 100 ensuite ; les profits allaient : pour deux

tiers aux communes, pour un tiers à la caisse même, dont elles accroissaient le capital. Avec ce système, les caisses manquaient de capitaux, n'ayant au total, en 1894, que 18 millions entièrement immobilisés parles avances, et le but visé n'était plus atteint; les paysans endettés laissaient s'accumuler les arriérés d'impôts.

En 1894, les caisses agricoles furent mises dans la main de l'Etat et rattachées au ministère de l'Agriculture. Un emprunt, émis à Paris en 1897, leur procura 22 millions et, de 1896 à 1902, le succès s'accusa par une augmentation des trois quarts dans le capital et les réserves. Néanmoins le système présentait encore quelques défauts; on a voulu surtout répandre et populariser davantage dans le peuple le système du crédit, en l'habituant à s'en servir, non seulement dans un cas de détresse, mais surtout en vue d'une amélioration pour ses cultures et, au 1" janvier 1904, une nouvelle transformation a été effectuée en conséquence. Les caisses agricoles sont devenues la Banque agricole bulgare, qui a aujourd'hui un siège central à Sophia, avec des succursales très nombreuses dans les plus petites villes et chefs-lieux de canton.

Ce qui frappe surtout dans le fonctionnement actuel de cette institution, c'est précisément sa diffusion dans les villages et la facilité qu'elle donne pour des opérations de crédit, d'emprunt, de dépôts, de virements, que l'on ne trouverait pas aussi facilement à effectuer dans des villages français de même importance et que certaines tendances politiques actuelles viseraient mémo à paralyser chez nous jusque dans les villes. Peut-être le paysan n'a-t-il pas encore compris partout les avantages qu'il peut retirer de ces systèmes ; mais son éducation se fait vite et l'on voit se populariser bien des méthodes, qu'on ne se serait pas attendu d'abord à trouver aussi répandues en Bulgarie.

La Banque agricole bulgare a un capital de 35 millions.

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