‹ La Bulgarie d'hier et de demainChapitre 162 sur 198 · LE REBOISEMENT · texte numérisé non relu

LE REBOISEMENT

formé par les capitaux des caisses agricoles préexistantes et appartenant aux villes et villages dans la proportion de ces capitaux absorbés par sa constitution.

C'est, d'une part, une caisse d'épargne, qui reçoit des dépôts à terme portant intérêts et des dépôts en compte-courant. C'est aussi un Crédit foncier, qui prête contre hypothèque de biens immeubles; mais c'est quelque chose de plus. La caisse agricole prête, en outre, des espèces contre dépôts de bétail, semences, instruments agricoles, produits agricoles, pouvant être confiés à la garde de l'emprunteur lui-même ; elle prête aussi, jusqu'à concurrence de 100 francs, aux agriculteurs contre bons portant au moins trois signatures. Elle avance des espèces pour achat dé bétail, semences et instruments agricoles ; elle achète sur commande et pour le compte des agriculteurs des instruments agricoles, des machines, du bétail et des semences. Enfin, elle réalise, jusque dans les villages, toutes ces opérations qui, chez nous, appartiennent surtout aux grandes institutions de crédit, Crédit Lyonnais, Société générale, etc., prêts contre dépôts de titres, vente de chèques, transports de fonds, opérations de bourse, encaissement de coupons, garde de valeurs, etc.

Le grand nombre des succursales fait, par exemple, qu'en voyage, on a pour toutes ces opérations, les facilités que réalise en France, pour les petits dépôts et retraits de fonds, la Caisse d'Epargne postale. *

Reboisement.

Enfin une question agricole d'intérêt général, qui regarde plus spécialement l'État, est celle du reboisement : mesure, dont la nécessité n'existe pas seulement pour la Bulgarie, mais qui s'y présente, dans certaines régions, comme urgente, par suite des ravages qu'ont entraîné des siècles d'incurie ottomane.

416 LA BULGARIE If HIER ET DE DEMAIN.

La surface, oonddjéréd par les stattsttqaes comme couverte de forêts et bruyères, est aises grande en Bulgarie, puisqu'elle atteint 17 pour fOO du pays. Quelques-unes de ces fdréts sont magnifiques et J'ai essayé d'en donner urne idée en décrivant le versant nord des Balkans ; mais, sur trop d'autres régions, elles sont remplacées par de maigres maquis disséminés, par des taillis qui ne dépassent guère 2 à S^mpUres de haut, sans être pour cela soumis à une exploitation régulière. Par exemple, toute cette région qualifiée de c forêt folle », le Déli-Orman, né contient, en réalité, que fort peu de forêts; il n'y. a guère de grands arbres que les arbres isolés. Mais le mal existe Surtout sur le versant sud des Balkans, où on l'attribue principalement à l'occupation turque plus longue et plus effec* tive et où la nature du sol, formé de gneiss friables et désagrégés, doit y être aussi pour quelque chose.

Là le mal est particulièrement grave, parce. que les eaux sauvages, ruisselant sur ces pentes meubles, non retenues par des racines, entraînent des masses de sables et de cailloux jusqu'au débouché des torrents dans la plaine.

Toute la vallée des roses, si fertile, est ainsi coupée, sur des kilomètres de long, par des étendues stériles de pierres, au milieu desquelles on voit seulement apparaître la couronne de branches des arbres fruitiers, enfouis, disparus sous ces apports désastreux. Il ne semble cependant pas à première vue que la difficulté du reboisement et, par conséquent, de la consolidation de ces terrains meubles, soit en rien comparable à ce qu'elle est dans certaines régions de nos hautes Alpes, où des montagnes, faites de marnes affouillables et délitées par les eaux, glissent en masse tout entières. Ici les terres meubles sont surtout des arènes de roches cristallines, gneiss et granités, dont l'épaisseur- ne peut être très grande. Un habile

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