COMMERCE EXTÉRIEUR
directeur des forêts et des forestiers français ont été consultés par le gouvernement bulgare en 1904 et ont apporté un programme, que l'on est, dès à présent, occupé à réaliser.
Commerce extérieur.
La Bulgarie, avec son régime essentiellement agricole, est tout à fait assimilable à un propriétaire foncier ayant sa fortune totale en terres et dont le revenu varie, par conséquent, d'une année à Tautre, suivant le hasard des pluies, du vent, de la grêle ou du soleil. La saison a-t-elle été bonne, la Bulgarie exporte du blé, l'argent y afflue et les dépenses s'accroissent en conséquence, tout le commerce extérieur se développe ; si elle a été mauvaise, tout se recroqueville et se restreint. On en a eu, par exemple, une preuve bien manifeste pendant la période de mauvaises récoltes qui a duré de 1897 à 1900. La moyenne des exportations était auparavant de 75 millions; elle est tombée, pendant ces quatre ans, entre 53 et 60 : soit, en moyenne, 25 pour 100 de déchet. Du même coup, le pouvoir d'achat ayant été réduit, les importations ont diminué de 39 pour 100. La balance commerciale a été en déficit de 1897 à 1899. Au contraire, quelques années de bonnes récoltes ont amené actuellement une ère de prospérité, que les chiffres suivants font assez ressortir :
Importations.
Exportations.
Balance.
46 342000 Fr.
53 982 000 Fr.
7 640 000 Fr.
70 0UOOO-
27 920 423 — 106 994 423 Fr.
C'est-à-dire que, dans ces cinq années, il est entré en.
Bulgarie, par la balance commerciale, environ 107 millions et la bonne récolte de 1905 a continué cette ère de prospérité. Il ne faut toutefois pas s'imaginer que cet état de choses doive nécessairement se prolonger indéfiniment et la Bulgarie reste toujours à la merci de quelques mauvaises récoltes, qui amèneraient une diminution immédiate dans son commerce extérieur. Ces fluctuations doivent, sans doute, aller en s'atténuant avec le temps, à mesure que ce pays neuf se sera formé une richesse d'épargne ; elles ne peuvent néanmoins disparaître, au moini( d'ici longtemps, comme lorsque l'industrie forme le contrepoids de l'agriculture.
Les exportations sont, en grande partie, représentées par des céréales et produits agricoles, déjà étudiés précédemment; la Bulgarie n'exporte guère, en outre, que quelques textiles (environ pour 5 millions), mais qui entrent seulement en défalcation sur une importation de 36 millions des mêmes produits.
Le tableau des importations montre que le pays, n'ayant pas d'industrie, est encore totalement tributaire de l'étranger pour ses achats. Sur 82 millions de francs d'importations en 1903, 30 millions, soit 37,5 pour 100, sont des textiles; puis viennent 11500 000 fr. de produits alimentaires, 9 millions de métaux, 6 miltions de produits chimiques, 5 millions de machines et matériel, 4 millions de combustibles. Les importations de métaux ont beaucoup progressé de 1899 à 1903, en rapport avec les travaux de tous genres, constructions, chemins de fer, etc. ; les combustibles ont seulement passé de 3 400 000 à 4 200 000 ; ce qui montre un faible développement de l'activité industrielle.
Pour ses importations, la Bulgarie est surtout tributaire de l'Autriche-Hongrie, sa voisine directe par rails ou surtout par le Danube, qui lui fournit 35,2 pour 100 de ses achats. Après quoi, viennent par ordre d'im-