‹ La Bulgarie d'hier et de demainChapitre 28 sur 198 · LE RÉVEIL DE LA BULGAIUE ET LA DERNIÈRE GUERRE RUSSO-TURQUE · texte numérisé non relu

LE RÉVEIL DE LA BULGAIUE ET LA DERNIÈRE GUERRE RUSSO-TURQUE

Gomment un peuple chrétien s'émancipe de la Turquie. — Les lois physiques du phénomène et leurs applications successives. — La Roumanie. — La Serbie. — La Grèce. — La Bosnie et l'Herzégovine^ etc. — Le réveil bulgare — Reconstitution de l'idée nationale. — Première insurrection. — La guerre do Crimée. — Les négociations religieuses avec la cour de Rome. — La rupture de réglise bulgare avec l'église grecque. — L'insurrection de 187G et sa répression sanglante. — La guerre russo-turque de 1877-1878. — Le passage du Danube. — La traversée des Balkans. — Le siège de Plevna. — Le traité de San-Stéfano. — Le traité de Berlin. — La Bulgarie indépendante. — Sommaire de son histoire contemporaine.

LE réveil de la Bulgarie et son émancipation ont été un des derniers épisodes marquants dans cette éternelle question d'Orient, qui, depuis si longtemps, préoccupe le monde, et qui finira par trouver sa solution naturelle quand aura fondu entièrement cette Turquie d'Europe, dont chaque traité nouveau proclame, comme un dogme essentiel, l'intégrité inviolable, tout en accentuant de fait son dépècement.

Cette histoire séculaire de la question d'Orient, elle est bien connue de tous, ou du moins chacun est censé la connaître ; peut-être cependant n'est-il pas inutile d'en rappeler quelques étapes, afin de montrer à quel

point celles-ci se répètent et combien, en pareille matière, le passé peut faire prévoir le futur: o*est-à-dire, dans le cas présent, Taffranchissement progressif de la Macédoine et de l'Albanie. Nous allons être ainsi amenés à retracer brièvement la délivrance successive des divers peuples chrétiens de Turquie, qui tous ont des liens plus ou moins intimes entre eux, ou avec la nation bulgare.

Depuis que la Turquie, autrefois envahissante, a commencé à reculer, tous les peuples chrétiens, qu'elle avait un moment soumis sans se les assimiler, se sont mis l'un après l'autre à se révolter et, comme la peau de chagrin de Balzac, la carte de Turquie s'est peu à peu réduite en partant de sa périphérie pour aboutir un jour ou l'autre à son centre le plus tenace, à Constantinople.

Dans cette histoire, ce sont naturellement les grands voisins, la Russie, puis l'Autriche, qui ont joué un rôle prépondérant : —la Russie, jadis immédiatement contiguë à la Turquie, ambitieuse pour elle-même et impatiente de s'agrandir dans le sens de Constantinople, jusqu'au jour où ses projets se sont momentanément reportés vers l'Asie (ce qui avec des alternatives diplomatiques, l'a généralement amenée à favoriser le mouvement de tous les peuples rebelles); l'Autriche, au contraire, pour faire contrepoids, plus conservatrice, à partir du jour où elle n'a plus eu à craindre elle-même d'être envahie, sauf à profiter des ruptures d'équilibre pour s'agrandir, une fois qu'elles s'étaient produites. — Les nations occidentales, plus désintéressées en principe, se sont néanmoins troui vées amenées, par le jeu des alliances et des hosti-

lités, à intervenir dans des ^sens parfois imprévus. Ainsi l'on a pu voir, à bien des époques de son histoire, depuis François I" jusqu'à la guerre de Crimée, la France officielle s'allier au sultan, contrairement aii

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