‹ La Bulgarie d'hier et de demainChapitre 31 sur 198 · LIBERATION DES ROUMAINS ET SERBES · texte numérisé non relu

LIBERATION DES ROUMAINS ET SERBES

tation bien naturelle de s'unir éclôt aussitôt chez ces deux peuples latins, moldaves et valaques; en 1847, on arrive à une entente douanière ; mais, dès l'année suivante, la crise révolutionnaire, qui bouleverse toute l'Europe, amène, en renversant le prince lUbesco, une intervention simultanée de la Russie et de la Porte : soit, en réalité, une russification de la Moldo- Valachie, (avec deux hospodars nommés pour 7 ans), russification qui dure jusqu'à la guerre de Crimée.

La défaite de la Russie en 1856 détermine une nouvelle période d'agitation et d'intrigues, à la suite de laquelle la convention de Paris autorise l'organisation des « Provinces Unies » avec un hospodar commun, Jean \^ Couza (1858-1866). Ce n'est pas encore tout, et Jean Couza, dans ses sept années de règne, pourra être dictateur, il né sera ni affranchi de sa vassalité, ni roi ; il faudra encore une révolution, celle de 1866, mettant Charles de Hohenzollern à la place de Jean Couza, puis encore quinze années d'attente jusqu'en 1881, pour que Charles !«', reconnu monarque au Congrès de Rerlin, devienne enfin roi de Roumanie.

Cet exemple est fait pour inspirer patience aux Bulgares, qui, jusqu'ici, ont franchi, comme nous le verrons, toutes les étapes d'un pas plus accéléré.

L'émancipation de la Serbie, commencée un peu plus tard que celle de la Roumanie, s'est faite parallèlement et peut-être un peu plus vite.

Sans remonter au xviiie siècle, nous voyons, en 1809, la Serbie se révolter pendant la guerre turco-russe, Belgrade un moment enlevé aux Turcs (1811) et, finalement, en 1812, (au traité de Bukarest), les Russes abandonner les Serbes avec un semblant d'autonomie contre la prise de possession de la Bessarabie. Dès 1813, la Serbie s'insurge encore avec Czerny (Georges) ; éllë'est soumise ; elle se révolte de nouveau en 1817 et Michel Obrenovitch, un fils de porcher, en devient gou-

neur. Douze ans sont nécessaires pour obtenir en 1829, après la guerre russo-turque, une autonomie administrative sous le protectorat de la'Tïusjiie, Milochv nommé hospodar, devient en 1830 héréditaire X et, en 1833, réalise une quasi-indépendance. Pourtant \ il faut arriver jusqu'en 1867 et traverser deux révolutions intérieures (les Obrenovitch déposés en 1842, rappelés en 1858 à la place des Karageorgevitch) pour qu'on obtienne enfin le retrait de la garnison turque de Belgrade ; et la royauté du roi Milan, à peu près contemporaine de celle du roi Charles de Roumanie, date seulement du 6 mars 1882 : l'indépendance absolue vis-à-vis de la Turquie, ayant été proclamée en 1878 au congrès de Berlin.

En GrèoBy la révolution, très anciennement préparée par les sociétés secrètes, puis conduite avec énergie sous une forme nettement belliqueuse et surtout favorisée par toutes les sympathies classiques de l'Europe, a été relativement rapide. Cependant, la révolte d'Ali, pacha de Janina, qui appela les Grecs à l'insurrection, est de 1820; c'est en 1828 seulement que la Grèce arrive à se reconstituer sous l'influence russe avec le secours de l'Angleterre et de la France; et c'est le 14 septembre 1829, après la campagne victorieuse des Russes, où Diébitch était arrivé aux portes de Constantinople, que le traité d'Andrinople reconnut l'indépendance de la Grèce, en même temps qu'il donnait aux Russes les bouches du Danube et assurait l'autonomie de la Serbie, de la Moldavie et de la Valachie. Puis les Grecs se débattent longtemps pour se délivrer de l'influence russe (18'i0-18'*3); il leur faut attendre 1864, pour avoir les îles Ioniennes, 1878 pour la Thessalie et 19 ... (?) pour la Crète.

Même histoire pour la Bosnie et VHerzègovine, qui commencent à se révolter en 1833 et continuent à intervalles périodiques (1836, 1852, 18^1) jusqu'au congrès

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