‹ La Bulgarie d'hier et de demainChapitre 36 sur 198 · LE TRAITÉ DP BEE UN · texte numérisé non relu

LE TRAITÉ DP BEE UN

abords de Salonique et contournant Andrinople avec le petit bout de la Thrace laissé aux Turcs. Cette Bulgarie (et c'était le défaut capital du système) devait rester trop manifestement sous le contrôle russe, occupée pour deux ans par une armée de 50 000 hommes. En outre, la Russie s'adjugeait, avec une indemnité de guerre, TArménie et la Bessarabie, celle-ci enlevée à ses alliés roumains furieux d'avoir tiré pour d'autres les marrons du feu. Les Roumains obtenaient en échange la Dobroudja et l'indépendance absolue. La Serbie, proportionnellement aux très faibles services rendus, devait se contenter de Nisch. "^eUont énégro , traité en filleul, doublait son territoire jusqu'à l'Adriatique.

La guerre était terminée, les belligérants avaient posé les armes ; mais, quand ce fut l'heure de la curée, tous ceux qui s'étaient contentés de regarder jusqu'alors, commencèrent à s'émouvoir; l'Angleterre et j l'Autriche armèrent avec énergie ; les Grecs de Thés- i sStTe se soulevèrent et le 13 juillet 1878, le traité de * Berlin rectifia celui de San Stéfano.

Dans ce traité, on commençait par proclamer solennellement, et sans même sourire, l'intégrité de l'empire ottoman, placée sous la protection de l'Europe; puis on procédait un peu plus à son dépècement. L'Angleterre, se faisait donner Chypre avec une sorte de protectorat sur la Turquie d'Asie; l'Autriche obtenait la Bosnie et l'Herzégovine; la Grèce, à laquelle on ne semblait accorder qu'une rectification de frontière, avait la promesse de la Thessalie, fruit arrivé à maturité et qui devait tomber de l'arbre turc moins de trois ans après. La Russie ne perdait à peu près rien de ce qu'elle s'était fait octroyer à San Stéfano (sauf la région de Bayazid en Asie). La Bulgarie seule était sacrifiée; on lui enlevait l'accès à la mer Egée avec toute la partie située au sud du Rhodope et,

même pour le reste, on établissait un de ces régimes bâtards, qui, ne pouvant durer, sont seulement une cause fatale de nouveaux troubles. Le pays bulgare était divisé en deux parties : une au nord du Balkan seule indépendante sous la protection russe; l'autre au sud, (la Roumélie Orientale), restée turque en théorie, mais avec une administration mixte. Pour la diplomatie, dont le retard sur les faits ressemble à celui des statistiques officielles, cette distinction, depuis vingt ans disparue dans la pratique, subsiste encore aujourd'hui.

Cependant, même réduite, même divisée, la Bulgarie existait dès lors ; elle était constituée en principauté indépendante et, après les secousses inévitables dans une organisation aussi nouvelle, il ne lui restait plus qu'à entrer résolument, comme elle l'a fait, dans la voie du progrès. C'est là une phase toute différente de l'histoire bulgare et si étroitement liée à sa politique intérieure que j'en crois la place mieux marquée au moment où nous nous occuperons du Gouvernement bulgare. Il suffira ici d'en rappeler les phases essentielles : nomination en 1878 du prince Alexandre de Battenberg par l'assemblée de Tirnovo, tandis que la Roumélie recevait comme gouverneur turc Âleko pacha, puis Gavril pacha (1884); révolution de Philippopoli en 1885, proclamant l'union des deux Bulgaries et suivie de la guerre serbe-bulgare, où les Serbes, complètement vaincus, furent sauvés par l'Autriche; abdication du prince de Battenberg, le 7 septembre 1.8864. dictature de Stamboulof et,le 7 juillet 1887, nomination du prince Ferdinand de Saxe-Cobourg, reconnu enfin par la Turquie et par toutes les puissances en avril 1896.

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