‹ La Bulgarie d'hier et de demainChapitre 39 sur 198 · DIVISIONS NATURELLES DE LA BULGARIE · texte numérisé non relu

DIVISIONS NATURELLES DE LA BULGARIE

de la géologie, de même que celle-ci contient à son tour, en puissance, la plus grande partie de Thistoire.

Si la Bulgarie est ainsi découpée dans le sens de sa longueur, c'est le résultat naturel des rides récentes qui, vers le moment où se soulevaient les Pyrénées, les Alpes et le Caucase, ont plissé également cette zone balkanique, intercalée entre les autres grandes chaînes européennes, dont les géologues ont aujourd'hui établi les relations : d'une part, avec les Carpathes et les Alpes; de l'autre, à travers la mer Noire, avec la Crimée et le Caucase. Les Balkans plissés se sont trouvés alors comprimés entre la zone demeurée massive et horizontale qui forme aujourd'hui, jusqu'au Danube, vers le nord, le plateau de terrains crétacés prébalkanique et, de l'autre, le massif ancien gneissique et granitique du Rhodope et de la Macédoine, dont une zone d'effondrement jalonnée d'éruptions l'a séparé. D'où, les quatre bandes successives, du plateau prébalkanique, des Balkans, des plaines déprimées de Sophia, Philippopoli, Nova Zagora et du Rhodope.

A travers la zone nord, qui, géologiquement, se prolonge en réalité vers les Carpathes, les énormes masses d'eau, écoulées des Alpes et alimentées au passage partons les aflluents descendus des Carpathes, de la Bosnie, de la Serbie, etc., ont commencé à se creuser un lit, en môme temps qu'elles apportaient, déplaçaient et classaient, par millions de mètres cubes, les éléments remaniés des destructions opérées dans leurs parties hautes et tout l'aspect de la plaine roumaine, comme celui de la plaine hongroise sur la rive gauche du Danube, s'en est trouvé modifié. Cette rive gauche, c'est la région plate et déprimée, où les plaines se mêlent parfois de vagues marécages. La rive droite, au contraire, la rive bulgare, est celle, contre laquelle le fleuve travaille sans cesse en la creusant et qui se dresse en saillie au-dessus de lui.

Dès que Ton franchit le Danube, on change ainsi de pays et le plateau de Plevna ou de Rasgrad, que nous allons parcourir bientôt, ne ressemble en rien à la plaine monotone de Craïova et Bukarest.

A ces divisions naturelles qui vont servir de base à notre description, il faut en ajouter quelques autres d'un caractère plus secondaire, mais auxquelles rhistoire prête une valeur spéciale.

La première est celle qui concerne les régions de l'est, limitrophes de la mer Noire. Ces dernières ont toujours joué, dans l'histoire, un rôle spécial, sur lequel j'ai déjà suffisamment insisté et qui résulte, non seulement de leur position littorale, avec les échanges lointains de marchandises, de produits et d'idées qu'entraîne et permet la mer, mais aussi de ce que les chaînons montagneux se perdent, s'atrophient ou encore se détournent en approchant du rivage. Le premier cas est celui des Balkans qui, entre Varna et Bourgas, ne sont plus guère qu'une expression géographique. La seconde observation s'applique à ce rameau divergent des Balkans qu'on appelle l'Istrandschadagh, à l'est d'Andrinople, vers Gonstantinople. A l'est comme à l'ouest de cette chaîne, les routes sont faciles; celle de l'est suit le rivage; celle de l'ouest qui mène de Gonstantinople à Andrinople et, de là, le long de la Toundja, vers lamboli et Aïtos, est une vieille route historique, longtemps utilisée par les migrations des peuples. Cette disposition a fait, de cette zone côtière, si facilement abordée par mer, si fréquemment parcourue par terre, une région un peu distincte, à plus nombreuses villes antiques, à caractère souvent plus hellénisé, dont il pourra y avoir lieu d'étudier spécialement les traits.

Ailleurs, dans la Roumélie orientale, une ride assez marquée sépare la vallée de la Toundja (ou vallée des Roses) de celle de la Maritza; c'est le Karadscha-

Page 1