DIVISIONS NATURELLES DE LA BULGARIE
dagh. D'autres accidents s'intercalent encore entre Sophia et Philippopoli, ou entre Sophia et Pernik; le premier explique un peu la convention diplomatique, qui, dans le découpage du traité de Berlin, a rattaché Sophia à la Bulgarie du nord et son influence s'était déjà antérieurement traduite, soit au temps des Romains, soit dans la période byzantine, par le caractère spécial de cette région de Sophia, souvent raccordée avec la Bulgarie septentrionale ou avec la Serbie et la Macédoine, plutôt qu'avec la Thrace.
Quand nous passerons à la description détaillée, nous verrons également s'introduire d'autres démarcations accessoires, qui procèdent très directement de la nature géologique du sol, avec laquelle les formes topographîques, la végétation, les cultures sont dans un lien si intime. Des contrastes, que les cartes à petite échelle ne mettent pas d'abord en évidence, s'accuseront ainsi et sépareront nettement : par exemple, la Dobroudja roumaine aux plaines basses d'alluvions marécageuses ; puis la Dobroujda bulgare aux plateaux déjà plus élevés, formés d'un calcaire dur et couverts de blés ; puis le Déli-Orman entre Routschouk, Rasgrad et Silistria, avec ses aspects imprévus de Karst, ses vallées sèches entre deux falaises, ses escarpements de craie, ses forêts ; la zone de Choumla et Provadia, aux hautes collines terminées par des tables horizontales ; enfin les grands plateaux ondulés qui, de Rasgrad, s'avancent à l'ouest vers Plevna et la frontière serbe.
Les Balkans auront des caractères différents dans leurs régions de terrains charbonneux, dans leurs parties granitiques, ou surtout dans cette bande carbonifère et permienne de l'ouest, que coupent en carions les belles gorges de l'Isker...
Le Danube et ses villes principales, RouTSCHOUK, Silistria, etc.
Au nord, la Bulgarie est limitée par le Danube depuis l'embouchure du Timok, à l'ouest de Vidin, jusqu'à Silistria. En ce dernier point, laissant le fleuve se recourber deux fois à angle droit, d'abord au nord jusqu'à Galatz, puis à l'est jusqu'à la mer Noire, la frontière, absolument conventionnelle, coupe droit à travers la Dobroudja, environ 50 kilomètres au sud de l'antique mur de Trajan et vient aboutir sur la côte, un peu au sud de Mangalia.
Ce Danube, par lequel nous commençons ainsi la description de la Bulgarie, j'ai déjà fait ressortir plus haut son double rôle historique. Parallèlement à son cours, les larges plaines de la rive nord, les grands plateaux du côté sud ont offert à tous les peuples envahisseurs venus de la Russie ou de l'Asie une route naturelle, une voie facile et abondante en ressources, toutes les fois qu'ils n'étaient pas immédiatement attirés au sud vers Byzance ou la Grèce; c'est par là que, se suivant à la file et se pressant l'un l'autre, ont passé les Goths, les Huns, les Avars, les Hunugares et tant d'autres peuples barbares, dont les noms flottent vaguement confondus dans nos souvenirs.
Perpendiculairement à sa direction, au contraire, le Danube a formé un obstacle difficile, devant lequel s'arrêtaient les nomades, arrivés à cheval ou en poussant leurs charriots par les steppes ; ici ils ont stationné tour à tour et fait étape, implorant ou essayant d'obtenir par ruse un passage vers l'autre rive, quand ils n'étaient pas, comme les Slaves de Sviatoslav, venus sur leurs propres barques. Le seul passage relativement facile pour eux était par les bouches du Danube, où les bras, se multipliant, opposent, sans doute, plus