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ASPECT DU PLATEAU PRÉBALKANIQUE

participe de leurs faibles inclinaisons ; les vallées, qui la recoupent, mettent à nu, soit des falaises blanches dans les calcaires compacts, soit, dans les parties plus meubles, des pentes inclinées en talus d'éboulement ; mais toujours le paysage se dessine par lignes horizontales, par tables, par plateaux, sans accidents violents, sans reliefs trop rudes, sans sursauts.

Parfois, sur ces terrains crétacés, d'autres terrains plus récents, tertiaires, sont venus se déposer, tels que les calcaires de la Dobroudja ; mais, horizontaux eux aussi» ils ne changent pas l'aspect général. Au contraire, un élément qui, pour le géologue, présente un caractère plus adventif, joue en topographie un rôle très important, c'est le « diluvium » ou « loess ».

On sait qu'il s'agit là d'une formation, assez mystérieuse d'origine, mais parfaitement définie, formée de très épaisses argiles brunes au grain d'une grande finesse et sans stratification. Cette terre brune prend, surtout lorsqu'on se rapproche du Danube, un rôle prépondérant dans la constitution apparente du sol; elle couvre tout de son épais manteau, ravinée par les eaux, comme on pouvait l'attendre d'un tel terrain meuble, suivant d'irrégulières et inconstantes rigoles aux berges ébouleuses.

En moyenne, tout ce plateau prébalkanique doit à l'humus mêlé d'argile qui s'est accumulé sur les terrasses calcaires et au loess lui-même, assez poreux pour éviter la stagnation des eaux sans les laisser fuir, une grande fertilité. C'est, en général, un pays de moissons et de pâturages, interrompu seulement, dans le triangle Choumla-Routschouk-Silistria, par une région plus sauvage, plus boisée, à réputation plus farouche, parce que l'eau y manque superficiellement, le Déli-Orman, dont nous aurons à faire une description spéciale. Nous allons bientôt nous arrêter en quelques points intéressants de ce plateau; mais le

phénomène géologique, par suite duquel il est resté horizontal au pied même des Balkans si fortement plissés, joue, dans toute sa constitution, un rôle si essentiel qu'on me pardonnera de m'arréter un moment pour essayer de l'expliquer.

Les montagnes sont, on le sait, le résultat d'un déplacement exercé dans le sens horizontal entre des compartiments voisins de l'écorce terrestre, rendus plus ou moins indépendants l'un de l'autre par les dislocations internes : déplacement, qui, venant à comprimer certaines zones intermédiaires plus flexibles entre deux blocs, deux « voussoirs », plus durs, les a plissées, laminées, rompues et fait surgir en Tair comme de simples feuilles de papier froissées. Pour le géologue, les Balkans sont la prolongation directe des Alpes de Transylvanie, qui, par les Garpathes, en décrivant un S renversé, vont se raccorder avec les Alpes. Tout cet ensemble forme une des zones de plissements les plus considérables du globe, et surtout une des plus récentes : ce qui fait que l'érosion, par suite de laquelle l'effet des mouvements internes est constamment détruit sur la terre et les saillies aplanies, n'a pas encore eu le temps de s'y faire sentir profondément, comme dans des chaînes plus anciennes.

La chaîne plissée des Balkans a derrière elle, vers le sud, un massif ancien, le Rhodope, dont le rôle comprimant et refoulant sur elle est facile à reconnaître et qui, dans cette compression, s'est disloqué, rompu lui-même suivant certaines lignes d'effondrement normales au mouvement. En avant, vers le nord, l'autre massif, qui a dû former la seconde mâchoire de cette pince, dans laquelle la zone balkanique s'est trouvée prise, n'apparaît pas de même au jour; il faut aller sensiblement plus loin, vers la Russie, vers la Podolie, pour le voir; mais on peut ner son existence en profondeur, dès le plateau

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